6 – GénéA à Z – Lettre F



F comme Fosses d’Enfer :



« Au nord, c’étaient les corons, les hommes des mineurs de fond »…

 En Normandie, c’étaient les mines de fer, les hommes des « gueules rouges » !   

Nous sommes loin de l’image d’Epinal représentant la  Normandie avec ses vertes prairies, ses bocages, ses pommiers, ses vaches blanches et noires…

Les Fosses d’Enfer sont situées à Saint-Rémy en Suisse normande à une trentaine de kilomètres au sud de Caen.

Elles sont réputées pour leur richesse et l’abondance de leur minerai contenant 54% d’hématite (d’où la poussière rouge qui recouvrait les mineurs)

C’est dans ce lieu, où le diable rode peut-être encore, que Victor Emile BERTHAULT, mon arrière grand-père maternel a besogné pour gagner sa vie. Il est décédé le 28 février 1898 à 61 ans.

Les minières sont exploitées dès le Moyen-Âge mais c’est surtout au 19e siècle qu’elles connaissent leur âge d’or.
En 1875, une concession est instituée par décret au profit de la Société des Mines de Saint Rémy.

L’extraction et le chargement du minerai se fait manuellement. Les ouvriers reçoivent une nouvelle pelle chaque mois.

Le minerai est grillé sur place puis transporté par train jusqu’au port de Caen où il est chargé sur des cargos. Il est exporté vers la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les États-Unis.

Le 4 décembre, jour chômé et payé, les mineurs et leurs familles rendent grâce à Sainte Barbe, leur protectrice. La journée commence par une messe, suivie par un défilé animé par la fanfare des mineurs. La journée s’achève par un repas et un bal.

La première guerre mondiale a ralenti la production qui repart en 1946.

Le déclin est amorcé dès 1962. La liquidation des minières débute en 1965. Elles ferment définitivement en 1968.

En 1993, les Fosses d’enfer sont devenues un musée dédié à la géologie.

  




5 – GénéA à Z – Lettre E

Photo de Patrick R.



E comme ecclésiastique :

Il existe, dans le sud de la France, une église avec une particularité : une inscription rarissime sur un édifice religieux.

Il s’agit de la Collégiale Saint-Pancrace à Aups dans le Haut-Var (charmant village provençal où je me retire chaque été).

C’est un architecte anglais, Boulhoni, qui l’a construite entre 1489 et 1503 pour remplacer l’église du village devenue trop petite.

De style gothique provençal avec une façade renaissance, elle est érigée en collégiale en 1499 sur demande du pape Alexandre VI (le fameux Borgia) pour la venue du chapitre des chanoines de Valmoissine.

Les guerres de religion ne l’ont pas épargnée, détruisant tout le mobilier et brûlant le tympan.

De sa construction initiale ne subsiste que la porte de l’ancienne sacristie ainsi qu’une cloche datée de 1475.

Elle doit son nom actuel à St-Pancrace, jeune chrétien romain, d’environ 15 ans, martyrisé en 302 sous Dioclétien, dont elle détient les reliques.

Aujourd’hui, outre le médaillon de la devise des chanoines, on peut lire sur le fronton la devise républicaine : »Liberté, Égalité et Fraternité » de façon ostentatoire, cela depuis la promulgation de la loi sur la séparation des biens de l’Église et de l’Etat en 1905.

La Collégiale Saint-Pancrace est classée aux monuments historiques et propose un petit musée d’art religieux avec des pièces rares comme une croix, probablement la plus ancienne croix processionnelle de Provence, des ornements brodés main du 17è siècle, des pièces d’orfèvrerie dont le reliquaire en argent massif de St-Pancrace du 15è siècle.

Pour célébrer les 500 ans de la collégiale, une cloche appelée Pancrace  a été fondue en 1989.
    

4 – GénéA à Z – Lettre D

D comme Descendance :

Comme tout bon généalogiste, afin de constituer notre arbre, nous creusons pour chercher nos racines.

Puis, nous remontons nos branches des plus  jeunes aux plus anciennes ou le contraire.

Nous attendons que l’arbre pousse, qu’il s’étoffe.

Comme nos ancêtres, génération après génération,  nous espérons voir naître des petits rameaux .

Pour ma part, mon arbre s’est enrichi d’une nouvelle pousse, la première, en 2009 : un petit bout d’amour que je regarde grandir émerveillée. (Et, oui je deviens… comment dire … gaga… c’est cela !)

Alessio est né en Provence. Il parle « avé l’accent ».
Ses ancêtres du nord de la France en seraient tout ébaubis, eux qui ne pratiquaient que la langue d’oïl. !

Nous regardons ces petits bourgeons s’épanouir avec un immense bonheur et qu’importe si nous devenons… des « aïeux » (c’est indolore !) à notre tour !

Les grands-parents ne me contrediront pas… Et cela contribue à enrichir chaque arbre, n’est-ce-pas ?

3 – GénéA à Z – Lettre C



C comme Culinaire :

Nos ancêtres nous ont légué la « cuisine du terroir »,  autant de petits plats spécifiques à nos régions.  Parmi ces spécialités, il en est une qui me rappelle l’enfance, son nom : « la teurgoule ou bourgoule ou torgole. »

Ce dessert typiquement normand (Calvados et Orne) était traditionnellement confectionné lors des repas de fête.

L’origine du terme viendrait de « se tordre la goule » (la bouche).
Était-ce dû au fait que l’on dégustait ce plat très chaud ou au fait que les premières versions n’avaient pas atteint le moelleux d’aujourd’hui ? Nul ne le sait vraiment.

La teurgoule est un dessert composé de riz au lait sucré généralement parfumé à la cannelle cuit à four très doux, pendant environ 5 heures, dans une terrine conçue à cet usage. Les grains de riz doivent être crémeux et fondants.

Elle se déguste chaude avec la fallue, une brioche allongée (fabriquée à partir de pâte à pain, d’œufs, de beurre et de crème fraîche), le tout accompagné de cidre.

L’origine de la teurgoule remonte à Louis XIV qui pour combattre les anglais, hollandais et espagnols autorise les marins français à attaquer les bateaux ennemis pour saisir les cargaisons. Le butin était réparti entre le Trésor Royal, les armateurs et l’équipage.

C’est ainsi que les normands découvrirent le riz et la cannelle.

*D’autres sources en attribuent la création à François-Jean Orceau de Fontette (officier de l’Ancien Régime) qui aurait fait venir d’outremer une cargaison de riz, en 1757, à l’occasion d’une disette. Il fit placarder cette recette pour cuisiner cette céréale alors inconnue dans cette région.

Aujourd’hui, il existe des « Confréries de la Teurgoule » :
http://www.teurgoule-normandie.confreries.org

Vous trouverez sur le site les recettes de la teurgoule et de la fallue.  Essayez… Délicieux et … Roboratif !


*Source : Wikipédia : François-Jean Orceau
  Bibliographie : Robert Patry : Une ville en province, Caen pendant la révolution de 1789.
                           Condé sur Noireau – Editions C. Corlet-1983

2 – GénéA à Z – Lettre B

 

B comme badestamier :

Parmi mes ancêtres, certains pratiquaient des métiers aujourd’hui disparus.
Ainsi, j’ai trouvé un badestamier… Il exerçait à Mondeville, près de Caen en 1826 (à la lecture de son acte de mariage).

Le badestamier ou bas-d’estamier était le bonnetier-fabricant de bas tricotés d’estame ou estaim, nom donné à un fil très retors de laine peignée à chaud et filée à la quenouille.
Ce genre de bas, qui avait remplacé les chausses des hommes, coûtait assez cher et était porté par les classes aisées…

Les badestamiers étaient particulièrement nombreux en Picardie et en Haute-Normandie, en ville et à la campagne : plusieurs milliers d’entre eux travaillaient à domicile pour le compte de petites entreprises…

L’art du tricot fut inventé au XVe siècle. Les premiers bas fabriqués de cette manière furent, dit-on, portés par Henri II aux noces de sa sœur avec le Duc de Savoie.

On ignore le nom de l’inventeur du premier métier à fabriquer les bas ; la France et l’Angleterre se disputant ce privilège. Quoi qu’il en soit, cette industrie se développa d’abord en Angleterre. Puis un français : Henri Hindes importa, en 1656, le premier métier à tisser les bas.

Au XIXe siècle, la profession révolutionnée par l’introduction des métiers mécaniques, prit progressivement le nom de bonnetier. Les bas au métier, à la différence des bas tricotés, avaient besoin d’être cousus par derrière. Le badestamier utilisait, dès 1857, des métiers circulaires permettant de fabriquer des bas sans couture.


(« Encyclopédie universelle de Dupiney de Vorepierre » 1857, Paris)




1 – GénéA à Z – Lettre A

       Aujourd’hui débute le challenge proposé par *Sophie Boudarel : « Bloguez
       votre généalogie de A à Z ».

       Le but est d’écrire un article par jour en prenant les lettres de l’alphabet les unes après les 
       autres, jour après jour, hormis les dimanches, donc 26 lettres = 26 jours = 26 articles.

       Suis-je victime d’un canular ? Ne sommes-nous pas le 1er avril : jour des poissons !

       Laissez-moi rire… La plaisanterie est bonne !

       Un instant, j’ai cru que je devais écrire un article par jour : Impossible pour moi !!!

       Allons, point de calembredaines…

      C’est donc pleine de courage que j’ai plongé dans la grand’ malle des aïeux et que me
      voici partie pour l’aventure : « GénéA à Z » :

A comme Achon :

Achon est mon patronyme marital, originaire de la Haute-Loire.
Le périmètre où vécurent les ancêtres de Monsieur est restreint : deux, trois villages.
(Autrefois, l’auvergne était enclavée et les gens ne circulaient guère.)

Donc, il n’est pas difficile de penser que ces Achon étaient plus ou moins « cousins ».

Cela semble évident, mais encore faut-il le prouver…

Il y a quelques années, j’ai donc commencé mes recherches dans les mairies de Lorlanges, Léotoing, Saint Géron et Bournoncle St-Pierre. Ces villages sont proches de Brioude.

J’ai photographié tous les actes de naissance, mariage et décès.
Le dépouillement a été long et laborieux : j’ai trouvé une vingtaine de « Jean Achon », dont plusieurs dans une même fratrie.
(Le prénom « Jean » représente la majorité des individus recensés. Pour les distinguer, les parents les affublaient d’un sobriquet, sobriquet enregistré quelquefois dans les actes à la place du prénom. Difficile de reconnaître un Jean parmi tous ces Jean !… Et les familles étaient dites nombreuses avec une moyenne de dix petits.)

J’ai arpenté les cimetières, me suis rendue aux archives départementales au Puy en Velay.

J’ai rencontré quelques descendants de ces Achon : J’ai confirmé à un couple marié depuis plusieurs décennies qu’ils étaient « parents » avant d’être mari & femme (Je vous rassure  au 5è degré, donc pas d’annulation de mariage en vue, mais un effet de surprise garanti et un grand éclat de rire !)

Petit à petit, j’ai constitué l’arbre généalogique.
Aujourd’hui, je continue mes recherches, mais je peux affirmer que mon intuition était bonne :  les Achon de Haute-Loire sont réellement cousins.

D’ailleurs, une idée germe doucement : pourquoi ne pas organiser une cousinade ?

*Sophie Boudarel : généalogiste professionnelle et bloggeuse : http://lagazettedesancêtres.com

Le Hurrah d’Athies-sous-Laon

 

Au moment où Jean-François Wallon obtint son congé absolu à Brest ; son village fut le témoin de faits historiques et douloureux pour ses habitants.

En 1814, l’Empereur Napoléon 1er fit face à la sixième coalition.
La retraite de Russie avait laissé une armée amputée. C’est donc avec beaucoup de nouvelles recrues, qu’il s’opposa à l’attaque des alliés.

Napoléon avait battu à Craonne avec ses 22000 soldats, les 22500 hommes du °feld-maréchal Blücher, l’ennemi de toujours, commandant en chef des armées prussiennes et russes.

Blücher, dans sa retraite, choisit le plateau de Laon comme position défensive. En effet, il domine de 25 mètres toute la plaine.
Blücher pouvait, depuis les terrasses de la cathédrale, observer les mouvements des troupes.

Napoléon, désirant prendre au piège Blücher, décida d’un mouvement de tenaille autour de Laon.
La branche droite de cette tenaille était confiée au °°Maréchal Marmont.
Le 9 mars au soir, ce dernier avait réussi une belle percée puisqu’il s’était avancé jusqu’à Athies sur la route de Marle, voie stratégique vers la Belgique en chassant les troupes prussiennes qui brûlèrent entièrement le village lors de leur fuite.

Le 10 au matin, l’Empereur pensait refermer sa tenaille. C’était sans compter, sur le glorieux fait d’armes du *Hurrah d’Athies qui restera dans l’histoire comme la défaite de Napoléon à Laon.

Dans la nuit du 9 au 10 mars, les troupes prussiennes revinrent et mirent en fuite les français qui se replièrent sur Festieux : la cavalerie n’avait jamais été utilisée pour les attaques de nuit ;  les soldats avaient la plus grande difficulté à identifier l’ennemi du compagnon d’arme, on cherchait à tromper en utilisant les cris de ralliement de l’adversaire.
Les flashs produits par les tirs d’armes fournissaient la lumière pour éclairer le champ de bataille, mais elle était aussi source d’éblouissement. Pour le cavalier, la nuit représentait un danger supplémentaire pour sa monture : un trou, un muret… étaient autant de pièges.

Le 5 avril, Marmont trahissait l’Empereur en ouvrant la route de Fontainebleau aux alliés. Paris fut pris. Napoléon abdiqua le 6 avril 1814.
Le 11 avril, le traité de Fontainebleau fixait les frontières du pays à celles de 1792.

L’épopée napoléonienne aura marqué nombre de mes ancêtres : soldats et civils,  leur laissant des stigmates à jamais indélébiles.
* Le hurrah était un terme militaire allemand qui signifiait : combat corps à corps, désordre…
Son but était de surprendre, submerger et anéantir l’adversaire peu importe les moyens utilisés. Il s’opposait à la bataille rangée.
°° Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont : né en 1774 à Chatillon sur seine, mort en 1852 à Venise. Duc de Raguse (1808) Maréchal de France (1809)
° Gebhart-Leberecht Blücher : né en 1772 à Rostock, mort en1819 à Krioblowitz
Prince Von Wahlsatt, Feld-Maréchal.
Source : www.AthiesSouslaon.com

Jean-François Wallon, conscrit en l’An 13

L’Histoire, parfois,  se confond avec la vie des petites gens et les entraîne sur des chemins improbables…
Un de mes ancêtres a suivi, malgré lui, ces chemins qui l’ont mené jusqu’au Royaume de Westphalie, contrée lointaine et éphémère et a transformé sa vie :
Jean-François Wallon (Sosa 40) voit le jour le 18 mai 1784 à Athies sous Laon dans l’Aisne.
A 20 ans, il mesure environ 1m57. Il a les yeux gris bleus, les cheveux et les sourcils blonds. Son visage est légèrement marqué par la petite vérole.

La conscription l’enrôle dans le 32e régiment d’infanterie de ligne (3e bataillon, 6e compagnie) le 11 Floréal An 13 (1er mai 1805).

SHD Vincennes 21 YC 282

Il est fusilier, puis tambour.

°Sa solde s’élève à 0,30 centimes (fusilier) ou 0,40 centimes (tambour) par jour qu’il touchera après la bataille et de façon aléatoire.
A l’époque, on exprimait la valeur des centimes en « sous » (1 franc valait 20 sous)

1 – Le 32e RI est constitué par les conscrits de l’Aisne. Basé à Montreuil puis à Etaples, il constitue un des maillons de l’armée d’Angleterre. Finalement, il part vers l’est et traverse le Rhin.
Il fait partie du 6e corps d’armée – Maréchal Ney puis du 1er corps d’armée – Maréchal Bernadotte.
Il participe à diverses campagnes : Autriche en 1805, Prusse en 1806, Pologne en 1807 ; plusieurs batailles dont de celle de Friedland sous le commandement de l’empereur.
Le régiment se couvre de gloire à plusieurs reprises. Ce n’est pas un hasard, si on le nomme : L’Invincible !

Le 1er mai 1808, Jean-François déserte l’armée et est rayé des contrôles pour longue absence… A- t-il déjà rencontré sa future femme, Anna Konjetzky ? Déserte-t-il pour elle ?

1 – A la même période, le 32e RI est appelé en renfort pour la campagne d’Espagne.

Anna est une jeune prussienne d’environ 23 ans, originaire de Silésie.

Elle met au monde leur premier enfant le 5 mai 1809 à Schweidnitz (aujourd’hui : Swidnica – Pologne) : Marie Louise Victoire Thérèse.
Pierre Joseph Hilaire (Sosa 20), leur premier fils naît le 26 mai 1810 à Coennéré – Royaume de Westphalie (aujourd’hui Könnern – Allemagne) .

Jean-François est rattrapé par la maréchaussée. Il intègre le 48e régiment d’infanterie de ligne ( 2e bataillon, 4e compagnie) le 7 juin 1810 après avoir été amnistié.

SHD Vincennes 21 YC 412

2 – Ce régiment fait partie de l’armée d’Allemagne – 3e corps d’armée – Davout, basé au camp de kirtschen en 1809 et au camp de Magdebourg jusqu’en juillet 1811 avant de participer à la campagne de Russie.

Mais avant d’être réincorporé, il épouse Anna le 6 mai 1810 à Schweidnitz.

Le 5 avril 1812, il est muté au 7e bataillon de Vétérans (6e compagnie) à Brest. Il y arrive le 29 septembre de la même année.

SHD Vincennes GR 19 Yc 127

3 – Les vétérans sont affectés au service des place fortes ou des batteries côtières. Ils touchent une solde et portent l’uniforme militaire. En 1800, on comptait 12 500 hommes, en 1814 : 10 000 hommes.

En Bretagne, Anna accouche de leur 3ème enfant : François, né le 8 décembre 1813.

Jean-François obtient son congé absolu le 21 Novembre 1814.

La famille traverse la France, d’Ouest en Est, et s’installe à Athies s/Laon.

Trois autres garçons viennent agrandir la fratrie :
-Auguste Désiré, né le 26 Mai 1816, mais il meurt  en 1821 à 5 ans,
-Marcel né le 5 Février 1820,
-Jules Victor Onésime né le 2 avril 1823.

Pour subsister, Jean-François et Anna sont manouvriers/chiffonniers.

Jean-François décède le 26 Juillet 1832 à l’âge de 48 ans.
Anna lui survit 32 années et disparaît à son tour, le 10 avril 1864 à 78 ans.

Pendant une décennie, Jean-François, comme des milliers de soldats,  a arpenté une partie de l’Europe et vécu une épopée difficilement appréhendable : les batailles, les sacrifices, les marches forcées, la misère, la faim….
suivi par Anna et les enfants (comme beaucoup de femmes et d’enfants d’alors, qui ont suivi leurs maris et leurs pères au gré des batailles) : cela est déconcertant, voire inconcevable,  pourtant…

 

Sources :
 °Les soldats d’empire au quotidien de Jean-Pierre Mir – Editions Archives & culture
1*Historique du 32è régiment d’infanterie de ligne de 1775 à 1890 – SHD Vincennes- 4 M 42
2*Site : darnault-militaires.info/  
3*Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire – A.Fierro, A.Palluel-Guillard – J.Tulard

Au gui, l’an neuf…

 
Si les coutumes évoluent, les voeux restent les mêmes : je vous souhaite une très bonne année 2013.

En étrennes, voici un petit florilège des traditions du nouvel an dans les régions chères à mon coeur :

*En Picardie, Flandre & Artois : aux enfants venus apporter leurs voeux de Bonne Année : on offrait des gaufrettes et des strinen (étrennes)

*En Normandie, on offrait également les étrennes ou haquionettes (déformation de l’expression : au gui, l’an neuf) : eau-de-vie, galette, et parfois pain de sucre.
Les boulangers confectionnaient à l’occasion du jour de l’an : des petits bonshommes anthropomorphiques : les filliats, représentant des personnages des deux sexes. On offrait aux petites filles les filliats-garçons et réciproquement.

*En Bretagne : Pour le nouvel an ou aguihanneuf, les jeunes gens quêtaient pain, lard et boudin.en menaçant d’emmener la maîtresse de maison si on ne leur donnait rien. On appelait ces quêteurs les étrenneurs ou équineneriers.

Que cette nouvelle année vous apporte de belles surprises généalogiques !!!

*Menus & coutumes des provinces françaises de Colette Guillemard aux éditions Chistine Bonneton

André MARLY, manouvrier et mendiant

*Au début du 19è siècle, la France compte 30 millions d’habitants dont 85% de ruraux.
L’espérance de vie d’un homme est de 38,3 ans contre 39,3 pour une femme.

Ma branche paternelle MARLY est majoritairement constituée de manouvriers…  
*Fin 18è – Début 19è siècle, un manouvrier est situé au bas de l’échelle sociale juste avant les vagabonds et les errants.

La vie laborieuse et miséreuse de ces « petites gens » en Picardie me touche au cœur.
Affectivement, il est pénible de constater que certains ont souffert au point de finir leur vie dans le plus grand dénuement :

C’est le cas d’André Marly (Sosa 32).
Il naît le 5 novembre 1765 à Grandlup et décède le 29 mars 1818 à 53 ans.

Il est mendiant et sans domicile fixe.
Il s’éteint, à 5 heures du soir, dans la maison du maire de la commune de Sainte-Preuve.

Plus jeune, il a été manouvrier comme ses parents : François et Marie-Josèphe Lefèvre.

Il épouse Marie Elisabeth Célestine Vraine le 10 messidor an 3 (28 juin 1795) à Grandlup.

Ils ont 6 enfants : Simon Auguste, Joseph Alexandre, Jean Charles Casimir (Sosa 16), Marie Catherine Joséphine, Marie Rose Amélie et Marie Anne Célestine.
Ces deux dernières filles meurent en bas âge.

Mon récit est anecdotique et chaque famille rencontre son lot de heurs & malheurs.
Cependant, mon esprit pragmatique me pousse à penser que lorsqu’on est au bas de l’échelle, on ne peut que monter.
A force de courage, c’est ce que mes ancêtres ont fait de génération en génération.

Je suis fière d’être leur descendante.

* CONTEXTE guide chrono-thématique Thierry Sabot (Editions Thisa)

*Voir les articles de Thierry Sabot sur le site de histoire & généalogie : » Les manouvriers » : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article379
ainsi que : « Les manouvriers au début du 18è siècle, selon Vauban » : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article287