#Challenge AZ… Tonneaux…

Dans mon cabinet de curiosités, il y a des tonneaux, de la poésie et des chansons…

«Comment a-t-on pu imaginer de faire tenir un liquide dans un montage de morceaux de bois fort complexe à assembler ?
La plus grande partie des inventions humaines figurait déjà dans la nature : la maison, c’est la grotte ; le bateau, c’est le tronc d’arbre qui flotte ; même la roue, c’est le soleil qui roule dans l’espace. Le récipient naturel, c’est l’amphore, le vase fabriqué à l’image d’une pierre creuse, en moulant l’argile humide, ou bien c’est l’outre qu’on trouve toute faite en creusant la peau d’un bouc.
Mais la barrique est bien une invention de poètes, l’imagination d’un peuple de rêveurs, insoucieux du temps et de la vie pratique, nos ancêtres les Celtes.»

(Pierre Boujut, tonnelier, dans Des métiers et des hommes au village, de Bernard Henry, 1975)


Un peu d’histoire : 
Donc, l’origine du tonneau serait Celte. Dans la mythologie gauloise, un culte était rendu à Sucellus, dieu des forêts et premier tonnelier de l’histoire.
On retrouve les premières traces de l’utilisation du tonneau de bois pour le transport au Ve siècle avant J.C dans la vallée du Pô (Italie).
Vers le IIe siècle avant J.C, le tonneau vint peu à peu remplacer l’amphore grecque, trop fragile et difficilement stockable.
Les gaulois conservaient, dans des récipients de bois assemblés de la cervoise, de l’eau et du vin. Mais aussi des matières inflammables utilisées à des fins défensives, comme en 51 avant J.C lors du siège d’Uxellodunum.
Au cours des siècles suivants, le tonneau trouve rapidement sa place en tant que nouveau contenant car il résiste aux chocs, peut être roulé et empilé ; une révolution dans le transport des liquides.
Sa diffusion se fait tout au long du moyen-âge en Europe, puis dans le reste du monde. A cette époque, la fabrication du tonneau est réservée au charpentier, dont le statut artisanal est reconnu par décret en 1444.
Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les premières techniques d’élevage et de vieillissement en fût sont mises au point, notamment à Bordeaux où le vin est expédié vers l’Angleterre en barrique et sur lies.
Jusqu’au XXe siècle, le tonneau demeurera le principal contenant de transport utilisé.
Depuis, l’acier inoxydable, le béton et le plastique ont supplanté le bois pour stocker, conserver et transporter les liquides.
Le fût de chêne a ainsi connu un recul de sa production, notamment dans les années d’après guerre, principalement pour des raisons économiques.
Dans les années 1980, avec la mode des vins au goût « boisé », le fût est revenu habiter les chais, où aujourd’hui le vin est conservé et « élevé ».

Autrefois, les tonneliers étaient également nommés : charpentiers de tonneau.
Mon arbre compte deux tonneliers dans l’Aisne :

– Jean GORET, Sosa 158, est né vers 1696 et est décédé le 04/09/1760 à Braye-en-Laonnois (02). Il est nommé « maître tonnelier ».
Marié à Marie MULPA et à Geneviève DEVOIR, Sosa 159, je lui connais 5 enfants.

– Jean GORET, fils de Jean ci-dessus, est né en 1747, s’est marié en 1774 à Braye-en-Laonnois avec Marie Marguerite LAISNEZ. Il est dit tonnelier sur son acte de mariage.
En 1790, il est, également, élu maire de Braye-en-Laonnois.

Pour finir, avec un petit clin d’œil au #ChallengeAZ2018, je ne peux résister au plaisir de partager une petite chanson à boire :

Dans un tonneau de vin – Gilles DREU- YouYube.com

Sources:
Histoire du tonneau : vin-terre-net.com
Généanet : Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Aisne, archives civiles, série E supplément, v. 06 pt. 01
Image : Collection personnelle

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