#Généathème : De l’art de bien couper…

Pour mon second #geneatheme de février, j’ouvre mon cabinet de curiosités et j’avoue qu’en fait de curiosité, c’est plutôt une découverte déconcertante qui fait l’objet de ce billet…

Marie Magdeleine MAFLARD est mon Sosa 47 et je vous ai déjà parlé d’elle, ici (la citation de Tennessee Williams a aujourd’hui une résonance particulière). Je pensais naïvement, que vu sa situation et qu’à la lecture trop rapide de son acte de décès, elle était morte aux Hospices de Laon (Aisne).
Que nenni… et la raison de son décès est pour le moins singulière !

Il y a peu de temps, quelqu’un a mis en ligne sur les réseaux sociaux, le lien d’un site intitulé :

De l’art de bien couper –  le site de la guillotine

Evidemment, un site où l’on parle « guillotine » a attisé ma curiosité et je  fus bien… ou mal récompensée, car j’y ai trouvé mon aïeule !

Marie-Magdeleine MAFLARD, épouse GUILLAUME, a été condamnée le 18 mai 1826 et guillotinée le mercredi 5 juillet 1826 à midi, à Laon, pour avoir incendié la maison de Madame Denise et avoir laissé peser les soupçons sur une autre femme qu’elle détestait.
Elle meurt avec calme devant la population entière d’Athies-sous-Laon (le village où elle résidait).

J’ai écrit aux Archives Départementales de l’Aisne afin d’obtenir les minutes du procès et l’acte de condamnation, mais malheureusement, les archives ne débutant qu’en 1883, je n’aurai pas plus de précisions.
J’ai, également, adressé un message au propriétaire du site pour connaître ses sources, mais je n’ai pas reçu de réponse à ce jour.

Toutefois, l’acte de décès de Marie-Magdeleine corrobore l’exactitude des faits : Son âge, l’heure de sa mort et la déclaration faite à la mairie par un commis greffier du Tribunal civil accompagné par le commissaire aux inhumations

A.D Aisne – LAON 5Mi0078 1826 Page 177

Nous souhaitons tous découvrir les raisons du décès de nos ancêtres, n’est-ce-pas ?
Et bien, voici la confirmation que mes ancêtres ne sont pas tous morts dans leur lit et que « Ciel ! Mes aïeux » porte bien son nom tant certains me surprennent !


EPILOGUE :
Le 4 mars dernier, j’ai reçu une réponse du créateur du site  » De l’art de bien couper ».

Le jugement est paru dans le journal :

                                   LA GAZETTE DES TRIBUNAUX

A partir de la date de condamnation, soit le 18 mai 1826, j’ai lu chaque parution et en date du 23 mai… J’ai, enfin,trouvé une archive officielle :

http://enap-mediatheque.paprika.net – Gazette des Tribunaux 23 mai 1826

Mon ancêtre aurait été condamnée pour l’exemple, en cause, une recrudescence des incendies dans le département de l’Aisne, cette année-là…
Mais, les exécutions capitales n’y ont rien changé !

 

Sources :
A.D Aisne
La gazette des Tribunaux : Histoire et patrimoine pénitenciaire
Image : Site La veuve guillotine

#Généathème… Nos ancêtres, il y a 150 ans…

Parmi les généathèmes de février, Sophie de la Gazette des Ancêtres nous propose,  de visiter la vie de nos ancêtres, il y a 150 ans, soit en 1868 !

La population française est à 70% rurale. La vie à la campagne est rude et les traditions y sont ancrées. Le Second Empire est sur le déclin, mais la France paysanne est loin des troubles politiques qui se profilent à l’horizon. La guerre franco-prussienne éclatera en 1870, et la défaite française à son terme entraînera la révolte de la Commune en 1871.
En observant de près la vie des gens dans les campagnes, des artistes comme J.F Millet font un commentaire indirect sur la politique de l’époque et la répartition inégale des richesses.

Jean-François Millet (1814-1875)  peintre et dessinateur, observe et décline le monde rural, son sujet et thème de prédilection, à travers portraits, paysages et scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle.
Il accompagne sa femme en Auvergne, cette dernière y prenant les eaux à Vichy.  Le couple y séjourne à plusieurs reprises entre 1866 et 1869.

Suivons l’artiste en Auvergne :

Gallica Bnf : Croquis du Puy-de-Dôme – J.F Millet http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52504266n/f1.item

En Haute-Loire, chez les ancêtres de Monsieur, 1868 voit une multitude de naissances et de décès et deux mariages sont célébrés, dont celui de Raymond ACHON et Louise ACHON.

Carte Etat-Major 1820/1866 Site Géoportail

Louise voit le jour le 9 octobre 1836, à Lorlanges, dans le hameau de Clamonet. Elle est la septième et dernière enfant de Jean Achon et de Jeanne Lescure.
Il est probable que toute jeune, Louise ait été initiée à l’art du tricot et de la dentelle par sa mère et sa grand-mère

La leçon à tricoter – J.F Millet -1869

Plus tard, elle a gardé les chèvres et les moutons tout en filant la laine

Raymond Achon est né le 9 mai 1836 à Lorlanges également, mais au lieu-dit Lachaud. Il est le fils aîné d’Antoine Achon et de Jeanne Pradal. Le couple aura un second fils, nommé également Reymond, mais avec un « e », né dix ans plus tard.

Raymond et Louise sont cousins germains, leurs pères étant frères. Leurs grands-parents paternels, Jean Achon et Marguerite Valeix, sont les Sosa 32 et 33 de Monsieur.

Tous deux se connaissent et se fréquentent certainement depuis leur naissance, travaillant ensemble, mais pas seulement…

Jean-François Millet, La méridienne ou la sieste, 1866, crayon noir et pastel, 29,2 X 42 cm. Museum of fine arts BOSTON

Effectivement, à 31 ans, ils se marient à la mairie de Lorlanges, le 3 mars 1868, non sans avoir établi un contrat de mariage, le 16 février 1868, chez Maître Bérard, notaire du village.

Et, Ô surprise ! Louise accouche de leur premier enfant, vingt jours plus tard. Jean-Eugène naît le 23 mars 1868 (cet événement m’avait échappé)
Le couple aura un second garçon, né sans vie, le 24 août 1873.

Contempler les œuvres des peintres contemporains de nos ancêtres nous permet d ‘appréhender la quintessence de leur vie..

Que pensez-vous de cette visite artistique en terre auvergnate ?

Sources :
Jean-François MILLET : Orion en aéroplane – Peccadille.net
Contexte – Thierry Sabot
Carte Géoportail
Image mise en avant : Pâturage sur la montagne – J.F Millet

#MaCuisineAncestrale… Le puits d’amour…

Février célèbre les amoureux !
Que diriez-vous d’une recette d’alcôve aussi friponne que savoureuse ?

Le puits d’amour fut créé par Vincent La Chapelle, grand chef cuisinier du XVIIIè siècle.

Écrivant aussi bien l’anglais que le français, il publia en 1733, « The Modern Cook » et proposa une recette intitulée « Well of Love » (puits d’amour).
Il publia, ensuite, son livre en français évidement appelé « Le cuisinier Moderne ».

Et, c’est Madame de Pompadour, favorite de Louis XV, qui inspira le cuisinier alors qu’il était à son service…

Marquise de Pompadour – Quentin de La Tour (1704-1788)- Musée du Louvre – Paris

Mais, revenons à notre gâteau… il s’agissait d’une coque en pâte feuilletée (un mini vol au vent) creusée et remplie de confiture de fruits rouges.
Ce puits d’amour, qui en évoquait un autre, fit scandale auprès du Clergé et des âmes pieuses.
A l’inverse, cette bouchée sulfureuse fût l’un des desserts favoris de Louis XV, que l’on connait également pour avoir été grand amateur de soupers fins et… de belles courtisanes !

Plus tard, on remplaça la confiture par de la crème pâtissière caramélisée pour rendre ce petit gâteau plus convenable, ce qui était censé lui ôter toute charge érotique… mais resta le nom très évocateur !

Aujourd’hui encore, la plus ancienne pâtisserie de Paris, la pâtisserie Stohrer, située rue Montorgueil, propose la version chaste du puits d’amour tel qu’on le déguste depuis plus de deux siècles.

Ma Cuisine Ancestrale étant parfois coquine, j’ai trouvé dans la base « Patrimoine gourmand » de Gallica-Bnf, la recette du puits d’amour originel :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1158058g?rk=1480694;0 page 188

Voici, mon interprétation de la recette.

Ingrédients :
– une pâte feuilletée (faite maison, si possible, sinon acheter une pâte feuilletée pur beurre)
– confiture de fruits rouge (j’ai choisi de la confiture de cerise)
– Un jaune d’œuf
– Sucre glace

Abaisser la pâte feuilletée sur 5 mm d’épaisseur,
Avec un emporte-pièce, réaliser des petits disques pour le fond du gâteau,
Les piquer avec une fourchette pour éviter qu’ils ne gonflent,
Réaliser une autre série identique de disques avec le même emporte-pièce,
Puis, avec un emporte-pièce plus petit, pratiquer un trou au centre de cette seconde série de disques, 
Superposer la couronne de pâte obtenue sur le disque de fond et appuyer pour les souder,
Dorer à l’aide d’un pinceau avec le jaune d’œuf battu,
Cuire au four préchauffé (180°) pendant 15 minutes environ l’assemblage fond/couronne et les petits disques qui serviront de chapeau,
Lorsque les coques sont cuites, évider le centre de la bouchée délicatement, 
Remplir les puits avec la confiture de votre choix,
Placer les petits chapeaux,
Saupoudrer de sucre glace.

A tous les amoureux et aux autres… Que cette bouchée libertine séduise vos papilles et entraîne votre gourmandise dans un tourbillon de plaisir.

Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait.

 

 

Sources :
www.gallica.bnf.fr
www.wikipédia.org
www.stohrer.fr
www.rochefortenhistoire.wordpress.com

Images : Collection personnelle