#Geneatheme… Les enfants nés hors mariage…

En juin, Geneatech nous propose de raconter les enfants nés hors mariage dans nos arbres.

Dans la généalogie de Mr, ses ancêtres se sont pliés aux règles sociétales et semblent avoir respecté l’ordre mariage puis naissances.

Dans ma généalogie, certains dans ma lignée maternelle étaient moins soumis aux principes.

Si, Maman, si…
Si, Maman, si…
Maman, toi qui ne concevais pas que l’on puisse faire des enfants hors mariage…

Et bien, Maman, si tu savais …
Tes ancêtres ont fêté Pâques avant les Rameaux sur quatre générations...

Commençons par Louise Marie Elisabeth MORIN, ton Sosa 3 :
Sa mère, Zéphirine Pauline FOUQUES, n’a que 17 ans lorsqu’elle l’a met au monde, le 3 janvier 1887 à May sur Orne (Calvados).
C’est elle qui déclare sa fille à la mairie en présence de deux témoins, deux jours plus tard.
Zéphirine Pauline, 19 ans épouse François Marie MORIN, 25 ans, le 16 février 1889, deux ans plus tard.
Il légitime Louise Marie Elisabeth comme étant sa fille. Elle est l’ainée de cinq enfants.

Zéphirine FOUQUES, ta grand-mère maternelle, a été également conçue avant le mariage de ses parents.
Elle est née le 12 septembre 1869 à May-Sur-Orne alors que Ferdinand Alphonse Henri FOUQUES & Maria Joséphina Alberta Apollonia Valentina JEANNE, deux jouvenceaux de 19 et 18 ans, se marient le 10 mars de la même année.
Zéphirine Pauline est l’aînée de six enfants.

Ferdinand Alphonse Henri FOUQUES est né le 27 septembre 1849 dans la maison de son père, Alphonse Adolphe Aimé FOUQUES qui l’a reconnu à sa naissance mais légitimé le 28 janvier 1851, lors de son mariage avec Zéphirine Antoinette BRIERE. Ils avaient tous deux 22 ans.
Un second fils, Achille Auguste Alphonse, naît le 19 mars 1851, deux mois après leur union. Il décède le 29 avril 1853.
Louis François Achille nait en 1855 et décède en 1860.

Alphonse Adolphe Aimé FOUQUES est né le 31 janvier 1828 à Mondeville (14) et ses parents, Jacques Aimé Marie FOUQUES, 23 ans et Clémence EUPHEMIE, 20 ans se sont mariés le 6 mars 1828.
Ils en profitent pour légitimer trois enfants :
Hélène Rosalie Bazile, sa naissance est déclarée par Julienne DUBOIS, sage-femme, veuve de Germain SAVILLE… de père et de mère inconnus, le 23 mai 1824.
Clémence, sa mère, est orpheline et n’a que 16 ans.
Jacques Alexandre né le 28 aout 1825 à Caen.
et Alphonse Adolphe Aimé.
Quatre autres enfants viennent agrandir la fratrie.

Jacques Aimé Marie est né le 29 avril 1804. Il est le cinquième d’une fratrie de sept enfants. Ses parents, Jean-Jacques FOUQUES et Marie Françoise LESIEUR se sont mariés en 1790 âgés de 24 et 18 ans.
Leur premier enfant naît deux plus tard en 1792… L’honneur est sauf !

Si, Maman, si…
Je souris en écrivant ces lignes
Maman… ils étaient si jeunes , ils ne savaient pas !

Cliquez sur l’image

Sources : A.D Calvados May sur orne et Mondeville

#MaCuisineAncestrale… La Teurgoule…

Collection personnelle

En ce début d’année, Ma Cuisine Ancestrale vient à la rescousse de tous ceux qui ont le moral dans les chaussettes et leur propose une recette régressive à souhait… une recette « doudou » qui a le pouvoir de nous ramener en enfance (c’est mon cas) et de nous faire oublier, le temps de sa dégustation, la morosité ambiante.

Suivez-moi au pays d’Auge pour y découvrir un dessert au nom étrange, la Teurgoule, dont l’histoire remonte au XVIIIe siècle.

En ce temps-là, la Normandie était une région céréalière. La population se nourrissait essentiellement de bouillies à base de blé, d’orge, d’avoine ou de sarrasin.
Mais, la météo capricieuse (on ne parlait pas encore de réchauffement climatique) influençait ce que nos ancêtres mettaient dans leur assiettes.
Parfois, la disette s’installait et ce ne sont pas les processions religieuses et encore moins l’interdiction de la libre circulation des grains d’une région à l’autre qui arrangeaient les choses.


En 1757, lors d’une crise alimentaire sévère, il a fallu faire face au déficit des vivres pour éviter les révoltes frumentaires et les émeutes conséquentes dues à la disette.
C’est alors que François-Jean ORCEAU DE FONTETTE (1718-1794), Intendant de la Généralité de Caen est intervenu en faveur des plus pauvres.

Depuis 1756, le royaume était en guerre contre les anglais ; une guerre qui a duré 7 ans (1756-1763).
En mer, les corsaires normands faisaient la chasse aux navires marchands ennemis. Les briks anglais capturés étaient délestés de leurs denrées provenant des
Indes et du Nouveau-Monde : cannelle de Ceylan, riz de Caroline, sucre de Virginie, etc…
François-Jean ORCEAU DE FONTETTE eut l’idée de racheter ou de confisquer les cargaisons de riz dérobées pour palier au manque de nourriture.
Dans la Généralité de Caen, une grande campagne a, alors, commencé pour faire accepter cette denrée exotique.
Les cuisines de l’Intendant ont servi de laboratoire pour accommoder le riz. On y a mis au point une bouillie parfumée avec des épices. Les recettes et les méthodes étaient diversifiées et elles étaient, ensuite, placardées. Les curés, responsables des paroisses, étaient chargés de distribuer le riz et ses recettes.

Mais d’où vient le nom étrange de Teurgoule?
En normand, la goule, c’est la gueule, la bouche… Avoir de la goule, c’est être gourmand et à part la terrinée qui renvoie au mode de cuisson, il existe moult synonymes : teurgoule, tourgoule, torgoule, tergoule… mais, toujours avec la goule

Le terme pourrait signifier « qui tord la bouche » ou « qui fait faire la grimace »… parce que nos ancêtres se précipitaient pour avaler cette bouillie trop chaude ou trop roborative, parce que les grains de riz n’avaient pas atteint l’onctuosité des grains d’aujourd’hui ou parce que la cannelle retournait la bouche à cause de sa saveur jusque là inconnue…
Quelque soit la raison, ce dessert a su marier le bon lait normand, le riz et la cannelle et a su s’implanter, particulièrement dans le Calvados, et il fait aujourd’hui partie du patrimoine normand.

Création personnelle Canva
Collection personnelle

Autrefois, la teurgoule était cuite dans le four des boulangers après la fournée. Elle mijotait ainsi pendant plusieurs heures sur le reste des braises.

Note : J’ai fait cuire ma terrine à 160°
On peut remplacer la cannelle par de la vanille en poudre, du chocolat, du caramel ou encore du Calvados.

Si vous avez de la goule, sachez que la Teurgoule est encore meilleure accompagnée d’une tranche de Fallue (cliquez pour découvrir la recette)

J’espère que cette recette réconfortante vous mettra du baume au coeur en attendant les jours meilleurs.
Et d’ici, notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait 😉



Sources:
Origine : La Teurgoule, une histoire de corsaires – Annie de GERY
Recette : Confrérie de la Teurgoule et de la Fallue en Normandie – Honfleur
Images : Collection personnelle

#Geneatheme… Histoires d’argent…

L’argent, on peut en parler dans divers actes notariés (contrats de mariage, testaments, héritages, ventes…) ou encore dans les tables de successions et d’absences. Certains ancêtres ont pu avoir des déconvenues ou des démêlés avec la justice ! Auquel cas nous pouvons en avoir des traces dans les archives judiciaires bien entendu, mais aussi dans la presse, ou une indication dans les fiches matricules.

Mais l’argent, c’est peut-être aussi cette pièce de monnaie qui vous a été transmise ?

Les faits relatés ici, sont indirectement liés, à mes Sosa 202 & 203, François HALBOUT, marchand & Anne DUGUE.
Je connais sept enfants à ce couple, dont Jean-Baptiste, leur fils aîné qui a épousé Anne de GRAINDORGE, le 10 février 1753, à Sainte-Opportune dans l’Orne.
Anne appartient à la petite noblesse. Son père, Charles de GRAINDORGE, Sieur de Marville, fut écuyer comme plusieurs de ses ancêtres.
Il a épousé Barbe DUVAL DE SOURVILLE, le 23 avril 1716, à Sainte-Opportune et le couple a engendré une dizaine d’enfants.
Parmi cette fratrie, outre Anne, se trouve également Charles Victor de GRAINDORGE.

Carte Google Maps : Lignières-Orgères (53)- Briouze(61)- X marque le lieu de Ste-Opportune(61)

A 22 ans, Charles-Victor épouse Anne-Françoise ROBIDAIRE, le 11 septembre 1759, à Lignières-La-Doucelle (aujourd’hui Lignières-Orgères) dans le département de la Mayenne (53). Il est orphelin et a hérité du titre de son père.

Charles-Victor et Anne-Françoise ne semblent pas avoir eu de descendance et leur union fut tumultueuse à en croire mes découvertes.

Leurs différents débutent peu après le mariage, en 1760 :
— plainte de Charles-Victor de Graindorge, écuyer, sieur de Marville, contre ceux qui recevaient sa femme chez eux malgré ses défenses et qui achetaient à cette dernière le mobilier qu’elle vendait au préjudice de son mari ; demande de monitoire contre ces personnes.

Note :
Monitoire : Le monitoire oblige les personnes qui ont quelques connaissances des faits, qui ont vu, qui ont entendu dire, de les révéler sous peine « d’être excommunié et retranché des fidèles« . C’est une injonction à parler qui émane de l’autorité diocésaine. Elle prend la forme d’un placard lu au prône, et affiché à la porte de l’église trois dimanches consécutifs.

(Source : http://jeanmichel.guyon.free.fr/)

Les années passent et Charles-Victor décède à 50 ans. Il est inhumé, le 28 avril 1781, à Briouze dans l’Orne.
Le 8 mai 1781, un inventaire après décès est établi à Lignères-La-Doucelle et Anne-Françoise revendique l’héritage de son époux contre l’avis des frères et sœurs de Charles-Victor.
L’inventaire contient 25 pages et tous les biens et avoirs de Charles-Victor sont passés au crible.

Source Généanet : Durcet (Orne, France) | AD61 28Bp3h –

La justice est saisie :
— apposition de scellés, après décès, au domicile de Charles-Victor de Graindorge,
écuyer, sieur de Marville ; renonciation d’Anne-Françoise Robidaire, sa veuve, à sa succession
.

Mais, Anne-Françoise fait appel et en 1782 :
— renonciations de Jean Halbout, mari d’Anne de Graindorge ; de Marie de Graindorge, veuve de Jean Le Mancel ; d’Anne-Françoise de Graindorge, veuve de Michel Leroux du Gerbier ; de Jacques-Sébastien Bernard, mari de Charlotte-Anne-Françoise de Graindorge, à la succession de Charles-Victor de Graindorge, écuyer, sieur de Marville.

Le dénouement de cette affaire arrive en 1784 :
procédures et sentences relatives à des contestations civiles entre la
veuve de Charles de Graindorge et les héritiers de son mari ; vente des meubles de la succession de ce dernier
.

Note :
Procédures et sentences relatives à des contestations civiles : Sous l’Ancien Régime, la procédure dans les affaires civiles est orale.

Le procès civil est une sorte de comédie-ballet : demandeur, défendeur, procureurs, avocats, greffiers, huissiers, sergents…. Tout ce monde a sa place assignée, ses morceaux d’éloquence, ses coups de théâtre, son dénouement à étapes et ses rebondissements.
La violence domestiquée par le droit est parfois violente : on ne tue pas, ni ne blesse mais on ruine, on fait vendre aux enchères meubles et seigneurie et, plus grave, on tourne en ridicule.

(Source : Dictionnaire de l’Ancien Régime-sous la direction de Lucien BELY)

Malheureusement, l’histoire ne dit pas qui de la veuve de Charles-Victor ou de sa belle-famille a gagné et/ou qui a été tourné en ridicule.
Mais, ce récit démontre les mentalités du 18e siècle !


Sources:
Bibliothèque Geneanet : Source :https://www.geneanet.org/archives/livres/42370/450?name=de+GRAINDORGE+de+MARVILLE&with_variantes=0

A.D Mayenne : Inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790-V.01-Mayenne
A.D Orne

#Geneatheme… Les naissances multiples n°1…

Le premier avril voit refleurir les généathèmes initialement créés par Sophie BOUDAREL de la Gazette des ancêtres et relancés par la communauté Généatech. J’avoue que ce poisson n’est pas pour me déplaire.
Et pour cette reprise, le propos choisi concerne les naissances multiples chez nos ancêtres.

Jacques GELIS, historien anthropologue spécialiste de la naissance dans les sociétés d’Europe Occidentale pour restituer les conditions des couches et l’accueil de l’enfant en milieu traditionnel, indique :

« On a toujours été fasciné par les naissances multiples. Qu’une femme puisse donné le jour à plusieurs enfants en une couche, interpelle toute société, toute culture. »

« Fascination, envie, étonnement, inquiétude… les grossesses gémellaires ne laissent pas indifférent.
Oscillant entre le merveilleux et le monstrueux, la naissance de jumeaux suscite à la fois crainte et désir.

Autrefois, son aspect redoutable était souvent interprété comme le signe de la culpabilité de la femme, la double grossesse étant la juste punition de sa conduite ou de ses propos.
La mortalité maternelle et infantile élevée ainsi que les difficultés à nourrir et à assumer la charge supplémentaire des enfants venaient également assombrir l’image de ces naissances.
« 

Punition, culpabilité, injustice, charge supplémentaire… Quel cruel mélange de sentiments ont supporté nos ancêtres lors d’accouchement de jumeaux et plus…
Souffrance physique et morale, rien ne leur était épargné.

Dans mon arbre, j’ai recensé cinq naissances gémellaires (trois dans mon ascendance paternelle et deux dans mon ascendance maternelle) et une naissance de triplés, le tout entre 1722 et 1791.

Le 25/01/1728, à Laon, paroisse de Vaux (Aisne), sont nées Marie-Catherine et
Marie-Charlotte CARLIER. Elles sont les seconde et troisième des quatre enfants du couple Jean CARLIER, berger & Marie Simone MAIGRET, Sosa 180 et 181.
-Marie-Catherine décède à l’âge de deux mois, le 10/3/1728.
-J’ignore ce qu’il est advenu de Marie-Charlotte car je n’ai trouvé aucun acte la concernant.

A.D Aisne LAON 5Mi0072 – 1711 1746 Page 157/348

Le 09/03/1738 à Gercy (Aisne) sont nées et ont été baptisées Marie-Anne et Marie-Hélène DEPARNAY. Elles sont les troisième et quatrième des cinq enfants de Pierre DEPARNAY, meunier & Antoinette CHAUFFOUREAU, Sosa 134 et 135.
-Marie-Hélène est mon Sosa 67. Elle épouse Louis Nicolas VRAINE, Sosa 66, tisserand, le 27/01/1761 à Rogny (Aisne). Elle mettra au monde 11 enfants dont 7 mourront en bas âge. Elle décède, à son tour, le 01/02/1783, à l’âge de 44ans, à Rogny (Aisne)
-J’ignore ce qu’il est advenu de Marie-Anne car je n’ai trouvé aucun acte la concernant.

A D Aisne GERCY 5Mi0788 1715-1756 page 95

Le 14/06/1791 à Athies-sous-Laon (Aisne) sont nées Marguerite et Marie-Barbe MEREAUX. Elles sont les première et seconde des onze enfants de Jean-Louis MEREAUX, cordier en til & Marie Marguerite Antoinette CARLIER, Sosa 44 et 45.
J’ignore ce qu’elles sont devenues.

A D Aisne ATHIES SOUS LAON 5Mi0093 – 1791 An IV Page 6 – Etat civil reconstitué

Le 06/05/1758 à Proussy (Calvados) sont nées Anne et Jeanne CHENEVIERE et ont été baptisées le lendemain.
Elles sont les seconde et troisième des cinq enfants de Louis CHENEVIERE & Magdelaine LAUTOUR, Sosa 98 et 99.
– Anne est mon Sosa 49. Elle a épousé Edmond BERTHAULT, Sosa 48, le 17/02/1789. Il avait 19 ans et elle 30 ans. Je leur connais quatre enfants.
Anne est décédée, le 19/05/1831 à St-Denis-de-Méré (14), âgée de 73 ans.
– Jeanne est décédée le 13/06/1759 à l’âge de 13 mois.

A.D Calvados PROUSSY 1737-1791 page 175

Le 28/06/1755 à Ploujean (Finistère) sont baptisés Catherine et Jean LE LAVIEC,
derniers nés des neufs enfants de Jean LE LAVIEC & Barbe STEUN, Sosa 462 et 463. (Source Cercle.Généalogique.Finistère)
-Jean épouse Françoise MORVAN, le 14/01/1779, à Ploujean. Il décède le 06/11/1817 à 67 ans (Source C.G.F).
-Catherine épouse Jean GUEZENNEC, le 08/07/1782 à Ploujean. (Source C.G.F).

Pour terminer, voici la naissance et le décès de triplés :
Le 06/01/1722, à Ploujean (29), sont nés et ont été baptisés avant leur décès le même jour :
Pierre SALIOU, premier né
Marie SALIOU, seconde née
-Jacquette SALIOU, troisième née.
Ils sont les dixième, onzième et douzième des quatorze enfants de Jean SALIOU & Izabelle BOLIVEN, Sosa 922 et 923 (Source C.G.F).

Si je me réfère aux écrits de Jacques GELIS, mes aïeules ont été moins coupables par la suite, puisque je n’ai plus trouvé de naissances multiples dans mon arbre.
Le prochain billet sera consacré aux naissances gémellaires dans la généalogie de Mr.


Sources :
*Gélis, J. 1991. « Deux enfants d’une même ventrée. Introduction à l’histoire des naissances gémellaires », dans E. Papiernik-Berkauer et J.-C. Pons (sous la direction de), Les grossesses multiples, Paris, Doin, p. 367-375.
*https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2007-1-page-10.htm

#MaCuisineAncestrale… Les sablés de Caen…

Collection personnelle

Après un début d’année riche en émotions suite à l’invitation de Geneatech à réaliser une vidéo gourmande, #MaCuisineAncestrale continue ses pérégrinations culinaires et vous propose sa recette de mars.

Nous partons en Normandie pour réaliser des sablés… les fameux sablés de Caen.
Cousins des sablés d’Asnelles et de Bayeux, ces biscuits avaient la particularité, autrefois, d’être confectionnés avec des jaunes d’œufs cuits durs et aromatisés avec du Calvados.
Pour la petite histoire, Masson de Saint-Amand, une figure politique du cru, déclarait, en 1828, que parmi ses desserts, figurait le « gâteau sablé d’Alençon ».
Masson explique qu’il s’agit d’une « espèce de pâtisserie assez recherchée, et qui s’émiette comme du sable quand on la mange. Elle se compose d’un tiers de beurre, un tiers de farine, un tiers de sucre ».

Vers 1870, Littré  inclut le mot « sablé » dans son dictionnaire où il le définit comme « nom d’une sorte de gâteau en Normandie».

Voici la recette pour réaliser les sablés de Caen :

Composition CANVA

Pour moi, ces sablés ont un goût d’enfance… ceux que je dévorais lors de mes vacances sur la Côte de Nacre.
Allez, je vous quitte car il est l’heure du goûter, mais retrouvons-nous en Avril.
D’ici là, régalez-vous, moi, c’est déjà fait !




Sources :
Origine du sablé normand : wikipédia.org
Recette : normandie-héritage.com et odélices.ouest-france.fr

Images : Collection personnelle

Un conte de Noël…

Image libre de droit -Pixabay.com

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature, généalogie et rencontres improbables avec nos ancêtres.

Il était une fois… en Normandie dans le village de Tournebu…

C’est la veillée de Noël dans la maison de Jacques et Renée (Sosa 2012 et 2013).
Le feu crépite dans la cheminée. les flammes dansent et scintillent telles des étoiles.
Petits et grands sont blottis autour de l’âtre… Un vieil homme, à la barbe blanche, raconte une histoire transmise depuis la nuit des temps… l’histoire d’un enfant né dans une étable et de trois mages venus le célébrer !

La voix du vieillard raisonne dans la maison silencieuse… Dehors, seul, le vent lui répond de temps en temps tandis que la neige étend son manteau blanc.

L’auditoire recueilli écoute religieusement… les minutes s’égrainent lentement… Minuit va bientôt sonner… Alors, il sera l’heure pour la maisonnée de fêter la naissance de l’enfant roi !

Cette histoire se répète inexorablement depuis plus de deux mille ans.
Et parfois, la magie de Noël fait que le conte et la réalité se confondent l’un et l’autre…

Le dimanche 25 décembre 1695, Nicolas (Sosa 1006) et Jeanne, les enfants de Jacques et Renée accompagnent leur père à l’église.
Jacques porte un précieux présent dans le creux de ses bras…
C’est un bébé… un fils né avec les premières lueurs de ce jour de joie.

François est baptisé le jour même en présence de François JEANNE et Marie LIEGARD, ses parrain et marraine.

Mon conte de Noël s’achève avec ce dernier détail : mon ancêtre se nommait DIEULAFAIT … (et ça, je ne l’ai pas inventé !)

Acte de baptême de François DIEULAFAIT – A.D Calvados – Tournebu – 1692-1792 – Page 29


Descendance de Jacques DIEULAFAIT jusqu’à moi

C’est l’histoire de la vie
Le cycle éternel
Qu’un enfant béni
Rend immortel…

Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année ! Prenez soin de vous et de tous ceux que vous aimez !

Où est l’acte de décès de Maria ?

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature, généalogie et rencontres improbables avec nos ancêtres…

Ce matin, je me réveille fatiguée… La nuit fut mouvementée !

Tout a commencé hier soir alors que je cherchais un acte de décès.

Ma quête a duré toute la soirée jusque tard dans la nuit… Me suis-je endormie devant l’ordinateur, je ne saurai le dire précisément…
Toujours est-il qu’à mon réveil, je me suis retrouvée au milieu d’un décor surréaliste et baroque…
Imaginez une immense bibliothèque aussi grande qu’une cathédrale. Les murs sont recouverts d’étagères du sol au plafond et une multitude d’échelles y sont adossées. Sur les étagères, des registres poussiéreux défilent, entrent et sortent sur des rythmes cadencés !

Au milieu de ce tohu-bohu, j’entends des murmures venus d’ailleurs : des babillements de nouveaux-nés, des cris de joie et des « Vive les mariés », des plaintes et des pleurs autour de ceux qui disparaissent !
Imperturbables, les registres des tables décennales surveillent les va-et-vient et enregistrent scrupuleusement chaque événement.

L’un d’eux particulièrement défraîchi et usé par le temps m’aperçoit et s’approche en claudiquant. Sa couverture couleur cramoisie part en lambeaux, une toile d’araignée lui sert de couvre-chef… Il marmonne à travers une moustache composée de fils cotonneux et de débris et me demande ce que je fais parmi eux !

– J’ignore comment je suis arrivée là !… Voilà des mois, pour ne pas dire des années que je cherche l’acte de décès de mon aïeule, me plaignis-je ! Pouvez-vous m’aider ?

Il me répond d’une voix rauque :
– Crois-tu que nous n’avons que cela à faire ? Vous autres, les généalogistes, êtes toujours à la « recherche de »… Si nous devons faire le travail à votre place, où allons-nous ?… lance-t’il en expulsant un nuage de poussière et en tenant ses pages décousues !

Mais, ne vous fâchez pas, enchéris-je ! Vous êtes les mieux placés pour me répondre ! Sinon à quoi, servez-vous ?

A quoi, servons-nous ? Elle est bien bonne, celle-là, vocifère t-il ! Notre travail est d’enregistrer et non de chercher ! C’est à toi de chercher et si tu es incapable de le faire… Fiche le camp d’ici, tu nous fais perdre notre temps !

Etes-vous toujours aussi bougon ? dis-je un rien moqueuse… Je pensais naïvement que vous étiez bien aise que les généalogistes, consultent vos pages jaunies et vous évitent ainsi l’oubli !

– Argh…! Que veux-tu exactement ?

– Ah, voilà qui est mieux ! Je ne trouve pas l’acte de décès de Maria Joséphina Alberta Appolonia Valentina JEANNE, mon Sosa 31…
Il doit bien se trouver quelque part dans tous ces registres !

Dois-je vous rappeler qu’elle est née le 20 mars 1850, à May-sur-Orne dans le Calvados, de François Exupère et de Victoire LAQUAINE, ses parents.
Le 10 mars 1869, à 18 ans, orpheline de père et de mère, elle épouse Ferdinand Alphonse « Henri » FOUQUES, un carrier. Ils ont six enfants.
Henri décède le 5 mars 1885 à May-sur-Orne à l’âge de 35 ans.
En novembre 1886, Maria accouche d’une petite fille née d’un père inconnu. L’enfant ne vit pas et décède en janvier 1887.
Le 26 août 1903, elle épouse, en secondes noces, Auguste Honoré LEBOUCHER, à Fontenay-le-Marmion, une commune limitrophe de May.
Auguste disparaît, à son tour, le 9 janvier 1907 à Fontenay-le Marmion. Maria a alors 57 ans et signe l’acte de décès.
A partir de là, j’ignore ce qu’elle est devenue…


J’ai consulté les tables décennales de May et de Fontenay en ligne jusqu’en 1942. A cette date, Maria aurait eu 92 ans… Je n’ai rien trouvé.
J’ai regardé également les registres de Caen pensant qu’elle était peut-être décédée à l’Hôtel-Dieu… Là encore, je n’ai rien trouvé.
J’ai envoyé un courriel à la mairie de May mais, je n’ai pas eu de réponse.
J’ai également consulté les recensements de population sans succès.


– As-tu suivi la piste des enfants, peste t-il ?

– Oui, bien sûr !
Sur ses 6 enfants :
– Trois sont décédés avant 1907, date à laquelle je perds sa trace.
– Un quatrième meurt en 1914 à Saint-Rémy sur Orne . L’acte de décès précise qu’il ignore ce qu’est devenu la mère.
– Deux autres ont émigré dans les Côtes d’Armor, l’un vers 1892 à Pléherel et le second après 1904 à Goudelin (date de décès de sa première épouse à Fontenay le Marmion). Les tables décennales en ligne s’arrêtent en 1905.


Maria semble s’être volatilisée, à moins qu’elle ait vécu à un âge très avancé auquel cas les archives ne sont pas encore accessibles sur la toile.

– Comment veux-tu que je le sache ! Je ne suis pas devin ! As-tu demandé à tes amis « généablogueurs » s’ils avaient des suggestions à te soumettre pour rechercher l’acte de décès de ton ancêtre… Après tout, vous êtes connectés toute la journée, ils peuvent sans doute t’aider !

– Rrro… Non, je n’ai rien demandé… Dites, l’amabilité n’est pas votre première qualité !

– Je te rappelle que toutes les archives ne sont pas « en ligne » comme tu dis ! Il faut aussi se déplacer pour chercher parmi tous les documents mis à votre disposition
.
Je t’autorise à consulter les registres mais, je te le répète, ne compte pas sur nous… Tu dois chercher seule ! Après tout, c’est ton travail !

J’ai compris le message, répondis-je, contrariée…

C’est ainsi que j’ai passé la nuit à chercher l’acte de décès de Maria… sans
succès !
Ne pouvant espérer aucune aide de la part de Monsieur Grincheux… avez-vous des idées à me proposer pour m’aider à trouver l’acte de décès de
Maria ?…
En attendant, excusez-moi mais, je vais dormir, ce #RDVAncestral m’a
épuisée

EPILOGUE :

Hier après-midi, le billet de ce #RDVAncestral a reçu une fin heureuse puisque l’acte de décès de Maria a été trouvé.
Tard dans la soirée, je décidais donc de retourner rendre visite à Monsieur Grincheux en appliquant le même principe que la veille…

Il était, là, à son poste, l’air plus renfrogné que jamais…

-Encore toi, cria t-il, que fais-tu ici puisque tu n’as rien trouvé hier ?

Effectivement, je n’ai rien trouvé mais, Marielle, elle, a trouvé. je tenais à vous en faire part afin de mettre vos archives à jour !

Il ironisa :
Ah, tu vas nous apprendre à faire notre travail, maintenant ! Nos archives sont à jour que je sache !
Qui est cette Marielle ? Est-ce l’auteure DE PEN HARDEN A PEN BIZIEN… Celle qui voit et qui parle avec ses ancêtres !

Il commençait à me chauffer les oreilles, Grincheux…

En quoi cela vous dérange t-il que Marielle parle avec ses ancêtres ? Après tout, que faisons-nous, actuellement… Et vous, vous n’avez rien d’humain… toc…

Je continuais ma phrase sans lui laisser le temps de rétorquer…

Et bien, Marielle a trouvé l’acte de décès de Maria grâce aux relevés du Centre Généalogique des Côtes d’Armor.
Mon ancêtre est décédée à Dinan (22), le 04/04/1922 à l’âge de 72 ans.

Je suppose que veuve, elle a suivi Léopold Adrien Louis, son dernier fils vivant, veuf également, lorsque ce dernier a quitté la Normandie pour émigrer vers la Bretagne.
Seriez-vous assez aimable de bien vouloir en prendre note, au cas où d’autres descendants viendraient vous poser la question ? dis-je avec un sourire enjôleur !

Il ouvrit la bouche et avala la poussière qui lui servait de houppelande…

Finalement, vous me plaisez bien, toi et tes amis ! avoua t-il, radouci… Vous êtes une belle communauté… Grâce à vous, effectivement, toute cette bibliothèque vit ou revit de belles histoires familiales…

Mais, il y a un cœur qui bat sous cette couverture, pensais-je ! Il m’a émue le vieux bourru !

– Je dois vous quitter, répondis-je mais, si vous le voulez bien, je reviendrai vous voir pour d’autres recherches !

Merci à vous et à Marielle !

C’est ainsi que se termine ce #RDVAncestral… A très vite pour d’autres aventures !


Sources :
Image : Grande Bibliothèque Clementinum de Prague
A.D Calvados

Cercle généalogique des Côtes d’Armor
















#MaCuisineAncestrale… Le gâteau aux cerises de Tante Vernon…

Il est revenu le temps des cerises… Et pour fêter cela, je vous emmène en Normandie, à Vernon dans l’Eure pour profiter de la douceur de vivre des bords de Seine.
Vernon célèbre les cerises chaque année fin mai, début juin avec une foire aux accents moyenâgeux.
Là-bas, on déguste le gâteau aux cerises de Tante Vernon !
Un gâteau idéal pour la fête des mères… J’en profite pour leur souhaiter une bonne fête en ce dimanche 💖

Pour réaliser cet excellent gâteau aux cerises :

Composition CANVA

Un proverbe dit :
– « Si toute l’année, il y avait des cerises, Messieurs les médecins n’iraient plus qu’en chemise. »

Et qu’il ferait bon vivre à Vernon ou ailleurs !

Prenez soin de vous et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

Sources :
www.canal-gourmandises.fr
Photo : Collection personnelle


La blonde de Caen…

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature, généalogie et rencontres improbables avec nos ancêtres…
Et comme en mai, on fait ce qu’il nous plait, j’y mêle également le #Geneatheme du mois proposé par Sophie de la Gazette des Ancêtres, sur les métiers d’art…

Robe de mariée en blonde de Caen réalisée vers 1815
Source : Ouest-France

Covid-19 oblige, nous ne pouvons pas sortir sans être masqués… J’envisage de fabriquer mes propres masques en tissu en cherchant une idée originale pour les personnaliser.
Une solution m’est apparue lors d’un de mes vagabondages nocturnes…

Direction la Normandie, May-sur-Orne à quelques kilomètres au sud de Caen.

J’arrive devant la maison de Marie-Magdelaine TOUCHET, l’épouse de Jean-François JEANNE, carrier, mes Sosa 124 et 125.
Marie-Magdelaine a la cinquantaine bien sonnée. Elle m’accueille avec Honorine, la benjamine de la famille et toutes deux m’embrassent chaleureusement.
Honorine va convoler dans quelques mois et quitter le nid familial… Un jeune cordonnier, Pierre ROCANCOURT, lui a volé son cœur.
Colombe ORESME, l’épouse de Jacques, fils aîné de Marie-Magdelaine, Louise CINGAL et Victoire LAQUAINE, mon Sosa 63, futures belles-filles et futures belles-sœurs, sont également présentes et heureuses de me rencontrer.

Toutes cinq ont un point commun : elles sont dentellières.

Assises sur des bancs, leur carreaux à dentelle posé sur la table, elles se concentrent sur leur ouvrage…
Nous parlons chiffons et futures noces, le cliquetis des fuseaux répondant joyeusement à chaque parole…
Sous les doigts habiles, la Blonde de Caen prend vie doucement… C’est magnifique !

– Je suis venue vous voir car j’ai besoin de vos conseils !…

Je leur explique la situation sur le coronavirus et sur l’obligation de nous protéger en portant des masques… J’ai apporté un masque avec moi et je leur montre comment le porter.

– C’est affreux ! s’écrient-elles en chœur, épouvantées !

J’acquiesce et les rassure… Oui, ce masque n’est pas beau mais, en même temps, l’esthétisme n’est pas son rôle premier.

Victoire, ma future AAAAG.M, saisit le masque du bout des doigts.

Nous allons t’arranger cela ! Un peu de dentelle devrait suffire à embellir, cette étrange chose !

Quelques instants plus tard, mon masque est transformé en un gracieux élément très « couture » ! Je m’extasie devant leur dextérité !
J’ajuste, à nouveau, le masque sur mon nez et ma bouche.

– Tu vas faire merveille ! s’exclament-elles en éclatant de rire !

– Oui, certainement et je vais faire des envieuses ! répondis-je en pouffant à mon tour.

Je félicite Honorine, Louise et Victoire pour leur prochain mariage et leur souhaite tout le bonheur du monde.
Je leur explique qu’en 2020, les futurs mariés devront aussi porter un masque lors de la cérémonie… Oups !

Pourquoi ne pas fabriquer un masque spécial « future mariée  » tout en dentelle, lance Honorine, mi-sérieuse, mi-amusée ?
– C’est une idée à creuser ! Nous en reparlerons à ma prochaine visite
Oh, mais l’aube se lève… il est temps pour moi de vous quitter !

Je n’ose pas leur avouer que la mécanisation de la dentelle et surtout la Première Guerre Mondiale auront raison de la lumineuse Blonde de Caen. Les carreaux et les fuseaux seront relégués dans les placards.

Mon masque à la main, le vague à l’âme… je quitte la maison de Marie-Magdelaine, accompagnée par le tintement des fuseaux et par le bavardage de mes ancêtres.

Tout ceci, n’était qu’un rêve, évidement… Alors, je ne m’explique pas pourquoi, à mon réveil, j’ai trouvé un masque en dentelle sur ma table de nuit !

Vous ne me croyez pas ?

Collection personnelle

La généalogie nous entraînerait-elle dans la troisième dimension ?
Finalement, j’ai un masque personnalisé !… Hum…Revenons à la Blonde de Caen avec son histoire :

Caen,

Google-Book : Dictionnaire de la soie, Découvrir son histoire de ses origines jusqu’à nos jours – Jean-Jacques BOUCHER

Côté Généalogie, voici les protagonistes de l’histoire :

Marie-Magdelaine TOUCHET
(1788-1845)
I
Victoire LAQUAINE
(1825-1859)
I
Maria Josephina Albertina Appolonia Valentina JEANNE
(1850-?)
I
Zéphirine Pauline FOUQUES
(1869-1898)
I
Louise Marie Elisabeth MORIN
(1887-1937)
I
Maman
(1916-1990)
I
Moi

#Genealogie30… 30 questions pour connaître la vie d’un(e) ancêtre… (n°16 à 30)…

Nous arrivons à la moitié du challenge #Genealogie30 et je vous propose de découvrir, sur cette nouvelle page, les 15 prochaines questions/réponses sur la vie de Victor Emile BERTHAULT, mon Sosa 12.
Pour lire ou relire les 15 premières, cliquez ICI !

*Question 16 : Comment s’habillait-il ?

Image extraite du livre « Normandises » – Roger JOUET – Dessin de Miniac

En Normandie, au XVIIIe – XIXe siècle, les hommes portaient une chemise et une culotte de toile. Autour du cou, ils se nouaient un mouchoir de toile en guise de cravate.
Les guêtres en toile ou coutil protégeaient les bas et/ou les jambes pour ceux qui ne portaient pas de bas.
Les sabots de bois permettaient d’économiser les chaussures qui elles, étaient réservées aux jours de fête.
Enfin, un chapeau à bord en feutre de laine, abritait du soleil et de la pluie. Il se portait au dessus d’un bonnet de laine.

J’imagine que Victor Emile a surtout porté une blouse dénommée, en Normandie, « blaude » qui est le vêtement populaire de protection régional. Elle apparaît vers 1780 et se généralise vers 1815. Évoluant dans sa forme, elle perdure jusqu’en 1950. Elle se porte les jours de travail, mais également les jours de fêtes où elle s’orne de broderies au point de chaînette au col et aux poignets.
Chez les classes laborieuses, la blaude, de couleur noire ou bleue, était parfois, le seul vêtement porté sur un pantalon en siamoise (mélange de lin et de coton) à rayures.
A ce costume vient s’ajouter une casquette « à pont ». Portée en premier lieu par des citadins et des propriétaires ruraux fortunés, la casquette se popularise vers 1850 et devient le couvre-chef des ouvriers, des paysans et des matelots.
(Sources : Costume normand au XIXe siècle dans les collections du musée des Traditions et Arts normands)

*Question 17 : Combien a t-il eu d’enfants ?

Image gratuite : Freepik.com

Victor Emile et Marie Suzanne TOURRE, son épouse, ont eu six enfants :

-Marie Elise naît le 12/04/1875 à Saint-Pierre-du-Regard (61) soit neuf mois après le mariage de ses parents à Blida (Algérie)
Note : Sa mère est enceinte d’elle pour effectuer le voyage de retour de Blida à St-Pierre-du-regard.
Marie Elise décède, à Saint-Pierre, le 07/03/1880 à l’âge de 4 ans.
-Berthe Léonide, ouvrière en filature, tricoteuse, naît le 13/09/1876 à Saint-Pierre-du-Regard (61). Elle décède le 13/06/1960 à Fleury-sur-Orne (14) à l’âge de 83 ans.
Maria Augustine, ouvrière en filature, naît le 31/01/1879 à Saint-Pierre-du-Regard.
Jean Victor Albert, Sosa 6, ouvrier mineur-journalier, voit le jour à Saint-Rémy-sur-Orne, le 22/06/1881. Il décède à l’âge de 61 ans, le 12/11/1942 à Saint-Pierre-sur-Dives (14).
Elise Marie Flavie, naît le 14/12/1884 à Saint-Rémy-sur-Orne (14). Elle décède, à Caen, le 27/02/1968 à 83 ans.
Marie Augustine Victorine, ouvrière en filature, naît le 22/04/1887, aussi à Saint-Rémy-sur-Orne. Elle meurt à 22 ans, le 25/09/1909 à Saint-Rémy.
Note : Jean Victor Albert, mon G.P donnera les trois prénoms de sa sœur, à ma maman.
(Sources : A.D Orne – A.D Calvados)

*Question 18 : A t’il assisté au mariage de ses enfants ?

Image Pixabay.com

Victor Emile et son épouse, Marie Suzanne TOURRE assistent et consentent au mariage de leurs deux filles aînées :
Berthe Léonide, 17 ans avec Joseph Armand Félix VOIVENEL, 31 ans, ouvrier mineur, le 11/09/1894 à Saint-Rémy-sur-Orne.
Maria Augustine, 16 ans, épouse à son tour, le 24/09/1895 à Saint-Rémy, Victor Auguste CHEVALIER, 26 ans, couvreur, résidant à Pierrefitte- en-Cinglais (14).

Victor Emile décède en 1898. Seule Marie Suzanne est présente et consentante au mariage de :
Jean Victor Albert, 25 ans,Sosa 6, avec Louise Marie Elisabeth MORIN, 20 ans, Sosa 7, le 15/01/1907 à Saint-André-sur-Orne (14).
Marie Elise Flavie, 18 ans, avec Georges AUGUSTE, 23 ans, le 28/04/1903 à Saint-Rémy.
Marie Augustine Victorine, 17 ans, avec Paul Auguste BOUTELOUP, 25 ans, le 15/10/1904 également à Saint-Rémy.

Berthe-Léonie, veuve de Joseph VOIVENEL, épousera à 34 ans, Louis Jules GESLOT, journalier, le 28/01/1911 à Clécy (14)
(Sources : A.D Calvados)

*Question 19 : Que signifie son nom de famille ? Comment a t’il été transmis ?

Gettyimages.fr

Le patronyme BERTHAULT serait un nom de famille dérivé du vieux nom germanique « berhautwald », issu de « berhaut » qui signifie célèbre, brillant et « wald » gouverner ancien surnom de chef de guerre des goths devenu patronyme.

Ce patronyme est assez peu répandu et se situerait au 2 962e rang des noms les plus portés en France.
On trouve principalement des BERTHAULT dans le Lyonnais, en Bourgogne et dans l’ouest de l’hexagone.

Mes recherches remontent au début du 17e siècle, et en l’état de ces dernières, tous mes « Berthault » sont originaires de l’Orne et du Calvados.

L’orthographe varie selon les actes, les lieux et les scribes. Je trouve : BERTAULT – BERTAUT -BERTAUX – BERTAU -BERTOT

(Sources : Filae.com – Geneanet.org)

*Question 20 : Qui était son père ?

Géoportail.gouv.fr

Le père de Victor Emile s’appelle Pierre Edmond.
Il est né le 15 Thermidor An 6 (jeudi 2 août 1798) au hameau du Huè à Saint-Denis-de-Méré (14).
Il est le dernier des quatre enfants (dont deux morts en bas âge ) de Edmond dit « Bel enfant », journalier et de Anne CHENEVIERE.
Il exerce le métier de maçon. Il signe, mais il a appris tardivement… Je trouve sa première signature en 1828.

Signature de Pierre Edmond BERTEAUX (acte de naissance de Jules, son second enfant)

Il décède à l’âge de 47 ans, le 13 janvier 1846 à 20:00, à Saint-Pierre-du-Regard (61) au hameau du Grand Samoi.
(Sources : A.D Orne – A.D Calvaldos)

*Question 21 : Qui était sa mère ?

Géoportail.gouv.fr

Le mère de Victor Emile se nomme Marie Marguerite GEHENNE (JEHENNE). Par la suite, ce patronyme se transforme en JEANNE.

Elle est née le 28 Nivôse An 3 (samedi 17 janvier 1795) – Hameau La Barbotière à Sainte-Honorine-la-Chardonne (61).
Elle est la fille aînée de Guillaume, laboureur et de Marguerite BOQUET. Je lui connais également une sœur et un frère.

Elle est mécanicienne (probablement dans une filature).
Elle épouse Pierre Edmond BERTHAULT , le 12 septembre 1825 à Saint-Pierre-du-Regard (61). Elle a 30 ans et lui 27. Elle déclare ne pas savoir signer.

Veuve de Pierre Edmond, elle décède, âgée de 57 ans, le 30 janvier 1852 à 9:00 du matin dans sa maison située Hameau du Grand Samoi à Saint-Pierre-du-regard (61).
(Sources : A.D Orne)

*Question 22 : Quelle était sa fratrie ?

Image libre de droits Gettyimages.fr

Victor Emile est l’avant-dernier d’une fratrie de sept enfants, composée comme suit :

Jean Lucien °15/04/1826 à St-Pierre-du-Regard (61) +31/05/1890 à St-Denis-de-Méré (14) X 12/07/1847 avec Marie MADELEINE à St-Denis-de-Méré.
-Jules °14/01/1828 +08/03/1828 à St-Pierre-du-Regard
-Jean °10/03/1829 +05/06/1866 X 18/02/1857 avec Virginie BERNIER à St-Pierre-du-Regard
-Victorine Florentine °12/10/1831 à St-Pierre-du-Regard X 01/06/1855 avec Cyprien LESAGE à Athis-de-l’Orne
-Marie Flavie °01/08/1834 +24/02/1898 X 12/02/1855 avec François LEMARIE à St-Pierre-du-Regard
-Victor Emile °06/08/1836 à St-Pierre-du-Regard (61) +28/02/1898 St-Rémy-sur-Orne (14)
-Marie Zélie °27/10/1839 +03/03/1871 X 21/08/1864 avec Auguste Joseph Charles LACOMBE à St-Pierre-du-Regard.

Note : Victor Emile est le dernier survivant de la fratrie. Il décède quatre jours après sa sœur Marie Flavie.
Sources : A.D Orne – A.D Calvados

*Question 23 : Avait-il des relations avec les autres membres de sa famille ?

Lavoir du Grand Samoi St-Pierre-du-Regard (61) – www.lavoirs.org

Victor Emile est né dans le hameau du Grand Samoi à St-Pierre-du-regard.

A vingt ans, orphelin de père et de mère, il part en Algérie en 1857, faire son service militaire et reste là-bas jusqu’en 1874-1875.
Il n’a donc pas fréquenté ses frères et sœurs en dehors de son enfance et son adolescence.
A son retour d’Algérie avec Marie-Suzanne, les actes de naissance de ses trois premiers enfants indiquent que le couple habitent dans le même hameau.

Jean, Marie Flavie et Marie Zélie, trois de ses frères et sœurs, ont vécu également au Grand Samoi jusqu’à leur décès.

Sans autres documents officiels confirmant mon hypothèse, je pense que mon aïeul a recréé des relations avec certains membres de sa famille pendant la période de 1875 à 1880.
Et puis, les jours de lessive… Marie Suzanne devait retrouver ses belles-sœurs au lavoir… N’était-ce pas un lieu favorable aux échanges ?

Quand le couple a déménagé à St-Rémy (14), j’ignore si les relations familiales ont perduré… Mais pourquoi pas !

*Question 24 : Pouvez-retracer sa généalogie sur quatre générations ?

Mieux qu’un long discours, voici l’ascendance de Victor Emile sur cinq générations.
Note : certaines branches remontent à huit générations.

Ascendance de Victor Emile – fichier HEREDIS

*Question 25 : Quelle était sa religion ?

Eglise saint-Pierre-du-Regard (61) – Perche-gouet.net

Je ne possède aucun document qui atteste de la religion de Victor Emile, ni même celle de ses parents ou celle de sa belle-famille.
Il faudrait pour cela que je consulte les archives religieuses.
Néanmoins, les quatre grands-parents de Victor Emile étant nés avant la Révolution Française, les registres paroissiaux me confirment qu’ils ont tous été baptisés selon la religion catholique.
Il y a donc 99,9% de chance pour que Victor Emile ait été également baptisé, qu’il se soit marié et qu’il ait été inhumé selon les dogmes catholiques.

*Question 26 : Votre ancêtre chez le notaire…

Image Pixabay.com

J’ignore si Victor Emile a fait appel aux services d’un notaire…
Pour le savoir, il faudra me rendre aux archives départementales de l’Orne et du Calvados… A suivre…

*Question 27 : Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

Image : Pixabay.com

Pas de photos, pas de trombinoscope… Seulement quelques signatures… celles des enfants de Victor Emile, puisque lui et Marie Suzanne ne signaient pas.

*Question 28 : Quels étaient ses repas ?

Image : Pixabay.com

Voilà une question intéressante… mais qui dans le cas de Victor Emile est bien plus complexe qu’il n’y parait !
Je vous rappelle que Victor Emile est normand et qu’il a épousé une ariégeoise… Alors, de quoi étaient constitués ses repas ?

En Normandie, au quotidien, il mangeait la possuée, sorte de panade cuite. Cette panade pouvait être faite, également, à base de farine de sarrasin.

Avant la journée de travail, vers 6 heures du matin, les patrons et les serviteurs pouvaient aussi mangé la soupe à la graisse (un mélange fait de graisse de rognons de bœuf et de saindoux dans lequel on ajoutait des légumes : pomme-de-terres, carottes, choux…)

A 10 heures, on faisait la buvette (pause où l’on dégustait des douillons ou bourdelots, des biscuits… arrosés de lait, de cidre et de calvados)

Quand on tuait le « nobl’ « (cochon), cela donnait lieu à une « fête à boudin » où l’on dégustait le boudin, bien sûr, mais aussi carpinettes (crépinettes), andouilles, fressure et pâté de tête.
Les jours de fête, on mangeait également du bœuf : langue et tripes étaient particulièrement recherchées.
A l’Ascension, le repas des domestiques comportait obligatoirement du veau.

On n’oublie pas non plus, les produits laitiers (fromages, crème fraîche, beurre…)
Les desserts étaient constitués de petits gâteaux, de brioches comme la fallue facilement réalisables avec ces produits laitiers et des œufs.
Mais, on se régalait également de plats à bas de riz au lait comme la fameuse teurgoule ou terrinée.

Et quand Marie Suzanne, l’ariègeoise, est entrée dans la vie de Victor Emile… Le quotidien était presque semblable :
-Bouillies de farine de sarrasin, soupes trempées au pain d’orge.
Les jours de fête, on servait l’ollada (soupe aux choux), on servait également du porc.
En Ariège, la fallue se nomme coque (brioche aux fruits confits) servie le jour de la fête des rois.
La teurgoule est remplacée par du millet cuit dans du lait. On le mangeait, à la Toussaint, dans l’espoir de délivrer les âmes du purgatoire (autant de grains de millet avalés, autant d’âmes délivrées).

Note : Quand Victor Emile a épousé Marie Suzanne, c’est aussi la cuisine au beurre qui a épousé la cuisine à l’huile… Vous comprenez pourquoi, je suis gourmande !
Petit rappel : en cliquant sur les mots en bleu, vous trouverez la recette !
Source : Menus & coutumes des provinces françaises – Colette GUILLEMARD

*Question 29 : Y a t’il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ?

Image Pixabay.com – Freepik

J’aurai aimé que l’on me transmette une histoire sur Victor Emile… Mais voilà, l’histoire de nos ancêtres n’est pas un conte de fée… Jean, son fils, mon G.P, a abandonné ses enfants (lire Histoire d’un abandon)… Du coup, ce contexte irréversible a effacé la mémoire familiale…

*Question 30 : Comment a t-il participé à la vie de la communauté ?

Image Pixabay.com

Parmi les archives à consulter, les procès-verbaux des délibérations municipales sont une mine de renseignements sur la vie d’une commune et de ses habitants.
C’est ainsi que j’ai trouvé la participation de Victor Emile au soutien économique de Saint-Rémy.
Le 12 juin 1884, il a prêté 1685 F. à la commune pour faire réparer l’église et l’école moyennant un remboursement avec intérêts.
Le 14 août 1887, le maire rectifie le taux d’intérêt de 4, 5 % à 5 % pour le remboursement de cet emprunt.

A.D Calvados – C.R Délibérations municipales Saint-Rémy 1808 -1895 Page 357

Ce P.V révèle que Victor Emile était sans doute croyant et pratiquant et cela répond à la question 25 et que s’il ne savait pas écrire, il devait savoir compter.
En tout cas, il savait économiser…

Ainsi s’achève ce #Genealogie30 sur la vie de Victor Emile.
Cet exercice instructif m’a permis de découvrir certaines facettes de la vie de mon aïeul.
Merci à vous d’avoir suivi cette remontée dans le temps !