#MaCuisineAncestrale… Le gĂąteau d’anniversaire…

đŸ’–đŸŸđŸŽ‚ Aujourd’hui, Ciel ! Mes aĂŻeux a 10 ans đŸŽ‚đŸŸđŸ’–
Ma cuisine ancestrale célÚbre cet évÚnement.

Mais, avant de déguster ce gùteau, remontons le temps :

Il se dit que les premiers anniversaires auraient vu le jour en Egypte. Les pharaons fĂȘtaient leurs anniversaires non pas de leur jour de naissance mais lors du premier jour de leur rĂšgne. A cette occasion, de grandes festivitĂ©s Ă©taient organisĂ©es sur fond d’offrandes et de sacrifices.

De leur cĂŽtĂ©, les Perses et Chinois – tous deux grands connaisseurs d’astrologie – cĂ©lĂ©braient leur jour de naissance autour d’un grand banquet.

C’est aussi le cas des Grecs et des Romains. Ces derniers pensaient que chaque personne Ă©tait entourĂ© d’un « Esprit protecteur » ou « DaimĂŽn » qui veillait sur lui de sa naissance jusqu’à sa mort.
Cet « Esprit » Ă©tait en relation mystique avec le dieu dont l’anniversaire correspondait au jour de naissance de l’individu.
On retrouve encore aujourd’hui l’hĂ©ritage de cette croyance dans les notions d’Ange-Gardien ou de Saint-Patron.

L’apparition du gĂąteau avec des bougies provient des Grecs qui avaient coutume de dĂ©poser des gĂąteaux ronds avec des bougies sur le Temple de la dĂ©esse ArtĂ©mis. Ces bougies, symbolisant la lumiĂšre et le reflet terrestre de la dĂ©esse, Ă©taient aussi l’occasion d’émettre un vƓu en soufflant les bougies.

Mais les chrĂ©tiens rejetĂšrent ces coutumes paĂŻennes et ça n’est qu’au XIIIe siĂšcle que le gĂąteau d’anniversaire avec des bougies fit son grand retour en Allemagne lors les « kinderfeste », considĂ©rĂ©s comme les premiers goĂ»ters d’anniversaire.

En France, jusqu’au XVIIIe siĂšcle, on avait coutume non pas de fĂȘter les anniversaires, mais le jour du Saint dont on portait le nom.

C’est sous l’influence des Anglo-Saxons, que l’anniversaire s’est progressivement installĂ© dans les traditions françaises et fut mĂȘme inscrit dans les traitĂ©s de savoir-vivre au XIXe siĂšcle .

Aujourd’hui, l’anniversaire est une vĂ©ritable institution qui valorise l’individu et permet de renforcer les liens sociaux.
Les sociologues parlent mĂȘme de rituel d’anniversaire, pour la plus grande joie des petits et des grands !

Pour Ma Cuisine Ancestrale, anniversaire rime avec gĂąteau au chocolat
mais, pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du gĂąteau au chocolat de Metz.
C’est un gĂąteau Ă  l’ancienne, lĂ©ger comme une gĂ©noise et comme beaucoup de recettes lorraines, il est Ă  base de crĂšme, Ă©lĂ©ment phare de la rĂ©gion.
Il est, aussi, le rival du gĂąteau au chocolat de Nancy qui, lui, est rĂ©alisĂ© avec de la poudre d’amandes et du beurre.

Création CANVA

Note : Traditionnellement, ce gĂąteau est dĂ©corĂ© avec du sucre glace. 

Un homme cĂ©lĂšbre a dit : « Les anniversaires ne valent que s’ils constituent des ponts vers l’avenir « 
Alors, je fais le vƓu que Ciel ! Mes aïeux franchisse encore de nombreux
ponts, accompagné de votre fidélité, de votre bienveillance et de votre gourmandise.

En attendant, rĂ©galez vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait !


Sources :
Origine anniversaire : https://quizotresor.com
Recette : https://www.francebleu.fr/emissions/cuisine-ensemble-sur-france-bleu-lorraine/
Photos et image : collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Les lunettes de Romans…

Il fait beau, il fait chaud et Ma Cuisine Ancestrale profite des derniers jours de vacances pour vous emmener dans la DrĂŽme Ă  Romans-sur-IsĂšre.
Si la ville Ă©tait, autrefois, rĂ©putĂ©e pour ĂȘtre la capitale de la chaussure, elle l’est toujours pour ĂȘtre celle des lunettes… non pas celles pour mieux voir mais celles Ă  croquer.

MĂȘme si on en trouve un peu partout en France, les lunettes de Romans sont l’une des spĂ©cialitĂ©s typiques de cette citĂ©.
Ces délicieux sablés ovales, fourrés à la confiture et recouverts de sucre glace, ont été baptisés ainsi car ils sont percés de deux trous faisant penser à des lunettes.

Ce gĂąteau est dĂ©rivĂ© d’un biscuit italien, le milanais, dont la fabrication remonte au Moyen Âge, en Italie.
C’est un sablĂ© percĂ© d’un trou, que des immigrants transalpins auraient fait connaĂźtre dans le DauphinĂ©.
Les PiĂ©montais, venus dans le Vercors, rĂ©gion productrice de fruits, reconstituĂšrent leur pĂątisserie en la fourrant de confiture de fruits.

Actuellement, si ce milanais est toujours fabriquĂ© en Italie, il est aussi et surtout devenu un biscuit de NoĂ«l, incontournable en Suisse et un grand classique de la cuisine helvĂ©tique.

Pour la recette, c’est par ici :

Création CANVA

Souvenir d’enfance par excellence, nous nous rappelons tous avoir vu ces biscuits dans la vitrine du boulanger, et de les avoir dĂ©gustĂ©s Ă  l’heure du goĂ»ter.
La rĂ©gression a parfois du bon alors, d’ici notre prochain rendez-vous, revivez vos jeunes annĂ©es et rĂ©galez-vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait 😋


Sources :
Origine et recette : vacances-vertes.net
Photos et Images : Collection Personnelle

#MaCuisineAncestrale… Le poumpet

En juillet, Ma cuisine ancestrale fait escale dans le sud-ouest, plus exactement dans le Tarn et part à la découverte du poumpet aussi appelé feuillùt.

Ce gĂąteau serait nĂ© dans des contrĂ©es trĂšs Ă©loignĂ©es puisqu’il aurait Ă©tĂ© importĂ© par les Sarrasins lors de leur invasion en Europe au VIIIĂšme siĂšcle.

Ce serait donc un gĂąteau d’origine arabe dont il a conservĂ© plusieurs caractĂ©ristiques communes avec leurs pĂątisseries : le sucre, les agrumes et les valeurs nutritionnelles.

Durant plusieurs siĂšcles, cette recette Ă©laborĂ©e Ă  base de saindoux ou de graisse d’oie (aujourd’hui, on utilise du beurre), d’Ɠufs, de farine, de sucre, de miel et de zestes de citron, s’est transmise de mĂšre en fille qui la confectionnait pour les grandes occasions d’oĂč le nom occitan de poumpet, qui signifie littĂ©ralement gĂąteau de fĂȘte (fĂȘte se traduisant en patois local par pompa).
À cette Ă©poque, cette spĂ©cialitĂ© culinaire n’Ă©tait rĂ©alisĂ©e que dans le canton de Soual et de SĂ©malens, deux villages voisins et situĂ©s sur le territoire de Castres.

En 1894, un pĂątissier de Soual, Mr Gelis a fabriquĂ© et commercialisĂ© le poumpet sous le nom plus vendeur de feuillĂąt car plusieurs couches de pĂąte et de graisse d’oie successives lui donnaient un aspect feuilletĂ©.
Ce gĂąteau Ă©tait parfumĂ© au citron, Ă  la fleur d’oranger ou Ă  la bergamote uniquement. La recette originale fut transmise ensuite aux acquĂ©reurs successifs de la pĂątisserie de M. Gelis, maintenant aux mains de la famille Andrieu.
En 1985, la ConfrĂ©rie du Poumpet fut crĂ©Ă©e Ă  Soual, devenue depuis la ConfrĂ©rie du FeuillĂąt afin de perpĂ©tuer sa tradition.

Chaque pùtissier garde précieusement la recette de son poumpet mais, il existe des bases communes à ce gùteau.
Quoi qu’il en soit, le poumpet est rĂ©alisĂ© avec des citrons, sinon, ce n’est pas un poumpet, qu’on se le dise !

Création CANVA

Note : j’ai prĂ©fĂ©rĂ© rĂąper les zestes des citrons

Les tarnais sont trĂšs fiers de ce gĂąteau ancestral… un hĂ©ritage concĂ©dĂ© depuis des temps trĂšs anciens, de mĂšre en fille et de pĂątissier Ă  pĂątissier.
Ce dessert simplissime dĂ©montre encore une fois que l’Histoire et la transmission passe aussi par la cuisine.

Je vous souhaite un bel Ă©tĂ©, de bonnes vacances aux juilletistes et d’ici notre prochain rendez-vous, rĂ©galez vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait !


Sources :
Ladépeche.fr : Soual, sur les terres ancestrales du Poumpet
Images : collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Le Reine Elisabeth…

« God save the Queen »

En juin, Ma Cuisine Ancestrale hĂ©sitait entre trois recettes. Elle a donc demandĂ© aux gĂ©nĂ©ablogueurs de choisir. Ils ont gazouillĂ© leur choix avec l’oiseau bleu et ont Ă©lu le gĂąteau royal.

Alors, traversons la Manche et rendons visite Ă  nos voisins grands bretons.

Le Royaume Uni vit un Ă©vĂšnement historique puisque Sa MajestĂ© Elisabeth II fĂȘte son jubilĂ© de platine, soit soixante dix ans de rĂšgne… un record de longĂ©vitĂ©!
Le jubilĂ© est officiellement cĂ©lĂ©brĂ© durant quatre jours, du 2 au 5 juin 2022.
Il est Ă©galement cĂ©lĂ©brĂ© dans d’autres pays du Commonwealth, notamment l’Australie, le Canada, la Nouvelle-ZĂ©lande et la Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e et dans le monde entier.

Pour la circonstance, en janvier dernier, le Palais Royal a organisé entre autres projets, un concours : a Platinium Pudding Compétition.
Le jury a reçu plus de 5000 propositions et la gagnante est Jemma, une jeune femme de 31 ans. Elle s’est inspirĂ©e de ses deux grands-mĂšres pour rĂ©aliser un Lemon Swiss Roll & Amaretti Bagatelle… Ce pudding sera dĂ©gustĂ© lors des festivitĂ©s… Tout un programme, pour le rĂ©aliser, regardez ICI

Ce dessert est trop récent pour Ma cuisine Ancestrale, je vous propose donc une autre recette, celle du Reine Elisabeth.

Les origines du gĂąteau sont incertaines : il aurait Ă©tĂ© nommĂ© en l’honneur du sacre d’Élisabeth II en 1953 (une excellente annĂ©e)
Il pourrait Ă©galement avoir Ă©tĂ© appelĂ© en l’honneur de la mĂšre de cette derniĂšre lors du couronnement de George VI en 1937.
Une autre possibilitĂ© est que le Reine Élisabeth serait originaire d’Australie et qu’il aurait Ă©tĂ© introduit Ă  la cour d’Angleterre dans les annĂ©es 1950 par le pianiste polonais Jan Smeterlin.
On raconte que, lors d’une invitation Ă  prendre le thĂ©, le pianiste aurait servi ce gĂąteau Ă  la reine mĂšre. Ayant adorĂ© ce dessert, elle demanda la recette au pianiste et l’offrit durant de nombreuses annĂ©es Ă  ses sujets royaux. Il serait dĂ©licieux accompagnĂ© d’une tasse de thĂ© Earl Grey pour un effet so british !

Le Reine Elisabeth est un dessert préparé avec des dattes et glacé avec de la noix de coco. Il est trÚs populaire au Canada.

Création personnelle CANVA

La France participe aussi Ă  cet Ă©vĂšnement avec une cĂ©rĂ©monie prĂ©vue au pied de l’Arc de triomphe, jeudi matin.
Ma Cuisine Ancestrale et moi resteront dans notre cuisine mais, nous savourerons le Reine Elisabeth accompagnĂ©e d’une tasse de thĂ©, of course… C’est notre maniĂšre de fĂȘter cet Ă©vĂšnement inĂ©dit !
D’ici, notre prochain rendez-vous, rĂ©galez vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait !

Sources :
France Bleu : jubilĂ©e d’Elisabeth II
Fortmun & Mason.com
Recette : ricardocuisine.com
Images : collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Les gĂąteaux de baptĂȘme…

En Bretagne et ailleurs

Image gratuite Karoligraphics de Pixabay

Autrefois, chez nos ancĂȘtres, lorsque l’enfant paraissait, il Ă©tait urgent de le baptiser. Aujourd’hui, l’Ă©vĂšnement n’est plus impĂ©rieux… NĂ©anmoins, cette cĂ©rĂ©monie est accompagnĂ©e de rituels gourmands qui existent depuis fort longtemps comme offrir des dragĂ©es et des gĂąteaux aux parents et amis.

Les gùteaux étaient et sont toujours un gage affectueux et amical de convivialité, de partage et de remerciement.
D’ailleurs, Pierre Jean-Baptiste Legrand D’Aussy (°1737 +1800), un historien du XVIIIe siĂšcle, a Ă©crit :

« C’Ă©tait un gĂąteau qu’offraient Ă  l’Eglise les femmes nouvellement accouchĂ©es lorsqu’elles allaient se faire relever… J’en ai parlĂ© ICI
Enfin, c’est un gĂąteau qui formait le plat principal de la collation qu’on donnait Ă  la suite du baptĂȘme d’un enfant et sur ce point Paris, jusque vers la fin du siĂšcle [XVIIe siĂšcle] ne diffĂ©rait point des autres villes du Royaume. »

Et cette tradition a perdurĂ© jusqu’au dĂ©but du XIXe siĂšcle selon Grimod de La ReyniĂšre (°1758+1837), mais :

« C’est cependant moins un goĂ»ter qu’un ambigu puisqu’on y sert des viandes chaudes et froides et que l’on y boit du vin. »

Puis, dans les grandes villes, la collation devenue repas familial, celui-ci se terminait par une piĂšce montĂ©e. Et, au fil du temps, cet usage s’est aussi rependu dans les campagnes.

Cependant, loin du raffinement de ce croquembouche, certaines rĂ©gions se dĂ©marquaient en servant leur spĂ©cialitĂ© gourmande du terroir comme : les pognons aux peurniaux dans le RhĂŽne, les kugelhofs en Alsace, la pompe en Provence, la brioche tressĂ©e en Lorraine, la brioche en forme de bĂ©bĂ© emmaillotĂ© dans le Nord et l’Est de l’hexagone, etc…

En Bretagne, on servait des farz(traduisez par farine, gruau…)
Il existe plus de 60 recettes de farz salĂ©s ou sucrĂ©s selon Patrick HervĂ©, auteur d’un livre sur ces spĂ©cialitĂ©s bretonnes.
Au XVIIIe siÚcle, un farz était une bouillie de farine accompagnée de légumes et parfois de lard ou de viande, le kig ha farz, un plat qui a retrouvé ses lettres de noblesse de nos jours.
Au fil du temps, la recette salée va également donner naissance à une recette sucrée.
Au XIXe siĂšcle, on ajoute du lait et du sucre Ă  la farine. La transformation de la simple bouillie Ă  un dessert a lieu surtout dans les familles les plus aisĂ©es.
Puis, la recette s’agrĂ©mente d’Ɠufs et de beurre (salĂ©, bien sĂ»r)… Le far est nĂ© et le plus cĂ©lĂšbre est le farz prun ou far aux pruneaux, un emblĂšme de la pĂątisserie bretonne.

Farz prun – Collection personnelle
Création Canva
Farz prun – collection personnelle

Le saviez-vous ?
Les pruneaux, une histoire de marins :

Au 19e siĂšcle, ceux-ci Ă©changeaient du poisson (morue) contre un fruit sec venu d’Agen qui, riche en vitamine C, permettait de se prĂ©munir du scorbut, une terrible maladie qui dĂ©cimaient les marins. TrĂšs vite, la Bretagne adopte le pruneau et celui-ci fait son entrĂ©e dans la traditionnelle recette du far !

Voici une seconde recette peu connue. Originaire du Nord-FinistĂšre (terre ancestrale), il s’agit du farz pitilig ou far Ă  la poĂȘle.
C’est une sorte de dessert Ă  mi-chemin entre le far et la crĂȘpe Ă©paisse, un plat rapide Ă  rĂ©aliser et qui est servi, selon le niveau de gourmandise, avec un peu de beurre, de sucre, de confiture, de caramel ou autre…

Farz Pitilig – collection personnelle
Création Canva
Note : « Ramasser la pĂąte » : quand la crĂȘpe commence Ă  ĂȘtre saisie, pousser la pĂąte vers le centre de la poĂȘle Ă  l’aide d’une cuillĂšre en bois.

Bien loin des gĂąteaux de baptĂȘme d’aujourd’hui, j’apprĂ©cie la simplicitĂ© de ces deux recettes qui nous rappellent que nos ancĂȘtres se rĂ©galaient avec peu.
En attendant notre prochain rendez-vous, Ă  vous d’apprĂ©cier cette collation… moi, c’est dĂ©jĂ  fait !

Avec mes pensées amicales pour Brigitte, fraßchement promue Sosa 7 et Andréa,
son tout petit Sosa 1 💕

Sources :
Dictionnaire de la gourmandise – Annie PERRIER-ROBERT
Fars bretons et Kig Ha Farz –Patrick HERVE Editions Skol Vreizh.
Recettes :

Kevin Adkins, pùtissier de la maison Coupel située à Rennes (meilleur far aux pruneaux en 2017 et 2018)
HĂ©lĂšne CrĂ©ac’hcadec, spĂ©cialiste du farz pitilig

baiedemporlaix.bzh : recette du kig ha farz
Image gratuite de mer : Christel SAGNIEZ de Pixabay

Images : collection personnelle
 


#MaCuisineAncestrale… La Pascade…

En avril, ne te dĂ©couvre pas d’un fil !


Depuis hier, la mĂ©tĂ©o ne dĂ©ment pas l’adage ! Il fait frisquet…
Malgré le retour du temps hivernal, Ma Cuisine Ancestrale vous propose une petite excursion en Aveyron pour y découvrir une spécialité locale originale et réconfortante : la pascade ou pascada en occitan.

Pascade – version salĂ©e
Pascade – version sucrĂ©e

Le terme Â« pascade Â» est une francisation du rouergat Â«Â pascĂ do« , dĂ©rivĂ© de Â«Â Pascas » qui signifie PĂąques.

Il s’agit d’une recette nĂ©e dans les fermes du Rouergue que l’on servait jadis en pĂ©riode de disette lorsque les rĂ©coltes Ă©taient mauvaises.
Puis, la tradition a voulu que l’on mange la pascade au moment de PĂąques, plus prĂ©cisĂ©ment le dimanche de Quasimodo (premier dimanche aprĂšs celui de PĂąques).
Faisant suite au CarĂȘme, cette prĂ©paration Ă  base d’Ɠufs et de farine Ă©tait privilĂ©giĂ©e pour consommer l’importante production pondue durant celui-ci.

Mi omelette, mi crĂȘpe soufflĂ©e, cette recette se consomme cuite Ă  point dans une poĂȘle ou au four, salĂ©e ou sucrĂ©e, nature ou garnie.

Création Canva
Collection personnelle

Note :
J’ai choisi de rĂ©aliser une pascade salĂ©e et une seconde sucrĂ©e…. IdĂ©al pour un dĂźner Ă  deux.
La version salĂ©e est cuite dans une poĂȘle et accompagnĂ©e de quelques feuilles de roquette, de tranches d’avocat et d’Ɠufs mollets.
La version sucrée est cuite dans le four, dans un plat en terre. Elle est agrémentée de deux pommes coupées en morceaux, caramélisées dans un peu de beurre salé et de cassonnade (un mix entre mes racines bretonnes et picardes)
Je n’ai qu’un mot Ă  Ă©crire : DĂ©licieux !
VoilĂ  pour ces deux exemples, Ă  vous de cuisiner en laissant parler votre imagination…

Et en attendant notre prochain rendez-vous, Ma Cuisine Ancestrale vous souhaite de joyeuses fĂȘtes de PĂąques en souhaitant qu’elles ne se passent pas au tison. Si tel est le cas, je vous renvoie Ă  Quasimodo pour vous rĂ©galer !

Sources :
Origine et recette : www.tourisme-paysdecazevillois.fr

www.expressions-francaises.fr
Images : collection personnelle
– CrĂ©ation Canva

#MaCuisineAncestrale #Geneatheme… Les nieulles…

En mars, le #GĂ©nĂ©athĂšme proposĂ© par Geneatech, dont le thĂšme est l’annĂ©e 1832, s’invite Ă  la table de #MaCuisineAncestrale... Et j’avoue que j’aime bien cette idĂ©e !

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CÎté Histoire :
En 1832, la France vit sous le rĂ©gime de la Monarchie de Juillet et est gouvernĂ©e par Louis Philippe 1er. L’annĂ©e est marquĂ©e, entre autres, par des Ă©meutes, une tentative de soulĂšvement en VendĂ©e, une insurrection rĂ©publicaine Ă  Paris et une Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra qui fera plus de 100 000 morts dans l’hexagone.

Voilà ce que la grande Histoire nous apprend, mais nous ignorons que cette pandémie ferait disparaßtre également une tradition locale !

Cet usage est né à ArmentiÚres, petite cité du Nord, au XVIe siÚcle :

À l’origine, la Nieulle orthographiĂ©e « Nieule » au XVe siĂšcle, Ă©tait une sorte de pain azyme (ancien pain aux cĂ©rĂ©ales Ă  la pĂąte non levĂ©e) que l’on distribuait dans les grands repas et les fĂȘtes. 

En mai 1510, lors d’un banquet offert Ă  l’occasion de la foire annuelle, par les Ă©chevins d’ArmentiĂšres en l’honneur de Jacques de Luxembourg, Seigneur de la ville, le surplus des biscuits du repas furent jetĂ©s au peuple du balcon de l’HĂŽtel de ville.

La tradition Ă©tait nĂ©e se perpĂ©tuant ainsi jusqu’en 1832, non sans avoir Ă©tĂ© supprimĂ©e au lendemain de la RĂ©volution et rĂ©tablie vers 1800.

AprĂšs une tentative de rĂ©habilitation fugace en 1938, il fallut attendre 1950 pour que les commerçants eurent l’idĂ©e de relancer cette coutume disparue.
Depuis lors, chaque annĂ©e, en septembre, on cĂ©lĂšbre les nieulles lors d’une ducasse (fĂȘte), oĂč des milliers de ces gĂąteaux sont jetĂ©s des fenĂȘtres du Beffroi d’ArmentiĂšres.

CÎté Cuisine :
Aujourd’hui, les nieulles sont des biscuits sablĂ©s ronds Ă  bord cannelĂ© rĂ©alisĂ©s Ă  base de farine, de beurre, de jaunes d’Ɠufs, de lait, de sucre et de vanille.

Création Canva

Je ne sais pas pour vous, mais je raffole de ces petites histoires, surtout lorsqu’elles sont gourmandes…
D’ici notre prochain rendez-vous, rĂ©galez vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait !

Sources :
Origine des nieulles : Dictionnaire de la Gourmandise – Annie PERRIER-ROBERT
Recette : cuisineterroirs.com
Images : Collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Le millefeuille…

En février, Ma Cuisine Ancestrale raconte mon gùteau préféré, celui qui fait frétiller mes papilles de plaisir.

Le millefeuille ou mille-feuille, les deux orthographes étant correctes, doit son nom au nombre élevé de feuillets de pùte qui composent chaque gùteau.
Compte tenu de la mĂ©thode traditionnelle de prĂ©paration de la pĂąte feuilletĂ©e, en six Ă©tapes de pliages en trois, le mille-feuille comporte en rĂ©alitĂ© 729 paires de feuillets… Vous suivez ! Eh oui, parfois, la pĂątisserie Ă©pouse les mathĂ©matiques.

Je pensais que le millefeuille était une création récente mais je me trompais puisque la premiÚre version remonterait au XVIIe siÚcle.

CÎté histoire :
Le millefeuille aurait Ă©tĂ© crĂ©Ă© par François Pierre de La Varenne, qui le dĂ©crit dans son livre « Le Cuisinier françois » en 1651. Il aurait Ă©tĂ© ensuite perfectionnĂ© par Marie-Antoine CarĂȘme, cuisinier de Charles-Maurice de Talleyrand-PĂ©rigord.
Maguelonne Toussaint-Salmat, l’autrice de « La trĂšs belle et trĂšs exquise histoire des gĂąteaux » mentionne une recette publiĂ©e en 1806 et signĂ©e d’un certain Rouget.

Mais, c’est en fait la pĂątisserie Seugnot situĂ©e rue du bac Ă  Paris, qui proposa les premiers millefeuilles en 1867 confectionnĂ©s par Dubose, le chef pĂątissier d’Adolphe Seugnot.

De plus, la perfide Albion aurait inventer une fausse lĂ©gende : le Millefeuille n’était pas le gĂąteau prĂ©fĂ©rĂ© de NapolĂ©on Bonaparte qui en aurait attrapĂ© une indigestion Ă  la veille de Waterloo.
Napoléon étant par ailleurs le nom de cette pùtisserie en anglais.

Au mĂȘme titre que d’autres classiques, la mille-feuille symbolise le gĂ©nie de la pĂątisserie française dans le monde entier.

CÎté cuisine :
Le  millefeuille est fait de trois couches de pùte feuilletée et deux couches de crÚme pùtissiÚre aromatisée au rhum. Le dessus est recouvert avec du sucre glace ( ma version préférée) ou du fondant.
RĂ©alisation pour 8 personnes :

Composition CANVA
Collection personnelle

Comme Ma Cuisine Ancestrale, rĂ©alisez-vous votre pĂąte feuilletĂ©e ? Non, alors je vous encourage Ă  le faire… C’est un peu long mais, elle est bien meilleure que celle du commerce.
Sinon, choisissez un pùte feuilletée pur beurre ou achetez la chez votre boulanger.

DĂ©sireux(se) de vous lancer, mieux qu’un long discours, voici un tuto qui explique trĂšs bien la mĂ©thode du feuilletage ordinaire :

Vidéo DevenirPatissier.fr

J’espĂšre que ce gĂąteau ravira vos papilles autant que les miennes.
En attendant notre prochain rendez-vous, rĂ©galez-vous et dites-moi quel est votre gĂąteau prĂ©fĂ©rĂ© ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait !


Sources :
Recette : inspirée par culture-crunch.com
Origine du mille-feuille : devenirpatissier.fr
Vidéo : devenirpatissier.fr
Images : collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… La Teurgoule…

Collection personnelle

En ce dĂ©but d’annĂ©e, Ma Cuisine Ancestrale vient Ă  la rescousse de tous ceux qui ont le moral dans les chaussettes et leur propose une recette rĂ©gressive Ă  souhait… une recette « doudou » qui a le pouvoir de nous ramener en enfance (c’est mon cas) et de nous faire oublier, le temps de sa dĂ©gustation, la morositĂ© ambiante.

Suivez-moi au pays d’Auge pour y dĂ©couvrir un dessert au nom Ă©trange, la Teurgoule, dont l’histoire remonte au XVIIIe siĂšcle.

En ce temps-lĂ , la Normandie Ă©tait une rĂ©gion cĂ©rĂ©aliĂšre. La population se nourrissait essentiellement de bouillies Ă  base de blĂ©, d’orge, d’avoine ou de sarrasin.
Mais, la mĂ©tĂ©o capricieuse (on ne parlait pas encore de rĂ©chauffement climatique) influençait ce que nos ancĂȘtres mettaient dans leur assiettes.
Parfois, la disette s’installait et ce ne sont pas les processions religieuses et encore moins l’interdiction de la libre circulation des grains d’une rĂ©gion Ă  l’autre qui arrangeaient les choses.


En 1757, lors d’une crise alimentaire sĂ©vĂšre, il a fallu faire face au dĂ©ficit des vivres pour Ă©viter les rĂ©voltes frumentaires et les Ă©meutes consĂ©quentes dues Ă  la disette.
C’est alors que François-Jean ORCEAU DE FONTETTE (1718-1794), Intendant de la GĂ©nĂ©ralitĂ© de Caen est intervenu en faveur des plus pauvres.

Depuis 1756, le royaume était en guerre contre les anglais ; une guerre qui a duré 7 ans (1756-1763).
En mer, les corsaires normands faisaient la chasse aux navires marchands ennemis. Les briks anglais capturés étaient délestés de leurs denrées provenant des
Indes et du Nouveau-Monde : cannelle de Ceylan, riz de Caroline, sucre de Virginie, etc…
François-Jean ORCEAU DE FONTETTE eut l’idĂ©e de racheter ou de confisquer les cargaisons de riz dĂ©robĂ©es pour palier au manque de nourriture.
Dans la Généralité de Caen, une grande campagne a, alors, commencé pour faire accepter cette denrée exotique.
Les cuisines de l’Intendant ont servi de laboratoire pour accommoder le riz. On y a mis au point une bouillie parfumĂ©e avec des Ă©pices. Les recettes et les mĂ©thodes Ă©taient diversifiĂ©es et elles Ă©taient, ensuite, placardĂ©es. Les curĂ©s, responsables des paroisses, Ă©taient chargĂ©s de distribuer le riz et ses recettes.

Mais d’oĂč vient le nom Ă©trange de Teurgoule?
En normand, la goule, c’est la gueule, la bouche… Avoir de la goule, c’est ĂȘtre gourmand et Ă  part la terrinĂ©e qui renvoie au mode de cuisson, il existe moult synonymes : teurgoule, tourgoule, torgoule, tergoule… mais, toujours avec la goule

Le terme pourrait signifier « qui tord la bouche » ou « qui fait faire la grimace »… parce que nos ancĂȘtres se prĂ©cipitaient pour avaler cette bouillie trop chaude ou trop roborative, parce que les grains de riz n’avaient pas atteint l’onctuositĂ© des grains d’aujourd’hui ou parce que la cannelle retournait la bouche Ă  cause de sa saveur jusque lĂ  inconnue…
Quelque soit la raison, ce dessert a su marier le bon lait normand, le riz et la cannelle et a su s’implanter, particuliĂšrement dans le Calvados, et il fait aujourd’hui partie du patrimoine normand.

Création personnelle Canva
Collection personnelle

Autrefois, la teurgoule était cuite dans le four des boulangers aprÚs la fournée. Elle mijotait ainsi pendant plusieurs heures sur le reste des braises.

Note : J’ai fait cuire ma terrine Ă  160°
On peut remplacer la cannelle par de la vanille en poudre, du chocolat, du caramel ou encore du Calvados.

Si vous avez de la goule, sachez que la Teurgoule est encore meilleure accompagnĂ©e d’une tranche de Fallue (cliquez pour dĂ©couvrir la recette)

J’espĂšre que cette recette rĂ©confortante vous mettra du baume au coeur en attendant les jours meilleurs.
Et d’ici, notre prochain rendez-vous, rĂ©galez-vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait 😉



Sources:
Origine : La Teurgoule, une histoire de corsaires – Annie de GERY
Recette : ConfrĂ©rie de la Teurgoule et de la Fallue en Normandie – Honfleur
Images : Collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Le cugneux…

Ho, Ho… NoĂ«l approche ! Et en dĂ©cembre, Ma cuisine ancestrale fait une excursion dans l’Est de la France, en Franche-ComtĂ©.
RĂ©gion forestiĂšre, l’arbre y est roi et je soupçonne le PĂšre NoĂ«l d’y avoir installĂ© ses ateliers avec ses lutins puisque de nombreux chantourneurs y fabriquent des jouets en bois pour gĂąter les enfants sages.

A l’approche des fĂȘtes de fin d’annĂ©e, quel plaisir de se rĂ©fugier dans les traditions hĂ©ritĂ©es de nos aĂŻeux en faisant appel aux souvenirs de famille.
C’est aussi un moment privilĂ©giĂ© pour se retrouver et rĂ©aliser les recettes d’autrefois.
Parmi ces derniÚres, en Franche-Comté, se trouve une coutume ancienne, le Cugneux ou Quigneu, une brioche que les parrains et marraines offraient à leur filleul(le) le jour de Noël et dans laquelle, ils cachaient une piÚce de monnaie.
Le nom, la forme et les recettes changent selon les villages : Quignieu, Quegneu, Quigneu ou encore Ramin en d’autres lieux.
Plus au nord, la forme n’est pas sans rappeler un nouveau-nĂ© emmaillotĂ© dans ses langes telle la Coquille en Picardie.
La dĂ©gustation de ce Cugneux  empli de fruits secs, figure la manducation eucharistique (communion) de l’enfant JĂ©sus.

Sans transition, voici la recette empruntée à Mémé Suzanne, habitante de Giromagny (90) :

Création Canva

Notes :
Avec les quantitĂ©s renseignĂ©es sur la recette, j’ai rĂ©alisĂ© deux brioches et j’ai laissĂ© levĂ© la pĂąte deux fois une heure.

Je vous souhaite de trĂšs belles fĂȘtes de fin d’annĂ©e et d’ici notre prochain rendez-vous, rĂ©galez-vous ! Moi, c’est dĂ©jĂ  fait 😋



Sources :
Recette et origine : giromagny.fr – semaineovert.fr
Photos : collection personnelle