#ChallengeAZ… W comme Waterzoï…

Le waterzoï est un plat belge provenant de Gand.
Son nom signifie « eau qui bout » en flamand.
Ce plat a franchi les frontières pour devenir un incontournable de la cuisine du Nord de la France.

A l’origine, plat de pauvres, il était confectionné avec des poissons d’eau douce, des légumes et du riz.
Lorsque les villes se sont industrialisées, la bourgeoisie s’est emparée de la recette mais a voulu se démarquer en substituant le poulet au poisson.
Ironie du sort, le poisson produit bon marché hier est devenu aujourd’hui coûteux et inversement pour le poulet.

Pour le Challenge, je vous propose un waterzoï au poulet :

Ingrédients pour 4/6 pers. : Un poulet fermier de 1,5 kg – 1 litre de bouillon de volaille – 3 blancs de poireaux – 2 branches de céleri – 2 oignons – Quelques brins de persil – 80 g de beurre – 2 jaunes d’œufs – 2 cuillères à soupe de crème fraîche – le jus d’un demi-citron – sel & poivre.

Plongez le poulet dans le bouillon de volaille et faites frémir pendant 30 mn – Au bout de ce temps, sortez le poulet et découpez-le en morceaux –
Epluchez les légumes et émincez les
Faites fondre 40 g de beurre dans une cocotte. Ajoutez le persil et la julienne de légumes – Salez & poivrez – Laisser cuire 20 mn à feu doux
Puis, déposez les morceaux de poulet sur les légumes et mouillez avec le bouillon jusqu’à hauteur – Laissez mijotez encore 30 mn.
Passé ce temps, sortez les morceaux de poulet –
Délayez les jaunes d’œufs avec la crème fraîche et le jus du demi citron. Ajoutez au bouillon et laisser chauffer 5 mn sans faire bouillir
Rectifiez l’assaisonnement si nécessaire et remettez les morceaux de poulet dans le bouillon crémé
Servez avec des tartines de pain grillé et beurrées avec le reste de beurre ou des pommes de terre vapeur.

Je ne connaissais pas ce plat qui est une belle découverte ! On peut le comparer à une blanquette de volaille ou à une poule au pot.

 

 

Sources :  sites Wikipédia – stjosse.irisnet.be
Le petit Larousse des saveurs des régions de France
Image : Collection personnelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

#ChallengeAZ… T comme Tarte au Maroilles…

Avec le lettre T, nous revenons en Picardie…

* »Si tout l’monde y savot comme ch’est bon l’cuisine de ch’nord, i kérottent edsus comme des mouques. »

Dans cette région, il existe un fromage à l’odeur caractéristique et à la saveur corsée… Oui, je veux parler du maroilles ou marolles !

Le maroilles est dérivé d’un autre fromage appelé craquegnon, fabriqué au VIIe siècle par les moines de l’Abbaye de Maroilles. En 960, à la demande d’Enguerrand, Evêque de Cambrai, le fromage fut affiné plus longuement et pris le nom de maroilles.
Il était un des produits dus par les paysans au titre de la Dîme.

Suivez-moi dans mon petit estaminet (auberge)…
Installez-vous confortablement pour déguster la fameuse, la goûteuse, l’odorante tarte au maroilles :

Ingrédients pour 4 personnes : 10 g de levure de boulanger ou un demi sachet de levure déshydratée – 15 cl de lait tiède – 200 g de farine – 1 œuf – 40 g de beurre fondu – 1/4 de maroilles (180g environ) – sel et poivre –

Préparez la pâte : délayez la levure dans le lait tiède – Tamisez la farine dans une jatte – Creusez un puits au centre – Ajoutez l’œuf, le beurre fondu, le lait avec la levure et une pincée de sel – Mélangez le tout au fouet jusqu’à obtenir une pâte homogène mais collante
Beurrez un moule à tarte (diamètre 26cm) et versez la pâte en l’étalant et en l’égalisant à l’aide d’une spatule – Couvrez d’un linge et laissez lever 1h  à température ambiante –
Préchauffez le four à 200° (Th. 6/7)
Coupez le maroilles en tranche – Quand la pâte est levée, déposez les tranches de fromage dessus –
Poivrez légèrement
Enfournez et laissez cuire pendant 20 à 25 mn
Servez avec une salade verte.

Voilà une recette au caractère très affirmé que je vous recommande !

 

*Traduction : « Si tous savaient comme la cuisine du nord est savoureuse, ils tomberaient comme des mouches. » S. Seuron

Sources :
Sites : Wikipédia.org – Le Messager.fr
Recette : Le petit Larousse des saveurs des régions de France
Image : Collection personnelle

 

#ChallengeAZ… R comme Rissoles de Coucy…

 

Autrefois, nos ancêtres appréciaient et entretenaient les légendes et, certaines remontant au Moyen Age perdurent toujours.

Ainsi, en Picardie, dans le village de Coucy le Château, la fête des rissoles a lieu tous les ans sous l’égide d’une confrérie :

Cette fête rend hommage aux Sires de Coucy dont l’un d’entres eux, Enguerrand II, terrassa une bête féroce ressemblant à un lion. Ce monstre terrorisait les habitants de la contrée. La victoire du chevalier engendra des fêtes et des réjouissances et pour le remercier, on imagina une cérémonie des plus bizarres qui se renouvelait trois fois par an et qui durait encore peu de temps avant la Révolution…
Ainsi, les jours de Pâques, de Pentecôte et de Noël, l’abbé de Nogent (on ne sait pas pourquoi cet abbé plutôt qu’un autre se trouva désigné à cet effet) entrait le matin à Coucy, par la porte de Laon, ayant un fouet à la main et monté sur un cheval isabelle dont la queue et les oreilles étaient coupées. Il avait devant la poitrine un semoir de toile blanche rempli de blé et un panier débordant de rissoles. Il était suivi d’un chien roux, privé de la queue et des oreilles, et au cou duquel se balançait ridiculement, une rissole. L’abbé, ainsi équipé, s’avançait jusqu’au pied du donjon, où, au claquement de son fouet, il faisait trois fois le tour d’un lion de pierre accroupi sur nue dalle supportée par trois autres lions couchés ; et s’il ne manquait rien à son accoutrement, il était admis à présenter ses hommages. Il descendait de cheval, mettait un genou en terre et embrassait le grand lion. Le sire de Coucy s’emparait ensuite des rissoles, les distribuait à la foule et scellait l’acte d’hommage avec un cachet spécial représentant un abbé mitré et crossé dont les extrémités du corps se terminaient en pied de bouc…

Cette histoire divisa les historiens : vraie pour certains, affabulation pour d’autres…

Et si, aujourd’hui, il n’y a plus de monstre rodant dans la forêt de Coucy, les rissoles sont toujours emblématiques de la cuisine picarde :

Ingrédients pour 4 : Une pâte feuilletée – 200 g viande de porc – 200 g de viande de veau – 2 oignons – 3 gousses d’ail – Sel & poivre – Un jaune d’œuf

Abaissez la pâte feuilletée
Découpez 4 grands ronds de pâte à l’aide d’un emporte-pièce
Hachez les viandes avec une grille moyenne
Salez – poivrez
Ajoutez les oignons et l’ail finement émincés
Malaxez
Faites revenir la préparation dans une poêle, 5 mn à feu doux
Préchauffez le four à 200°
Déposez la farce au centre de chaque rond de pâte
Mouillez les bords avec de l’eau et repliez en deux pour former un chausson
Dorez  avec le jaune d’œuf dilué dans un peu d’eau
Enfournez pendant une vingtaine de minutes jusqu’à ce que les rissoles soient bien dorées.
Servez bien chaud.

Les rissoles peuvent se cuire dans une huile de friture. En fin de cuisson, éliminez l’excès d’huile sur du papier absorbant.

 

A dévorer comme un lion… !

 

 

Sources : http://barisis.free.fr/castelaisne/Ulauss.PDF – www.cuisinealafrancaise.com
Photos : Collection Personnelle

 

 

 

 

 

 

 

#ChallengeAZ… K comme Kakuse…

 

Un proverbe dit  :

– Oignon du matin est le malheur du médecin !

Nos ancêtres appliquaient cet adage en confectionnant la caghuse, caqhuse, Kakuse ou kakuche.
Ce
plat typiquement picard a traversé les générations sans que l’on connaisse réellement son origine. Réconfortant, il était servi aux travailleurs après leur dur labeur.

Cette spécialité est une rouelle de porc cuite au four accompagnée d’oignons émincés et mouillée de vinaigre chaud, de vin blanc (ou de bière) et de bouillon.

Dans le Vermandois, la recette ne comporte que la rouelle et les oignons ; dans le Laonnois on y ajoute des légumes et dans le Soissonnais on ajoute des haricots blancs aux légumes .

Pour réaliser ce plat :

Ingrédients pour 4 : Une rouelle de porc (1kg à 1,2kg) – 10 à 12 oignons jaunes – 25 cl de vin blanc – 5cl de vinaigre de cidre – 20 cl de bouillon – Beurre – Huile – Sel & Poivre

Epluchez les oignons et coupez les en 6 quartiers
Faites saisir la rouelle dans un mélange beurre/huile sur les deux faces. Salez & poivrez
Dans une terrine en terre ou une cocotte, versez la moitié des oignons
Placez la rouelle de porc entière
Couvrez avec la seconde moitié d’oignons
Mouillez avec le vinaigre chaud, le vin blanc et le bouillon
Couvrez la terrine ou la cocotte
Enfournez à four froid pendant 2h à 180-200° (Th. 6/7°)

La Kakuse ou caghuse se mange aussi bien chaude que froide.

Alors, faisons fi du médecin et ne nous privons pas !

 

 

Sources : Wikipédia – www.keldelice.com – www.cuisineaz.com
Photos : Collection personnelle

 

 

 

 

#ChallengeAZ… G comme Gaufres de Ducasse…

Aujourd’hui, manger des crêpes ou des gaufres est synonyme de joie et de fête… Mais jadis, pour nos ancêtres, ce n’était pas toujours le cas…

La gaufre est une pâtisserie d’origine belge et attestée depuis le XIIe-XIIIe siècle. Le mot viendrait du francique « wafla » qui a donné waffle, wafre, wafe qui signifie « rayon de miel ».

Savez-vous qu’autrefois, il arrivait que les gaufres remplacent le pain lorsque celui-ci venait à manquer.
Dans certaines régions, elles étaient l’aliment de base de la population, réalisées avec de la farine de sarrazin pendant tout l’hiver, de farine blanche de froment pour les fêtes et elles étaient cuites entre deux fers qui imprimaient un dessin en relief.
Au XVIe siècle, Jean La Bruyère-Champier, un savant humaniste, qui s’est particulièrement intéressé à l’alimentation et à sa fabrication écrit :

« Les gaufres sont un ragout fort prisé de nos paysans. Pour eux, du reste, il ne consiste qu’en une pâte liquide, formée d’eau, de farine et de sel. Ils la versent dans un fer creux, à deux mâchoires, qu’ils ont frotté auparavant avec un peu d’huile de noix, et qu’ils mettent ensuite sur le feu pour cuire la pâte. Ces sortes de gaufre sont très épaisses.
Celles que font faire chez eux les gens riches sont plus petites et plus minces et surtout plus délicates, étant composées de jaunes d’œufs, de sucre et de fine fleur de farine, délayés dans du vin blanc. On les sert à table comme entremets. Quant à leur forme, on leur a donné celle de rayons.
François 1er les aimait beaucoup, et avait même pour cet usage, des gaufriers en argent. »

Il était, également, de coutume d’offrir une gaufre à ses proches pour les étrennes aromatisée à la cannelle et au sucre candi !

En Picardie et dans le Nord, lors des « ducasses », traduisez « fêtes » qu’elles soient foraines, patronales, kermesses, foires… on déguste ces pâtisseries avant de rentrer chez soi !

Alors, partageons un moment délicieux et préparons ces fameuses gaufres :

Ingrédients pour 8 à 10 gaufres : 125 g de lait – 12 g de levure de boulanger fraîche ou un demi sachet de levure déshydratée – 250 g de farine – 1 pincée de sel – 125 g d’eau – 125 g de bière – 50 g de beurre – 1 œuf – Sucre glace pour le décor –

Diluez la levure dans le lait tiède
Dans une jatte : mélangez la farine, le sel, l’œuf et le lait additionné de la levure
Délayez cette pâte avec l’eau et la bière
Ajoutez le beurre fondu et mélangez bien. La pâte sera assez liquide.
Couvrez et laissez reposez pendant deux heures à température ambiante : la pâte va augmenter de volume.
Préchauffez le gaufrier
Versez une louche de pâte au centre et refermez aussitôt.
Laissez cuire trois minutes
Procédez ainsi pour toutes les gaufres
Saupoudrez-les de sucre glace avant de les déguster. 

Et oui, le bonheur, c’est simple comme une gaufre !

 

 

 

Sources :
Wikipédia.org/wiki/Gaufre
Le petit Larousse des saveurs des régions de France
Photos : Collection personnelle –

 

 

 

 

#ChallengeAZ… B comme Bisteu…

 

Le Challenge a débuté tout en douceur…  Mais, avec la lettre B, nous passons à table sérieusement… Et nous partons en Picardie et je vous propose de préparer un Bisteu ou Bigalan…
C’est un plat du terroir roboratif et rassasiant ! Un plat plutôt hivernal, le genre qui vous réchauffe des ravages du mauvais temps !

Le Bisteu est une tourte à la pomme de terre…Autrefois, il était réalisé dans toutes les fermes picardes et constituait, à lui seul, le dîner accompagné d’une salade.

C’est grâce à Antoine Augustin Parmentier (1737 -1813), enfant du pays, que la pomme de terre  est devenue très présente dans la cuisine picarde, le climat et le sol picard favorisant la culture de la tubercule. D’ailleurs, en Picardie, la production de pommes de terre arrive au deuxième rang national.

Quant à l’origine du nom « Bisteu », il viendrait du patois picard désignant le « pain bis », un pain avec lequel le Bisteu était réalisé jadis.

Ailleurs, on trouve des recettes similaires, notamment en Provence où le pâté de pommes de terre est appelé : flaouzou, flouzou ou flouzon.

Pour réaliser un Bisteu, il vous faudra :

Ingrédients pour 4 : 2 pâtes feuilletées ou brisées (au choix) – 600 g de pommes de terre à chair ferme – 400 g lard fumé – un gros oignon ou deux petits – 30 cl crème liquide – un œuf – sel & poivre

Epluchez l’oignon et émincez le.
Epluchez les pommes de terre, lavez et coupez en fines rondelles.
Coupez le lard en morceaux
Foncez un moule à haut bord avec une pâte feuilletée ou brisée. Etalez une couche de pommes de terre.
Ajoutez l’oignon émincé et les lardons.
Salez modérément & poivrez à votre convenance.
Répétez l’opération jusqu’à épuisement des ingrédients.
Versez la crème sur la préparation.
Couvrez avec la seconde pâte feuilletée ou brisée.
Joignez et soudez les bords soigneusement.
Dorez avec le jaune d’œuf.
Ménagez une cheminée au centre en incisant la pâte.
Placez dans le four préchauffé à 180°  pendant au moins 1h15

Servez chaud accompagné d’une salade de chicons (endives)

 

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Pour terminer ce repas picard, je vous suggère un « café polisson » ou une « bistouille » : c’est un café additionné d’eau de vie.

Comme on dit : « Cha récauffe eul’coeur ! »

 

 

 

Sources : http://jna.pagesperso-orange.fr/
Photos : Collection personnelle

 

 

 

 

 

 

Unis jusque dans la mort…

De tout temps, la Picardie a subi les invasions et les guerres.

Mais, on ne choisit pas l’endroit où l’on nait…  Et mes ancêtres paternels ont, ainsi, vécu entre guerre et paix.

Eppes

A Eppes (jadis Aippes), petit village axonais à l’est de Laon, mes Sosa 34 & 35,  Simon FERY et son épouse Marie Elizabet COCHET dite Babet sont manouvriers.

En 1787, ils se marient le jour de la Saint Sylvestre…  Ce n’est pas la première union pour Simon puisqu’il est veuf de Françoise BOTTIER… Mais, aujourd’hui, leur vie conjugale débute à l’aube d’une nouvelle année. Peut-être, pensent ils que cela est de bon augure ?

Mais, en 1789, la fronde populaire gronde… La Révolution va bouleverser leur existence. Pendant une dizaine d’années, ils vont supporter les contraintes et les misères de cette période.

Simon & Babet ont, au moins, deux enfants :

-Geneviève Séraphine, mon Sosa 17, née le 2 janvier 1791. Elle épouse Jean Charles Casimir MARLY, le 25 février 1829.

-Simon Auguste, né le 21 Messidor An 5 (9Juillet 1797). Il épouse Thérèse MOURAT, le 28 novembre 1820.

A nouveau, en 1814, Simon & Babet endurent les hostilités puisque Napoléon 1er et son armée livrent bataille à la sixième coalition européenne obligeant l’Empereur à abdiquer et entraînant l’occupation de la Picardie par les troupes russes et prussiennes… C’est la Campagne de France ! (cliquez pour accéder au déroulement des opérations militaires)

La vie de Simon et de Babet se passe, ainsi, entre résignation et dénuement…

Puis, le 28 janvier 1815, à 7h00 du matin, Simon, 64 ans, s’éteint dans sa maison.

Deux heures plus tard, c’est au tour de Babet, elle a 54 ans et elle rejoint Simon pour l’éternité.

Ce sont Louis Charles, 48 ans et Jean Antoine Cochet, 56 ans, les frères de Babeth, qui déclarent les décès à la mairie d’Eppes.

+ Simon FERY & Elisabet COCHET 28 janvier 1815

Pourquoi Simon & Babet sont ils décédés simultanément ?

Sont-ils morts d’une maladie due à la période hivernale… Ou bien à cause des calamités engendrées par la Campagne napoléonienne et par l’occupation ennemie tel le typhus qui faisait des ravages à cette époque ?

Je ne le saurai, sans doute, jamais…

Quoi qu’il en soit, découvrir la vie de ses ancêtres est toujours un moment particulier empreint d’émotion… Et ce fut le cas en recevant les deux actes de décès et en découvrant qu’ils étaient conjoints comme l’ont été Simon & Babet dans la vie… puis dans la mort !

 

 

 

 

Sources : actes de décès de Simon FERY & Marie Elizabet Cochet-                     Mairie d’Eppes

Image : Scène de la Campagne de France 1814 – toile d’Horace Vernet – XIXe siècle – Wikimedia Commons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fusillé pour espionnage pendant la Grande Guerre…

Depuis quelques jours, le site « Mémoire des Hommes » a mis en ligne une base concernant les fusillés de la Première Guerre Mondiale. (cliquez pour atteindre la base)

Par curiosité, j’ai effectué une recherche « par département », là où vécurent mes ancêtres. J’ai constaté que chaque département concerné possède son lot de malheureux exécutés.

Mon attention s’est plus particulièrement portée sur l’Aisne.  Dans ce département, j’ai compté onze fusillés : neuf militaires et deux civils, ces derniers ayant été accusés d’espionnage.

La Picardie se trouve dans la zone occupée par l’ennemi. J’ai d’ailleurs écrit un article que vous trouverez, ici. Et dans ces temps où régnaient suspicion, délation, exaction et condamnation, si l’Armée n’a pas épargné ses soldats, elle n’a guère épargné les civils, non plus !

Voici résumé le procès d’un pauvre hère qui a été condamné et exécuté, à mon avis, sommairement  :

Louis Ernest HIRSON dit « Nénès » est né le 15 septembre 1878 à Vailly sur Aisne.  Il mesure 1m60, il est blond et ses yeux sont couleur ardoise. Il est célibataire et exerce le métier de forain et de journalier. Il est décrit comme  marginal vivant au jour le jour et ne travaillant qu’occasionnellement.  Il vit dans une roulotte mais lorsque celle-ci est détruite par les bombardements, il trouve refuge chez des femmes seules du village qui l’hébergent dans leur cave.

Le 19 novembre 1914, il comparait devant le Conseil de Guerre de la VIe Armée à Villers-Cotteret. Il est accusé de vol mais aussi d’avoir entretenu des intelligences avec l’ennemi dans le but de favoriser ses entreprises ; autrement dit, il est un espion.

Il est informé que les témoins assignés contre lui sont le Sieur Louis Harlé, domestique et le Sieur Durrès, Inspecteur de la Police Mobile. Louis Harlé étant hospitalisé, il est représenté par Régnié, gendarme de la Prévôté du quartier général de la VIe Armée.

Le procès débute le 22 novembre à 8:00 par la lecture de plusieurs dépositions dont celles du frère, de la sœur et de la nièce de l’accusé contredisant ses déclarations.

Concernant l’accusation de vol :

En octobre 1914, aidé par un ouvrier, Hirson s’est introduit dans l’usine Wolber sise sur la commune de Vailly et y a dérobé deux enveloppes et deux chambres à air pour équiper son vélo au cas où il serait obligé d’évacuer précipitamment le village. Entre temps, l’usine a été incendiée lors des bombardements.

De plus, lors de son arrestation, Hirson dit posséder la somme de 150 Frs. Mais, en réalité,  il détient 200 Frs et semble l’ignorer… Suspect, suspect… pour un homme qui ne travaille guère ! Il déclare que cet argent représente ses économies depuis trois ans et qu’étant célibataire, ses dépenses sont très succinctes.

Concernant l’accusation d’espionnage :

– Louis Harlé est fait prisonnier par les allemands entre le 3 et le 16 octobre 1914 avant de s’évader. Il a aperçu Hirson, dans la nuit du 5 octobre, dans une tranchée allemande discutant avec un officier, lui communiquant des renseignements sur les troupes anglaises et leur Etat Major dont le Q.G se trouve dans la maison de Mr. Cadot, située à 150 m derrière l’église de Vailly.

Un rapport précise que la zone anglaise a été bombardée mais qu’il est impossible de dire si cela s’est produit lorsque l’Etat Major se trouvait dans la dite maison. Par ailleurs, Vailly étant sous occupation allemande, il n’a pas été possible de découvrir si des personnes avaient vu Hirson pénétrer dans les lignes allemandes. En outre, la gendarmerie connait très bien le jeune Harlé, domestique chez un certain Sieur Vilain, actuellement sous la domination allemande.

– L’inspecteur Durrès rapporte que Hirson est très mal considéré dans la commune et qu’on ne lui connait aucune ressource. Des gens notables du pays ont même déclaré que si Hirson avait de l’argent en sa possession, il était forcément de provenance suspecte.

Dans les documents mis en ligne, je n’ai rien lu concernant la défense du prévenu, à part un télégramme provenant de Paris et émanant du Ministère de l’Intérieur – Sureté Recherches confirmant que Hirson est inconnu à l’identité judiciaire ainsi qu’aux archives centrales du contrôle général.

Le procès a duré deux jours. Le 22 novembre 1914, Hirson est reconnu, à l’unanimité, coupable des chefs d’accusation. Il est condamné à la peine de mort après dégradation civique, ainsi qu’aux frais envers l’Etat.

Le 23 novembre 1914, au petit matin, Louis Ernest Hirson dit « Nénès » est exécuté dans le parc du Château de Villers-Cotteret.

Le 24 novembre 1914, le Greffier du Conseil de Guerre a adressé 200 Frs à la Caisse des Dépôts et Consignations.

 

 

Sources : SHD/GR 11 J 142 – Conseil de guerre – Photo :  SHD

#Généathème : Octavie, 100 mots pour une vie…

Il était une fois… Une jeune fille, Octavie, manouvrière de son état qui attendait son prince charmant…

Il se présenta sous les traits d’un jeune homme, Jules, manouvrier également…

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… Mais la vie n’est pas un conte de fée…

Octavie Wallon, ma grand-mère paternelle épousa Jules Marly, mon grand-père, le 10 septembre 1892 à Samoussy (02).  Ils fondèrent  une grande famille et eurent treize enfants  !

Ils déménagèrent trois fois vraisemblablement à cause du travail.

Une vie de labeur, les  nombreuses grossesses eurent raison de la santé d’ Octavie qui décèda à l’âge de 53 ans en 1923 à Laon.