#ChallengeAZ… R comme Efflam RIVOALEN…

Naître le 14 prairial An 12, soit le dimanche 3 juin 1804, jour où l’on célèbre le trèfle selon le calendrier républicain et s’appeler Efflam… Voilà qui est peu commun !

Efflam viendrait d’un ancien adjectif breton « flamm » qui signifie brillant, rayonnant.
Saint-Efflam était un prince irlandais qui bien que marié resta chaste toute sa vie. Selon la légende, il eut une vie « merveilleuse » et aida Arthur à se débarrasser du dragon.

Efflam RIVOALEN est le dernier enfant du petit « kéréour » (lettre K)
Comme ses frères et sœurs, il est né à Plouigneau dans le Finistère.
Il s’y marie le 14 janvier 1829 avec Marie GUYOMARCH.
Et il y décède le mercredi 28 juin 1876 à 72 ans.

 

Sources :
CGF : acte de décès : D-1876-29-19900-73311-22395
Saint-Efflam – Wikipédia.org

#ChallengeAZ… K comme KEREOUR…

1280px-Apprenticeship cordonnier

Jean RIVOALEN, Sosa 118, est « kéréour »... cordonnier en langue bretonne, à Plouigneau dans le Finistère.

Il est né au lieu-dit Botshorel, le 16 août 1759.

Marié à Marie LE MILLIER, le 26 octobre 1784 à Plouégat-Moysan, il devient père de sept enfants, dont Barbe (voir lettre I)

Le dimanche 29 juin 1823 à six heures du matin, il s’éteint à son domicile, à l’âge de 64 ans, entouré des siens.

Francis JAMMES a immortalisé la vie des petits kéréours.
Cependant, j’ignore si Jean ressemblait au petit cordonnier de la poésie :

Il y a un petit cordonnier naïf et bossu
qui travaille devant de douces vitres vertes.
Le dimanche il se lève et se lave et met sur
lui du linge propre et laisse la fenêtre ouverte.

Il est si peu instruit que, bien que marié,
il ne parle jamais, paraît-il, sur semaine.
Je me demande si le Dimanche, quand ils promènent,
il parle à sa femme vieille et toute courbée.

Pourquoi fabrique-t-il des souliers, marchant peu ?
Ah !… Il fait son devoir et fait marcher les autres.
Aussi il y a une pureté dans le petit feu
qui s’allume chez lui et luit comme de l’or.

Aussi, lorsqu’il mourra, les gens au cimetière
le porteront, lui qui les aura fait marcher.
Car Dieu aime bien les pauvres et les pierres
et lui donnera la gloire d’être porté.

Ne riez pas ! Qu’est-ce que tu as fait de bon ?
Tu n’as pas la douceur de cette lueur verte
qui passe doucement par la vitre entr’ouverte
où il taille le cuir et croise les cordons.

Crois-tu donc, toi qui mets des ornements,
et parce que tu plais à des femmes en parfum,
que tu as sur le front ce vert rayonnement
d’une douleur triste et douce comme une chanson ?

Ô petit cordonnier ! cloue tes clous encore longtemps.
Les oiseaux qui passeront au doux printemps
ne regarderont pas plus les couronnes de roi
que ton vieux couteau qui coupe le pauvre pain noir.


Sources :
A.D Finistère : Plouigneau – 3 E 239/33 [1823-1832]
Francis JAMMES (1868-1948) – Il y a un petit cordonnier – 

                 http://short-edition.com/classique/francis-jammes
Image : Reproduction peinture Louis (Emile) ADAN (1839-1937) – Wikimedia commons.org

#ChallengeAZ… I comme Ida, Irma, Irénée ou Isidore….

Ce matin de juin est candide, charmant
Comme une fleur qui naît ou comme un pépiement…
…Le soleil tourne, joue et décoche sa flèche
Aux cerises qui sont de petits cœurs aimants.
Que de parfums groupés sur les chemins cléments !
Anna de Noailles
Les éblouissements (extrait)

Et vous… Ida, Irma, Irénée ou Isidore…
Que n’avez-vous vécu un événement en juin ?

Alors, j’ai cherché et trouvé, dans la grand’malle des ancêtres, un mariage qui fut célébré ce jour, à la mairie de Morlaix dans le Finistère !

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Samedi 10 Juin 1820,
Barbe RIVOALEN, 25 ans, fille de Jean et de Marie LE MILLIER, est la sœur de Marie-Jeanne, Sosa 59.
Désignée comme étant une fille de confiance, elle épouse, ce jour, François MADEC, un charron de 23 ans.

 

Sources :
Cercle généalogie Finistère : M-1820-2915100-61287-02116 – NMD=1793
Image : Collection personnelle

 

Mon ascendance armoricaine…

La semaine écoulée a été riche de découvertes.

Lorsque j’ai débuté mes recherches généalogiques maternelles, je me doutais que mes ancêtres étaient normands ; mais j’ai trouvé que certains avaient émigré.
En effet, toutes les branches issues du côté du père de ma grand-mère maternelle prennent leur source en terre armoricaine… Plus exactement dans le Finistère dans la région du Léon !

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Des gens de la terre qui ont migré dès le XVIIIe siècle vers le Calvados, en passant par l’Orne visiblement poussés par la misère qui les a incités à chercher du travail loin de chez eux.

Je travaille particulièrement sur ces branches depuis le salon généalogique organisé par la Mairie du XVe arrondissement de Paris, les 11 et 12 mars dernier.
J’ai adhéré au C.G.F (Cercle Généalogique du Finistère) afin d’accéder à leurs bases de données car les Archives Départementales n’ont malheureusement pas encore tout numérisé.
Le travail effectué par les bénévoles du C.G.F m’a permis de trouver les dates de naissance, mariage et décès de plusieurs couples sur plusieurs générations. La recherche par famille m’a également permis de trouver les enfants de chaque couple.
J’ai ainsi enregistré quelques 96 individus supplémentaires à mon arbre… Un grand bond en avant qui me transporte au XVIIe siècle !

J’ai puisé du pur jus armoricain avec des patronymes comme : Rivoalen, Coatalem, Hergouarch, Kermollier… ;
des prénoms comme Efflam, Bizien… ;
des coutumes comme des décrets de mariage dit Bodister ou Crechonvel. Il s’agit du consentement donné par sa famille à un enfant mineur demandé en mariage et orphelin d’un de ses parents ;
des lieux comme Ploujean, Plougastel Daoulas, Irvillac, Plouégat-Moysan, Botsorel, Plouézoc’h, Guimilliau…

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Des villages que je ne connaissais absolument pas et que j’ai découvert, il y a peu.
Si ces endroits sont infiniment agréables à visiter, c’est surtout la sensation de pénétrer sur des lieux apaisants semblables à un giron maternel, qui m’a envahit… L’impression d’être à la maison et de m’y sentir bien  et cela sans savoir que mes ancêtres y avaient vécu !

Et vous, vous est-il déjà arrivé d’éprouver ces sensations ?

 

 

Sources : Carte de Cassini – BNF Gallica
Enclos paroissial de Guimilliau – Collection personnelle

 

Jean-François Wallon, conscrit en l’An 13

L’Histoire, parfois,  se confond avec la vie des petites gens et les entraîne sur des chemins improbables…
Un de mes ancêtres a suivi, malgré lui, ces chemins qui l’ont mené jusqu’au Royaume de Westphalie, contrée lointaine et éphémère et a transformé sa vie :
Jean-François Wallon (Sosa 48) voit le jour le 18 mai 1784 à Athies-sous-Laon dans l’Aisne.
A 20 ans, il mesure environ 1m57. Il a les yeux gris bleus, les cheveux et les sourcils blonds. Son visage est légèrement marqué par la petite vérole.

La conscription l’enrôle dans le 32e régiment d’infanterie de ligne (3e bataillon, 6e compagnie) le 11 Floréal An 13 (1er mai 1805).

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Il est fusilier, puis tambour.

°Sa solde s’élève à 0,30 centimes (fusilier) ou 0,40 centimes (tambour) par jour qu’il touchera après la bataille et de façon aléatoire.
A l’époque, on exprimait la valeur des centimes en « sous » (1 franc valait 20 sous)

1 – Le 32e RI est constitué par les conscrits de l’Aisne. Basé à Montreuil puis à Etaples, il constitue un des maillons de l’armée d’Angleterre. Finalement, il part vers l’est et traverse le Rhin.
Il fait partie du 6e corps d’armée – Maréchal Ney puis du 1er corps d’armée – Maréchal Bernadotte.
Il participe à diverses campagnes : Autriche en 1805, Prusse en 1806, Pologne en 1807 ; plusieurs batailles dont de celle de Friedland sous le commandement de l’empereur.
Le régiment se couvre de gloire à plusieurs reprises. Ce n’est pas un hasard, si on le nomme : L’Invincible !

Le 1er mai 1808, Jean-François déserte l’armée et est rayé des contrôles pour longue absence… A- t-il déjà rencontré sa future femme, Anna Konjetzky ? Déserte-t-il pour elle ?

1 – A la même période, le 32e RI est appelé en renfort pour la campagne d’Espagne.

Anna est une jeune prussienne d’environ 23 ans, originaire de Silésie.

Elle met au monde leur premier enfant le 5 mai 1809 à Schweidnitz (aujourd’hui : Swidnica – Pologne) : Marie Louise Victoire Thérèse.
Pierre Joseph Hilaire (Sosa 24), leur premier fils naît le 26 mai 1810 à Coennéré – Royaume de Westphalie (aujourd’hui Könnern – Allemagne) .

Jean-François est rattrapé par la maréchaussée. Il intègre le 48e régiment d’infanterie de ligne ( 2e bataillon, 4e compagnie) le 7 juin 1810 après avoir été amnistié.

SHD Vincennes 21 YC 412

2 – Ce régiment fait partie de l’armée d’Allemagne – 3e corps d’armée – Davout, basé au camp de kirtschen en 1809 et au camp de Magdebourg jusqu’en juillet 1811 avant de participer à la campagne de Russie.

Mais avant d’être réincorporé, il épouse Anna, le 6 mai 1810 à Schweidnitz.

Le 5 avril 1812, il est muté au 7e bataillon de Vétérans (6e compagnie) à Brest. Il y arrive le 29 septembre de la même année.

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3 – Les vétérans sont affectés au service des place fortes ou des batteries côtières. Ils touchent une solde et portent l’uniforme militaire. En 1800, on comptait 12 500 hommes, en 1814 : 10 000 hommes.

En Bretagne, Anna accouche de leur 3ème enfant : François, né le 8 décembre 1813.

Jean-François obtient son congé absolu le 21 Novembre 1814.

La famille traverse la France, d’Ouest en Est, et s’installe à Athies s/Laon.

Trois autres garçons viennent agrandir la fratrie :
-Auguste Désiré, né le 26 Mai 1816, mais il meurt  en 1821 à 5 ans,
-Marcel né le 5 Février 1820,
-Jules Victor Onésime né le 2 avril 1823.

Pour subsister, Jean-François et Anna sont manouvriers/chiffonniers.

Jean-François décède le 26 Juillet 1832 à l’âge de 48 ans.
Anna lui survit 32 années et disparaît à son tour, le 10 avril 1864 à 78 ans.

Pendant une décennie, Jean-François, comme des milliers de soldats,  a arpenté une partie de l’Europe et vécu une épopée difficilement appréhendable : les batailles, les sacrifices, les marches forcées, la misère, la faim….
suivi par Anna et les enfants (comme beaucoup de femmes et d’enfants d’alors, qui ont suivi leurs maris et leurs pères au gré des batailles) : cela est déconcertant, voire inconcevable,  pourtant…

 

Sources :
 °Les soldats d’empire au quotidien de Jean-Pierre Mir – Editions Archives & culture
1*Historique du 32è régiment d’infanterie de ligne de 1775 à 1890 – SHD Vincennes- 4 M 42
2*Site : darnault-militaires.info/  
3*Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire – A.Fierro, A.Palluel-Guillard – J.Tulard