La Revue Française de Généalogie…

Avez-vous déjà éprouvé ce délicieux moment où un petit frisson vous envahit comme si  « un inconnu vous offrait des fleurs » ?

Et bien, c’est ce que j’ai ressenti, aujourd’hui…

La raison de ce bonheur est la lecture de la
Revue Française de Généalogie n° 211 (avril-mai 2014)
accompagnée d’un hors série n° 38 :
Généalogie et histoire familiale sur Internet !

Avec ce numéro spécial,  la RFG s’intéresse au monde des généablogueurs.

Dans la revue, vous trouverez des astuces et des conseils, les blogs qui ont participé au Challenge AZ 2013 organisé par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres, ainsi que :

  •  Une sélection des blogs à suivre
  • Comment être informé des meilleurs articles
  • 14 conseils pour créer et écrire sur votre blog
  • + 32 exemples originaux

Et parmi la sélection des 32 articles, choisis entre un peu plus d’un millier, se trouve un de mes billets : B comme Badestamier,  issu du Challenge AZ 2013.

Lorsque j’ai créé mon blog, je n’aurais jamais imaginé être éditée dans une revue nationale au milieu de blogs reconnus. Je n’y pensais même pas… C’est donc, une grande et belle surprise !

C’est avec beaucoup d’émotion que j’adresse mes remerciements à la Revue Française de Généalogie qui fêtera son 35e anniversaire dans quelques jours, ainsi qu’à Sophie Boudarel sans oublier, Hélène Soula, qui m’ont donné l’envie d’écrire !

 

# Fête de l’Internet…

Avec le retour du printemps, nous célébrons également cet espace virtuel qu’est Internet… Je réponds en cela à l’invitation de Sophie de la Gazette des Ancêtres.

Notre participation doit répondre à deux critères :

– Pourquoi avoir créer un blog :

En septembre 2012, j’ai participé à un stage organisé par la Revue Française de Généalogie et dont le thème était : « Écrire et raconter son histoire familiale ».
Je ne vais pas relater ici la genèse du stage, je l’ai déjà fait ; mais une intervenante convaincante : Sophie… nous a expliqué pourquoi et comment concevoir un blog…

Une semaine plus tard, je créais un blog généalogique et j’écrivais mon premier article.
Mes débuts ont été hésitants et je me suis posée beaucoup de questions, entre autres : la vie de mes ancêtres intéressait-elle d’autres personnes ? Mais les visites et les commentaires laissés sur le blog ont balayé mes doutes.
J’ai persévéré et aujourd’hui, je suis heureuse d’écrire et de partager mes billets :

Écrire : La généalogie n’est pas qu’une recherche d’actes, c’est aussi une quête qui m’emmène sur les traces de mes ancêtres : les replacer dans leur contexte historique, social, géographique… Et rédiger des articles sur leur histoire me permet de mieux les appréhender. J’ai, ainsi, l’impression de mieux les connaître.

Partager : Car il s’agit aussi de cela : je partage avec mes proches, bien sur, mais également avec la famille  des généablogueurs. Et, quelle Famille… Une famille qui me fait voyager et me fait découvrir des récits aussi divers que variés et également très enrichissants. J’apprends énormément et je suis ravie de faire partie de cette communauté !

– Mettre en avant un blog existant et pourquoi :

Quel dilemme ! Ce n’est pas un mais plusieurs blogs que je souhaiterai mettre en avant… Amis généablogueurs, ne m’en voulez pas, mais je dois jouer le jeu…
Aussi, j’ai choisi le blog de Fabien Larue :

                                http://www.genealecole.blogspot.com/

L’idée de partager cette passion avec nos « jeunes pousses » est une belle initiative qui leur permet d’aborder toutes les matières scolaires de façon personnelle et ludique. Quel plaisir !

J’aurais aimé apprendre de cette façon…

Et puis, cela fera taire les esprits chagrins qui pensent que la généalogie est réservée aux retraités poussiéreux et passéistes !

La Béate….

 

En Auvergne, la Béate était un personnage singulier :

 L’Église inquiète de l’ignorance religieuse dans laquelle se trouvait une grande partie de la population, surtout dans les villages reculés et difficiles d’accès, fonda au XVIIe siècle : « Les Demoiselles de l’instruction ».
L’institution dépendait de l’Évêque du Puy-en-Velay….
Dans les familles nombreuses, il existait des filles « vilains petits canards » qui ne trouvaient pas à se marier. La congrégation des Demoiselles de l’Instruction recrutait parmi elles la future Béate.
Envoyée au couvent pour un an ou deux, elle y recevait un enseignement religieux et quelques rudiments scolaires : écriture, lecture et calcul. Elle y apprenait aussi l’art de la dentelle.
Bien que très pieuse, la demoiselle n’était pas religieuse et ne prononçait pas de vœux.
Elle était vêtue d’une robe de laine noire et d’un voile de la même couleur.
Puis à sa demande, elle se fixait dans un village. Sa maison construite par les villageois s’appelait l’assemblée. Elle était surmontée d’un petit clocheton qui rythmait la vie du village.
Dévouée entièrement aux habitants , la Béate recevait des dons en nature pour subsister.
La Béate servait d’intermédiaire avec le curé de la paroisse. Elle avait pour principale mission d’enseigner aux enfants, enseignement aléatoire car il était à la mesure de ses propres connaissances.
Elle jouait un grand rôle dans la formation des jeunes filles notamment pour apprendre la dentelle et contribuait au développement de ce métier.
C’est à l‘assemblée que la gente féminine se réunissait pour faire couvige (lire M comme métier).
La Béate avait, par ailleurs, beaucoup d’influence sur les villageoises.

Outre son rôle d’enseignante, elle faisait également office de garde-malade. Elle habillait et veillait les défunts. Elle consolait les malheureux et elle contribuait à la bonne harmonie dans le village.
Sa maison servait d’école mais également d’asile, de crèche, d’infirmerie.

Les villages ancestraux de Bournoncle, Saint Géron, Balsac, Saint Beauzire et Saint Ilpize ont recensé des Béates qui cohabitaient avec les aïeux de mon mari.

Entre le XVIIe et le XIXe siècle, le rôle de la Béate n’était pas négligeable. En 1847, on en comptait environ 1294 en Haute-Loire.
Mais les lois de Jules Ferry qui obligèrent la nomination d’institutrices laïques formées à l’École Normale sonnèrent la fin de l’existence des Béates.

Aujourd’hui, les Béates ont disparu mais quelques unes de leurs maisons ont traversé le temps.
D’ailleurs, si vous vous promenez dans les villages altiligériens, vous les apercevrez, peut-être, surmontées de leur petit clocheton !

 

 

Sources : Almanach de Brioude : Les Béates dans la communauté de Brioude – Nicole Darpoux
                Histoire sociale Haute-Loire : Dentelles et dentellières 400 ans d’histoire – R. Vacheron
 Image :  site http://www.geneal43.fr

#Généathème : M comme Métier




En mars, nous retroussons nos manches et nous parlons « métier » !

Le généathème met à l’honneur un métier trouvé chez mes ancêtres normands et également chez les ancêtres auvergnats.
Un métier dont le produit fini est raffiné et délicat, un métier exigeant dextérité et application,  mais un métier rapportant un salaire de misère, un métier que nos aïeules pratiquaient une quinzaine d’heures par jour, cela dès l’âge de six ans et jusqu’à la fin de leur vie.
Ce métier est celui de dentellière.

La dentelle fait son apparition à Venise à la fin du XVe siècle. D’abord assimilé à la passementerie, le terme « dentelle » apparaît en France au XVIe siècle.
On distingue deux sortes de fabrication : la dentelle à l’aiguille et la dentelle aux fuseaux, moins noble que la première.

Au XVIIe siècle, la dentelle connaît un essor considérable. Les nobles s’entichent de ces tissus précieux : le volume de dentelle porté est proportionnel au nombre de titres de noblesse.  Au point que Louis XIII en réglemente l’usage par quatre édits dits lois somptuaires mais ceux-ci ne sont pas respectés.
Bien au contraire, l’engouement pour la dentelle est décuplé.

L’Église tient une place importante dans son développement : les couvents et les orphelinats emploient une main-d’œuvre bon marché. (voir article : L’hospice Saint-Louis)
Et sous Louis XIV, Colbert qui souhaite concurrencer la production étrangère, installe des manufactures royales à Alençon, Valenciennes et Aurillac.

En Haute-Loire, la dentelle apparaît dans la ville du Puy avant de se répandre dans les campagnes vellaves où chaque paysanne possède son carreau.
Les femmes font couvige : l’été, elles se rassemblent à l’ombre d’une grange et l’hiver, au coin de l’âtre pendant les veillées.
A la fin du XVIIe siècle, une profession d’intermédiaires se développe : les leveurs. Ils sillonnent les villages et collectent la production des denteleuses pour le compte des négociants. Ils fixent eux- mêmes le prix d’achat de la dentelle : beaucoup vont s’enrichir au détriment de ces laborieuses.
La dentelle est payée à la longueur mesurée sur une planchette en bois de 120cm appelée : l’aune.

La Révolution met un terme à la production et la dentelle a failli disparaître car elle est synonyme d’élégance aristocratique.

A partir de 1850, les manufactures se développent ; la dentelle se mécanise. Grâce à ces nouvelles technologies, la fabrication s’améliore considérablement ; c’est l’âge d’or de la dentelle.
Mais la mécanisation sonne le glas de la production manuelle.

Au début du XXe siècle, l’Assemblée Nationale vote une loi pour favoriser l’enseignement de la dentelle dans les écoles des départements où la fabrication est en usage ; principalement en Haute-Loire et dans le Calvados. Mais la Première Guerre mondiale a raison de cette initiative.

Malgré tout, quelques écoles subsistent encore à Alençon et au Puy où s’est créé en 1976 le Conservatoire National de la Dentelle du Puy.

Si aujourd’hui, la dentelle est un produit commun, difficile d’imaginer quelle a été la condition de vie des dentellières :
Des siècles durant, les femmes seules étaient extrêmement nombreuses : veuves, célibataires avec ou sans enfant. La fabrication de dentelle était leur seule ressource les obligeant à travailler 15 à 18 heures par jour pour un salaire dérisoire.
Le salaire journalier était de 30 centimes en 1820 et de 50 à 60 centimes en 1880.
A cela, s’ajoute la pénibilité du travail, le docteur F. Martel déclare en 1853 : «  La vie pénible des dentellières les rendaient sujettes à trois maladies caractéristiques : la cécité due aux efforts des yeux et au manque de lumière, la déformation de la colonne vertébrale consécutive à la position penchée, les troubles des voies respiratoires dus aux sels de plomb dits blancs de plomb qui servaient à blanchir les dentelles et qu’elles respiraient toute la journée. »

Si la dentelle est synonyme de raffinement, la vie de ces femmes a été frustre !





Source : Histoire locale Haute-Loire : Dentelle et dentellières, quatre cents ans d’histoire
                                                                        Raymond Vacheron
               Histoire de la dentelle en Normandie : Wikipédia

               Image : collection personnelle : dentelle aux fuseaux du Puy