Les BONNAIRE, une famille de clercs laïcs…

Actuellement, je complète ma liste d’ascendants et je souhaite vous conter la vie de mon Sosa 172, Etienne BONNAIRE, honorable aïeul à la huitième génération et découvert depuis peu.

Le royaume de Louis XIV est appauvri par les guerres. Le climat est désastreux et la misère sévit.
Cependant, Etienne BONNAIRE, fils de Pierre et de Jacqueline POISSON naît et est baptisé le dimanche 22 janvier 1702 à Monceau-le-Waast, petit village picard.

IMG_2074En 1725, âgé de 23 ans, il épouse le mardi 15 mai, Nicole LOBJOIS, une demoiselle de 22 ans.
Quelques temps plus tard, le 5 septembre, le pays célèbre l’union de Louis XV avec Marie Leszczynska au Château de Fontainebleau.

Etienne et Nicole ont trois enfants :
– Jean-Pierre °1726
– Marie-Françoise °1728
– Etienne ° 6 mars 1730
Malheureusement, Nicole décède probablement des suites de son accouchement et est inhumée le même jour, mercredi 8 mars 1730.

Chez nos ancêtres, la période de deuil dure peu. Un veuf ne peut rester seul avec des enfants à charge.
C’est ainsi que le lundi 22 mai, Etienne se remarie avec Marguerite BALOSSIER, une jeune fille de 19 ans.
De leur union naissent onze enfants :
– Célestin °1732
– Marguerite °1733
– Nicolas °1734
– Jean-Marie °1736
– Marie-Anne °1738 +1740 à 16 mois
– Marie-Thérèse ° 1742 +1742 à 9 jours
Nicolas °1744 +1820 – Sosa 86
– Jean-Antoine °1746
– Marie-Catherine °1748 +1751 à 3 ans et 6 mois
– Jean-Baptiste °1750 +1751 à 18 mois
Les deux enfants décèdent à quelques jours d’intervalles en décembre (image en-tête de l’article)
– Jean-Louis °1753

Voici un condensé de la vie privée d’Etienne qui a fondé une grande famille.

Côté professionnel, Etienne est clerc laïc. Tiens, quel est le rôle d’un clerc laïc au XVIIIe siècle ?

J’ai trouvé, sur Gallica-BNF, un récit de quelques pages paru dans le Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie clerc laïc (cliquez sur le lien pour y accéder) 
Le texte explique comment est élu et quelles sont les fonctions exactes d’un clerc laïc dans un village de Picardie en 1785.
On imagine aisément qu’Etienne vit vraisemblablement la même chose.
Outre le choix de la personne, on peut lire les règles auxquelles doit se soumettre un clerc laïc et le cérémonial autour de la prise de sa fonction ainsi que, très intéressant, les émoluments qu’il perçoit :

IMG_2079
Extrait

En résumé, Etienne sait lire et écrire ; il est également chantre, sonneur, maître d’école… magister confirmé dans l’acte de naissance de sa fille, Marie Catherine :

IMG_2076Il peut également ondoyer un nouveau-né en cas de danger imminent de mort à la naissance comme l’indique l’acte ci-dessous :

IMG_2077
De plus, il a une connaissance de la liturgie et du latin. Pieux, il est d’une moralité exemplaire et soumis au curé. Enfin, il est rémunéré par les paroissiens.

Au début de 1772, des explorateurs découvrent des terres australes. Etienne ne tarde pas à rejoindre le royaume céleste. Agé de 70 ans, il s’éteint le 21 septembre. Il est inhumé le lendemain en présence de ses enfants dont cinq sont également « clerc laïc » comme le confirment leur signature et le lieu de leur charge (communes surlignées en vert sur la carte de Cassini) :
– Etienne, clerc à Pierpont,
– Jean-Antoine, clerc de la paroisse Sainte-Benoîte à Laon,
– Nicolas, mon Sosa 86, clerc à Monceau-le-Waast qui a remplacé son père,
– Jean-Louis, clerc de la paroisse St-Marcel, faubourg de Laon,
– Jean-Pierre, clerc à Verneuil S/Serre :

IMG_2078Hormis les cinq garçons nommés ci-dessus, tous les enfants vivants d’Etienne signent les actes paroissiaux… et on peut penser qu’ils savent aussi lire et écrire… mais rien d’étonnant avec un père… maître d’école !

La charge d’un clerc laïc en Picardie a certaines similitudes avec celles d’une Béate en Auvergne.
Comme pour cette dernière, la fonction de maître d’école a disparu avec la création des écoles normales sous Jules FERRY.

 

 

Sources :
GALLICA-BNF : Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie : Choix et nomination d’un maître d’école et clerc laïc dans un village au XVIIIe siècle (Le Souich, Picardie et Artois) 1785
CONTEXTE – Thierry SABOT
Actes paroissiaux : A.D Aisne – 2MI0491 [1676-1775]
Carte de Cassini – Géo Portail 

 

Mon ascendance armoricaine…

La semaine écoulée a été riche de découvertes.

Lorsque j’ai débuté mes recherches généalogiques maternelles, je me doutais que mes ancêtres étaient normands ; mais j’ai trouvé que certains avaient émigré.
En effet, toutes les branches issues du côté du père de ma grand-mère maternelle prennent leur source en terre armoricaine… Plus exactement dans le Finistère dans la région du Léon !

export (1)
Des gens de la terre qui ont migré dès le XVIIIe siècle vers le Calvados, en passant par l’Orne visiblement poussés par la misère qui les a incités à chercher du travail loin de chez eux.

Je travaille particulièrement sur ces branches depuis le salon généalogique organisé par la Mairie du XVe arrondissement de Paris, les 11 et 12 mars dernier.
J’ai adhéré au C.G.F (Cercle Généalogique du Finistère) afin d’accéder à leurs bases de données car les Archives Départementales n’ont malheureusement pas encore tout numérisé.
Le travail effectué par les bénévoles du C.G.F m’a permis de trouver les dates de naissance, mariage et décès de plusieurs couples sur plusieurs générations. La recherche par famille m’a également permis de trouver les enfants de chaque couple.
J’ai ainsi enregistré quelques 96 individus supplémentaires à mon arbre… Un grand bond en avant qui me transporte au XVIIe siècle !

J’ai puisé du pur jus armoricain avec des patronymes comme : Rivoalen, Coatalem, Hergouarch, Kermollier… ;
des prénoms comme Efflam, Bizien… ;
des coutumes comme des décrets de mariage dit Bodister ou Crechonvel. Il s’agit du consentement donné par sa famille à un enfant mineur demandé en mariage et orphelin d’un de ses parents ;
des lieux comme Ploujean, Plougastel Daoulas, Irvillac, Plouégat-Moysan, Botsorel, Plouézoc’h, Guimilliau…

IMG_0116

Des villages que je ne connaissais absolument pas et que j’ai découvert, il y a peu.
Si ces endroits sont infiniment agréables à visiter, c’est surtout la sensation de pénétrer sur des lieux apaisants semblables à un giron maternel, qui m’a envahit… L’impression d’être à la maison et de m’y sentir bien  et cela sans savoir que mes ancêtres y avaient vécu !

Et vous, vous est-il déjà arrivé d’éprouver ces sensations ?

 

 

Sources : Carte de Cassini – BNF Gallica
Enclos paroissial de Guimilliau – Collection personnelle