18 – GénéA à Z – Lettre P

P comme Patois :

« Vous dites qu’ils sont pauvres, les patois, et je ne l’ai pas contesté : ils sont pauvres sans doute, en mots inutiles à la vie physique et morale de l’homme, en superfétations lexiques inventées dans les cercles et les académies ; mais ils sont plus riches que vous cent fois, en onomatopées parlantes, en métaphores ingénieuses, en locutions hardiment figurées ; ils sont plus riches que vous dans le mouvement de la parole et dans le nombre souvent rythmique de la période ; ils sont plus riches que vous d’acceptations singulières et nouvelles, qui rajeunissent le mot par l’idée ou l’idée par le mot ; ils sont plus riches que vous jusque dans leur alphabet verbal, puisqu’ils ont des prosodies, des accentuations, des lettres toniques dont l’harmonieux secret a disparu de vos langues ; ils sont plus riches que vous, et de beaucoup, en articulation. »

                                                                                   *Charles NODIER

Un bel hommage dédié au « parler » de nos ancêtres ! Ce « parler » qui faisait partie de leur identité régionale.

Et parce que chez nous, tout se termine en chanson : voici un florilège de vieilles chansons des règions de mes aïeux, en patois, bien sur, avec leur traduction :


Calvados

Cantal

Finistère

Haute-Loire

 



Source : Les vieilles chansons patoises de tous les pays de France – Albert Udry –
                                                Fasquelle Editeurs – Paris

Charles NODIER : écrivain romancier et académicien – Né à Besançon le 29 avril 1780 – Mort à Paris le 27 janvier 1844.

 
 
 

2 réflexions sur « 18 – GénéA à Z – Lettre P »

  1. Ma langue natale est l’occitan mais pour aller à l’école, on m’a appris que je parlais patois et qu’il fallait que j’apprenne à parler correctement. Ma mère a vécu « l’éradication de l’occitan »: celui qui parlait « patois » devait porter un sabot autour du cou toute la journée. Pour s’en débarrasser, il devait trouver qui parlait patois et lui passer ainsi le sabot infâmant. Celui qui le portait à la fin de la classe était puni. Pourtant, il parlait une langue riche, dont la richesse plut tant à Danteque c’est dans cette langue qu’il choisit d’exprimer ses pensées pour en améliorer la précision…

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