#Geneatheme… Histoires d’argent…

L’argent, on peut en parler dans divers actes notariés (contrats de mariage, testaments, héritages, ventes…) ou encore dans les tables de successions et d’absences. Certains ancêtres ont pu avoir des déconvenues ou des démêlés avec la justice ! Auquel cas nous pouvons en avoir des traces dans les archives judiciaires bien entendu, mais aussi dans la presse, ou une indication dans les fiches matricules.

Mais l’argent, c’est peut-être aussi cette pièce de monnaie qui vous a été transmise ?

Les faits relatés ici, sont indirectement liés, à mes Sosa 202 & 203, François HALBOUT, marchand & Anne DUGUE.
Je connais sept enfants à ce couple, dont Jean-Baptiste, leur fils aîné qui a épousé Anne de GRAINDORGE, le 10 février 1753, à Sainte-Opportune dans l’Orne.
Anne appartient à la petite noblesse. Son père, Charles de GRAINDORGE, Sieur de Marville, fut écuyer comme plusieurs de ses ancêtres.
Il a épousé Barbe DUVAL DE SOURVILLE, le 23 avril 1716, à Sainte-Opportune et le couple a engendré une dizaine d’enfants.
Parmi cette fratrie, outre Anne, se trouve également Charles Victor de GRAINDORGE.

Carte Google Maps : Lignières-Orgères (53)- Briouze(61)- X marque le lieu de Ste-Opportune(61)

A 22 ans, Charles-Victor épouse Anne-Françoise ROBIDAIRE, le 11 septembre 1759, à Lignières-La-Doucelle (aujourd’hui Lignières-Orgères) dans le département de la Mayenne (53). Il est orphelin et a hérité du titre de son père.

Charles-Victor et Anne-Françoise ne semblent pas avoir eu de descendance et leur union fut tumultueuse à en croire mes découvertes.

Leurs différents débutent peu après le mariage, en 1760 :
— plainte de Charles-Victor de Graindorge, écuyer, sieur de Marville, contre ceux qui recevaient sa femme chez eux malgré ses défenses et qui achetaient à cette dernière le mobilier qu’elle vendait au préjudice de son mari ; demande de monitoire contre ces personnes.

Note :
Monitoire : Le monitoire oblige les personnes qui ont quelques connaissances des faits, qui ont vu, qui ont entendu dire, de les révéler sous peine « d’être excommunié et retranché des fidèles« . C’est une injonction à parler qui émane de l’autorité diocésaine. Elle prend la forme d’un placard lu au prône, et affiché à la porte de l’église trois dimanches consécutifs.

(Source : http://jeanmichel.guyon.free.fr/)

Les années passent et Charles-Victor décède à 50 ans. Il est inhumé, le 28 avril 1781, à Briouze dans l’Orne.
Le 8 mai 1781, un inventaire après décès est établi à Lignères-La-Doucelle et Anne-Françoise revendique l’héritage de son époux contre l’avis des frères et sœurs de Charles-Victor.
L’inventaire contient 25 pages et tous les biens et avoirs de Charles-Victor sont passés au crible.

Source Généanet : Durcet (Orne, France) | AD61 28Bp3h –

La justice est saisie :
— apposition de scellés, après décès, au domicile de Charles-Victor de Graindorge,
écuyer, sieur de Marville ; renonciation d’Anne-Françoise Robidaire, sa veuve, à sa succession
.

Mais, Anne-Françoise fait appel et en 1782 :
— renonciations de Jean Halbout, mari d’Anne de Graindorge ; de Marie de Graindorge, veuve de Jean Le Mancel ; d’Anne-Françoise de Graindorge, veuve de Michel Leroux du Gerbier ; de Jacques-Sébastien Bernard, mari de Charlotte-Anne-Françoise de Graindorge, à la succession de Charles-Victor de Graindorge, écuyer, sieur de Marville.

Le dénouement de cette affaire arrive en 1784 :
procédures et sentences relatives à des contestations civiles entre la
veuve de Charles de Graindorge et les héritiers de son mari ; vente des meubles de la succession de ce dernier
.

Note :
Procédures et sentences relatives à des contestations civiles : Sous l’Ancien Régime, la procédure dans les affaires civiles est orale.

Le procès civil est une sorte de comédie-ballet : demandeur, défendeur, procureurs, avocats, greffiers, huissiers, sergents…. Tout ce monde a sa place assignée, ses morceaux d’éloquence, ses coups de théâtre, son dénouement à étapes et ses rebondissements.
La violence domestiquée par le droit est parfois violente : on ne tue pas, ni ne blesse mais on ruine, on fait vendre aux enchères meubles et seigneurie et, plus grave, on tourne en ridicule.

(Source : Dictionnaire de l’Ancien Régime-sous la direction de Lucien BELY)

Malheureusement, l’histoire ne dit pas qui de la veuve de Charles-Victor ou de sa belle-famille a gagné et/ou qui a été tourné en ridicule.
Mais, ce récit démontre les mentalités du 18e siècle !


Sources:
Bibliothèque Geneanet : Source :https://www.geneanet.org/archives/livres/42370/450?name=de+GRAINDORGE+de+MARVILLE&with_variantes=0

A.D Mayenne : Inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790-V.01-Mayenne
A.D Orne

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