#Ma Cuisine Ancestrale… Lou tourtoun di tres fraire…

Il était une fois, trois frères provençaux et pâtissiers qui montèrent à la Capitale pour y faire fortune. Celle-ci leur sourit !

En 1840, Arthur, Auguste et Narcisse JULIEN installèrent leur boutique, à l’enseigne des « Trois frères », place de la Bourse dans le second arrondissement de Paris, à proximité du théâtre du Vaudeville.

Ils devinrent célèbres grâce à leur première création qu’ils appelèrent tout simplement le « Trois frères ».

Le succès fut tel qu’un moule pour la cuisson porte le nom dudit gâteau. Il s’agit d’un moule à savarin à fond côtelé :
Juin est un mois festif où les célébrations familiales ne manquent pas… Alors pourquoi ne pas inviter le « Trois frères » sur vos tables !

Pour le réaliser, il faut :
6 œufs
200 g sucre en poudre
1 pincée de sel
180 g de farine de riz ou de farine de blé (j’ai trouvé différentes recettes utilisant l’une ou l’autre)
2 sachets de sucre vanillé
160 g beurre + pour graisser le moule
1 cuillère à café de levure chimique

Pour la garniture :
3 cuillères à soupe de confiture d’abricots sans les morceaux
Angélique et cerises confites

Préchauffer le four à 200°
Couper le beurre en morceaux et faire fondre doucement au bain-marie,
Dans une casserole : casser les œufs, ajouter le sucre et le sel,
Mettre sur feu très doux et battre jusqu’à ce que le mélange se liquéfie et mousse,
Hors du feu, ajouter toujours en fouettant, petit à petit, la farine tamisée, le beurre fondu, le sucre vanillé et la levure,
La pâte obtenue est assez fluide.
Beurrer généreusement le moule (un moule à savarin ordinaire fera l’affaire),
Verser la pâte,
Enfourner et baisser le thermostat du four au plus bas pendant 20 minutes,
Puis remonter le thermostat sur 200° et laisser cuire pendant 20 à 30 minutes (suivant votre four),
Pour démouler, au sortir du four, renverser le moule sur une grille.

Préparer le glaçage :
Mettre la confiture d’abricots dans une casserole avec une cuillère à soupe d’eau tiède, (j’ai remplacé l’eau par du Cointreau)
Mélanger et chauffer pendant 5 minutes afin que le mélange devienne sirupeux.

Poser le gâteau sur un plat de service,
Badigeonner-le avec la confiture à l’aide d’un pinceau.

Décorer avec l’angélique et les cerises confites (comme c’est la saison, j’ai choisi des cerises fraîches).

Et j’ai ajouté un petit bol de crème Chantilly au moment du service avec bien sûr « la petite cerise sur le gâteau » !

Mes biens chers frères, mes bien chères sœurs… C’est G comme Gourmandise avec ce gâteau qui j’espère ravira vos papilles comme il a ravi les miennes !

 

Images : Cuisine et Ustensiles.com – Collection personnelle
Sources : Les recettes provençales de ma Grand-Mère – Marion Nazet – Editions CPE

#ChallengeAZ 2017…

Cette année et pour la première fois depuis 2013, je ne  participerai au fameux #ChallengeAZ mis à l’honneur par notre Sophie de la Gazette des Ancêtres.

Mais, promis… juré, je penserai très fort à tous les généalogistes et à tous les archivistes de France et d’ailleurs qui vont transpirer sur leurs copies.

Comme je souhaite participer à ma manière à cet événement, j’ai trouvé une recette de vin tonique que je partage volontiers.
Cet élixir se boit en apéritif avec modération, bien sur.

Pour le réaliser  :
1 litre de vin rouge léger, non acide et non tannique.
15g Quinquina rouge concassé
10g Racine de gentiane concassée
5g Ecorces orange amère
Faire infuser le tout plusieurs jours
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Il vous reste huit jours pour préparer ce breuvage qui vous apportera force et courage tout au long du challenge.
Quant à moi, j’en boirai sans doute pour lire tous les billets à paraître…

Au plaisir…

 

Sources : L’art de recevoir et la cuisine à la fin du XIXe siècle, à travers le petit Echo de la Mode

#Généathème… Ils avaient un métier…

En mai, le généathème proposé par Sophie de la Gazette des Ancêtres met à l’honneur les métiers de nos aïeux.

Mes ancêtres étaient principalement manouvriers, ceux de Monsieur, étaient laboureurs ou cultivateurs, voire propriétaires cultivateurs.

Nos généalogies comptabilisent une centaine de métiers différents et essentiellement manuels.
Je constate qu’au 19e siècle et au début du 20e, mes ancêtres furent pour la plupart au bas de l’échelle sociale ; alors qu’au 17e et 18e siècle, ils semblaient jouer un rôle plus important.

En 2013, lors de ma participation au premier ChallengeAZ, j’avais parlé de mon Sosa 122, un badestamierce qui m’a valu d’être citée dans le numéro hors-série n° 38 (avril-mai 2014) de la Revue Française de la Généalogie.

Au XVIIIe siècle, certains cumulaient un métier et une fonction, comme ma branche BONNAIRE, dans l’Aisne, où les hommes furent charpentier et clerc de paroisse de père en fils.

En Bretagne, Jan LAVIEC fut fabricien. Chez les STEUN (Sosa 926), on a été lieutenant de paroisse ou lieutenant garde-côte.

Dans l’Aisne, Thierry BERTRAND (Sosa 354) fut pelletier ou peltier et Adolphe André COULON exerça le métier de pareur.
Deux métiers au poil, si j’ose dire… puisque le pelletier était un artisan
travaillant les peaux et les fourrures et le pareur faisait sortir les poils des draps ou des étoffes de laine au moyen d’un outil appelé chardon.

J’ai trouvé des précisions amusantes, comme : cantonnier de grandes routes comme le fut Alain BILLAND (Sosa 58) !
Cantonnier certes, mais pas n’importe lequel !

Quant à nos aïeules, elles s’occupaient principalement de leurs foyers. Certaines avaient un métier de complément comme les dentellières, mais beaucoup furent aussi manouvrières ou servantes.
Une seule se démarqua et fut sage-femme, en Normandie, au 18e siècle. Elle s’appelait Marie-Anne LE SAUNIER (Sosa 509).

Nos ancêtres étaient des « invisibles » qui exerçaient des petits métiers, mais qu’importe ! Maman me répétait souvent : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sotte gens ! »

Qu’en pensez-vous ?

 

Sources : Wikipédia.org – vieuxmétiers.org – geneacaux.net

Ma cuisine ancestrale… La brioche de la purification…

Oyez, oyez, gentes dames… Savez-vous qu’autrefois, une femme qui enfantait était considérée comme impure !

En Bretagne, par exemple, on estimait que la nouvelle mère attirait tous les malheurs et contaminait tous ceux qu’elle rencontrait.
Les travaux ménagers lui étaient interdits, car tout pouvait mal tourner. Elle était, également, bannie de l’église pendant les trois semaines qui suivaient son accouchement.

Passé ce délai, elle devait assister à la « cérémonie des relevailles ».
Lors de cette messe, elle recevait une bénédiction spéciale supposée la débarrasser de ses souillures et lui apporter la paix et le bonheur.
Ainsi, elle pouvait reprendre le cours de ses activités familiales et sociales.

Et pour célébrer ce retour, son entourage organisait une collation où l’on servait la brioche de la purification.

Pour la réaliser, il faut :
500 g de farine
75 g de sucre
125 g de beurre
2 œufs
15 cl de lait
10 g de levure de boulanger ou 2 sachets de levure chimique
1 cuillère à café d’eau de fleur d’oranger

Verser la farine dans une jatte,
Creuser une fontaine,
Ajouter les œufs, le sucre et le beurre ramolli,
Délayer la levure dans un peu d’eau tiède,
Verser dans le mélange avec le lait tiédi et l’eau de fleur d’oranger
Pétrir jusqu’à obtention d’une pâte souple et élastique,
Couvrir et laisser lever 2 heures minimum,
Confectionner 4 boules,
Les placer, côte à côte, dans un moule à cake,
Laisser reposer 1 heure dans un endroit chaud,
Badigeonner avec du lait ou un œuf battu,
Faire cuire dans un four à 180° pendant 30 à 40 mn.

Que mes aïeules me pardonnent, je dirai simplement que purifiée ou non, il n’y a pas de mal à se faire du bien en dégustant une bonne brioche.
Et vous, qu’en pensez-vous ?


 

Sources :
D’après le « Grand classique de la cuisine bretonne » – Jacques Thorel –
Editions Ouest-France
Image : collection personnelle

Mes pas dans leurs pas… 2…

Ma promenade se poursuit…

Je quitte Ploujean et me dirige vers Plouézoc’h, au nord de Morlaix, en traversant le Dourduff.
A l’entrée du village, la chapelle Saint-Antoine avec son porche en bois peint accueille les visiteurs.

Chapelle Saint-Antoine

Elle sert de salle d’exposition. On peut y admirer, entre autre, cet original meuble à offrandes :

Sous l’ancien régime, si les bourgeois payaient leurs impôts en argent, les paysans les payaient en nature (blé, orge ou avoine). Ce coffre équipé d’un boisseau de 12,5 litres permettait de mesurer les dons en grains dus au Clergé. Un répartiteur intérieur permettait la coulée à gauche ou à droite

L’église Saint-Etienne se dresse au centre du village :

Eglise Saint-Etienne – XVIIe siècle

Là aussi, des événements familiaux ont eu lieu entre 1697 et 1871 d’après les statistiques de mon fichier Hérédis :

Après Plouézoc’h, je longe la côte jusqu’à Plougasnou.

Là encore, l’église Saint-Pierre se dresse au centre du village et veille sur ses ouailles :

Eglise St-Pierre – XVe/XVIIe siècle

Mes ancêtres y ont célébré un baptême  :


La dernière étape de ce pèlerinage est Garlan, au nord-est de Morlaix :

Eglise N.D. des Sept Douleurs – XVIIe siècle

C’est le seul village visité où le cimetière ceint encore l’église. Dans ce lieu, mes ancêtres ont vécu une quarantaine d’événements, entre 1663 et 1861 :

Ainsi s’achève ma visite dans ce joli coin de Bretagne où ont vécu mes aïeux.

Je ne suis pas partie sans avoir vu Roscoff, un port corsaire et très british dont la spécialité est les oignons roses que les Johnnies allaient vendre en Angleterre juchés sur leur vélo :

Et bien sûr, j’ai fait un détour par la magnifique côte de granit rose :

 

 

Sources : Histoire des johnnies : http://www.roscoff-quotidien.eu/johnnies-fr-gb-bzh.pd
Images : collection personnelle

Mes pas dans leurs pas – 1…

A vous autres, hommes faibles et merveilleux
Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu
Il faut qu’une main posée sur votre épaule
Vous pousse vers la vie
(Tennessee Williams)

Pendant le week-end de Pâques, j’ai emprunté les chemins de traverse du Finistère nord qui mènent jusqu’aux lieux où vécurent certains de mes ancêtres.


Et à défaut de pouvoir mettre une main sur leur épaule, j’ai tenté de mettre mes pas dans leurs pas… Tenté seulement, car le paysage s’est métamorphosé avec le temps.
Pourtant au milieu de ce décor, un endroit semble immuable : l’église !

Voici le récit de ma promenade :
Tout commence à Morlaix avec son viaduc ferroviaire magistral. L’église Saint-Mélaine est adossée contre ce géant et cernée de ruelles moyenâgeuses.

Morlaix
Eglise Saint-Mélaine – XVe et XVIe siècle

Dans cette paroisse, une dizaine d’événements familiaux (baptêmes, mariages et enterrements) ont eu lieu entre 1715 et 1877, selon les statistiques de mon fichier Hérédis :

Puis, je me suis rendue à Ploujean… Autrefois, village indépendant, il est rattaché à Morlaix le transformant en quartier depuis 1960.
Ce lieu est le berceau de mes branches armoricaines : LAVIEC, STEUN, BESCOND, MORVAN, SALIOU…

Eglise N.D. de Ploujean – XIe, XIVe et XIXe siècle

Jadis un cimetière entourait l’église comme le montre les vestiges d’une stèle scellée dans un mur. J’ai décrypté les noms qui y figurent et le hasard m’a placé devant des patronymes connus :

Marie-Jeanne LAVIEC +16/5/1845 à 73 ans Nicolas GAOUYER, son époux, + 28/2/1849 à 74 ans Leurs enfants : Nicolas GAOUYER +1/7/1867 à 35 ans – Yves GAOUYER époux de Jeanne STEUN + 3/7/1872 à 71 ans – Hervé GAOUYER époux de Marguerite LAVIEC + 18/4/1877 à 68 ans – Louis Marie GAOUYER + 12/11/1895 à 80 ans –

Les LAVIEC sont certainement une des familles les plus anciennes de Ploujean. Celui dont le nom est gravé sur une pierre du mur sud était « fabricien » à l’époque.

Dans cette paroisse, 272 événements familiaux ont eu lieu entre 1599 et 1842, toujours selon les statistiques de mon fichier Hérédis.

A la sortie de Ploujean, se trouve la chapelle Sainte-Geneviève. Ce bâtiment perdu au fond d’un petit vallon est en mauvais état et semble abandonné.
Là encore, un LAVIEC, mon Sosa 3874, y a laissé sa trace, selon Ploujean-Patrimoine :
Une chaire hexagonale à panneaux sculptés s’appuie à une grille qui porte sur sa frise cette inscription : « Fait faire par Jan Laviec, lors gouverneur et maître Guillaume Kdeland chapelain de ceste chapelle 1639 »

Chapelle Sainte-Geneviève – XVIe siècle

A suivre…

 

Sources : Ploujean-patrimoine : https://ploujeanpatrimoine.files.wordpress.com/2013/12/eglise-nd-de-ploujean.pdf
Images : Collection personnelle
Carte Finistère : Google maps

 

Grand-mères…

 

Quand j’étais petite, je n’avais pas de Grand-Mères… Vous étiez parties depuis longtemps, si longtemps que personne ne m’a raconté qui vous étiez.

Il a fallu plusieurs décennies pour que je découvre des bribes de vos
vies : je connais votre identité, le nombre d’enfants que vous avez porté… J’entrevois vos souffrances face aux aléas de la vie… et vos bonheurs aussi !
J’ai même reçu une photo de l’une de vous.

Pardonnez-moi de vous nommer Octavie et Louise… Je ne sais comment vous appeler, autrement !
Aujourd’hui, j’ai pris votre place. Je connais la joie ainsi que tous les plaisirs que nous n’avons, hélas, pas partagé.

Il parait que l’on ne guérit jamais de son enfance, j’avoue que votre absence a été, est et sera un vide incommensurable.

Alors, pour la fête des Grand-Mères, je vous dédie ce petit billet !

 

Image : Gallica BNF Illustration des Contes de Perrault par J. Doré

 

 

 

Ma Cuisine ancestrale… Le Taillis et l’Emplumeus…

Qu’elle soit d’amour ou de discorde, ou bien encore fruit défendu… la pomme se met dans tous ses états pour nous séduire… depuis des temps fort, fort lointains.
Ce mois-ci, je vous propose deux recettes médiévales :

Selon la liturgie catholique, nous sommes entrés en Carême. Nos ancêtres respectaient cette longue période de jours maigres pendant laquelle ils pouvaient manger un Taillis.
V
oici la recette  telle que présentée dans le »Mesnagier de Paris » au XIVe siècle :

A servir comme en Karesme
Prenez fins roisins, lait d’amande bouli, eschaudés, galettes et croutes de pain blanc et pommes couppées par menus morceaulx quarrés,
Faites boulir votre lait et saffren pour lui donner couleur et du succre,

Et puis mettez tout ensemble tant qu’il soit bien liant pour tailler.
L’en sert en Karesme en lieu de riz.

Et maintenant , voilà la version contemporaine :
– 150 g de mie de pain
– Pistils de safran
– 2 verres de lait d’amande ou de lait de vache
– 125 g d’amandes en poudre
– 100 g sucre de canne
– 3 petites pommes
– 100 g de raisins secs
– Beurre pour le moule

Faire macérer quelques pistils de safran dans le lait,
Faire tremper les raisins secs dans de l’eau tiède
Pour plus de saveur, j’ai remplacé l’eau par un alcool et j’ai choisi du Calvados (chut, je ne vous ai rien dit…)

Détremper la mie de pain dans le lait safrané,
Ajouter la poudre d’amande et le sucre de canne,
Peler et évider les pommes,
Couper les en petits morceaux,
Ajouter les morceaux à la préparation avec les raisins secs préalablement égouttés, 
Mélanger bien le tout,
Verser dans un moule à cake (ou un plat) beurré,
Cuire au bain-marie pendant une heure dans un four chauffé à 160°,
(le dessus du gâteau doit être doré)
A la sortie du four, laisser refroidir et placer au réfrigérateur pour que le tout fige bien,

Démouler sur un tailloir (planche à découper) d’où l’appellation de la recette,
Tailler des tranches.

Quant à l’Emplumeus, d’après Maître Chiquart, Du fait de cuisine, 1420… il s’agit d’une recette pour malades.

Au XVe siècle, l’Emplumeus était une bouillie de pommes sucrée et se confectionnait comme suit :
– 800 g net de pommes (1 kg brut)
– 150 g d’amandes en poudre
– 100 g de sucre
– 250 g d’eau
– sel
Choisir des pommes à cuire, les éplucher et les couper en morceaux
Faire bouillir l’eau, ajouter les pommes et laisser à couvert pendant + ou -10 mn
Égoutter les pommes en conservant l’eau de cuisson
Monder (enlever la peau) et broyer de bonnes amandes douces ou simplement utiliser de la poudre d’amandes (« grant quantité »)
Délayer les amandes avec l’eau de cuisson des pommes pour faire un lait d’amandes bien épais
Laisser reposer une heure et filtrer le lait d’amandes dans une étamine en pressant fortement
Faire bouillir le lait avec une pincée de sel
Ajouter les pommes finement hachées et le sucre (« grant foison »)
Servir froid

De nos jours, la recette est simplifiée :
– 800 g net de pommes, de préference acidulées  (1 kg brut)
– 80 g poudre d’amandes
– 100 g de sucre de canne
– 200 g d’eau

Éplucher les pommes et les couper en morceaux,
Faire cuire à feu doux avec l’eau pendant 10 mn,
Ajouter la poudre d’amandes et le sucre,
Mélanger bien et laisser cuire à nouveau pendant 10 mn,
Mixer le tout pour obtenir une purée bien lisse,
Servir froid.

Moralité : Que vous respectiez le Carême ou pas et/ou que vous soyez malade ou pas, mangez des pommes !
L’adage dit : « Qui mange une pomme tous les jours, vit cent ans ! »
A bon entendeur…

Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

Sources :
Le taillis, Le Ménagier de Paris –
Gallica BNF – http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k831118/f213.
D’après une recette trouvée sur le Calvados par

Camille Lelièvre www.patisseries.wix.com/lafleurdesdelices
L’emplumeus, d’après vivre-au-moyen-age.overblog.com
Images : Collection personnelle

Le Petit Echo de la Mode…

Dans le cadre de mes recherches pour nourrir ma chronique « Ma Cuisine Ancestrale », je viens d’acquérir un petit bijou intitulé :

              L’art de recevoir et la cuisine à la fin du XIXe siècle 
                            A travers le Petit Echo de la Mode

Pour mémoire :
Le Petit Echo de la Mode était un hebdomadaire féminin et novateur créé en 1880 par Charles Huon de Penanster et son épouse Claire Le Roux à Châtelaudren dans les Côtes d’Armor.
Il donnait des conseils sur la mode, sur l’éducation des enfants, sur l’amènagement de la maison, des recettes de cuisine ainsi que des patrons pour confectionner des vêtements…
L’invention d’une rédactrice « virtuelle »  appelée Baronne de Clessy » a certainement contribué à son succès. Cette chère Baronne répondait au courrier des lectrices et prodiguait maintes recommandations.
Mais, qui se cachait derrière cette rédactrice… Une femme ou comme je le pense… un homme !
Le journal a existé pendant un siècle et a connu son apogée au milieu du XXe siècle.

Concernant le livre, les rédacteurs ont puisé dans les archives du magazine pour nous relater les pratiques culinaires et sociétales de la fin du 19e siècle ainsi que la condition féminine dans les milieux bourgeois.

Les recettes originales sont commentées par des Chefs,  pâtissiers et cavistes contemporains.

Les chapitres s’articulent comme un menu : des hors-d’œuvres… aux desserts en passant par l’heure du thé, etc… le tout accompagné de conseils, d’usages et de coutumes.

Les illustrations rivalisent d’élégance et de préciosité.

Chaque chapitre est également agrémenté de textes appelés « causerie ».
Ces causeries sont des révélateurs socio-culturels d’alors, où sur un ton léger, on explique à ces Dames comment atteindre la perfection pour être une parfaite épouse, une parfaite maîtresse de maison, une parfaite mère de famille…
Il est amusant de constater que ces suggestions ont perduré jusqu’à une époque pas si lointaine.

Alors, si comme moi, vous appréciez la cuisine et chercher à savoir comment vivaient nos ancêtres, je vous recommande la lecture de ce livre original.

Sources :
L’Art de recevoir et la cuisine à la fin du XIXe siècle – A travers le Petit Echo de la Mode – Préface de Nicole LUCAS, historienne, université Rennes 2 –
Editions La Gidouille, mai 2016
ISBAN 979-10-92842-18-0
Photo du journal : collection personnelle

 

 

#Généathème : La généalogie, côté insolite…

C’est en consultant les registres paroissiaux de Cintheaux dans le Calvados que j’ai trouvé cette archive, dont Charles Fouques, frère de mon aïeul, Robert Fouques Sosa 960, fut l’un des témoins  :

Mercredy
Le dixième jour de novembre mil sept cent trente quattre, sur les quattre heures et demye
du soir, jé ptre curé dudit lieu de Cintheaux été requis et obligé dadministré le St Viatique à Philippe
Pagny mon … et demeurant hameau de cintheaux en la maison de Charles Signot située sur le grand chemin
et dans cette occupation j’ai fait rencontre de Jean Besnard et de ses domestiques lesdits sont de la
R.P.R (Religion Prétendue Réformée) et huguenot demeurant au-dit hameau du Charles Lucas leur domestique Ledit Jean Bénard à pied et … son domestique assis sur un
cheval et habillé de léquipage propre pour labourer, lesquels venant de cette occupation eurent la témérité de passer
devant le Saint Sacrement sans donner nulle marque de devoir et de respect à Dieu malgré mes vives exhortations
et bravèrent ainsi et tirerent en ridicule la réalité de Jésus Christ la piété et la religion ledit domestique n’ayant meme pas
voulu descendre de son cheval ni oter son chapeau et pervertissans… lesdit domestiques, ledit lucas ne se mist en devoir qu’après
vives monitions morales ce qui m’a obligé de prendre à témoin Marie Anne Huet femme du Charles Signot,
Georges Conard fils de Jean Conard de la paroisse d’Urville agé de 15 ou 16. Anne
Guerard nommée Françoise Guérard et Françoise Loret la femme de feu François Lefebure, Marie Dauge femme de Charles Guerard
Jacques Poret dit Pescard, Anne Moutier femme de feu le pailleur et Charles Fouques. Mais M. Osmont
Secretaire de M. Le Président de Pourailles se rendant médiateur à payé en punition de ce crime, et en descharge
Des sus-dits S… de la R.P.R une bannière coutant la somme de cent huit livres et qui est à présent en
l’eglise de la susdite paroisse et dont jai susdit curé fait la benediction, Dia resurrectionés Christi
Dixieme jour davril mil sept cents trente cinq 
JM Le Haribel Curé de Cintheaux

Cet écrit démontre la suprématie de l’Eglise face à la désobéissance des villageois, surtout s’ils avaient d’autres convictions religieuses !
Et, on peut imaginer le courroux du curé lors de la rédaction de ce nota…
Les tâches, les ratures et les mots oubliés n’en sont’ ils pas la démonstration ?

Sources : A.D Calvados – Cintheaux BMS 1692-1740 page 159