#MaCuisineAncestrale… Les pignolats…

Qu’il est doux le temps des vacances en Provence… Se laisser aller à la rêverie sous la tonnelle, bercé par le chant des cigales…

Et notre rendez-vous gourmand, me direz-vous ?

Voilà, voilà… Il arrive avec cette recette originale !

J’ai découvert, au fil de mes recherches, que le nougat provençal est l’héritier des pignolats. Ces derniers existent depuis le Moyen-Âge.
Michel de Nostradame dit Nostradamus (1503-1566), célèbre provençal, les citait dans son « Traité des confitures et fardements »  (page 199) en 1552.

Si comme moi, vous êtes gourmets, vous ne résisterez pas à ces savoureuses petites bouchées !

Pour les réaliser :
150 g de poudre d’amandes
350 g de pignons
500 g de farine
500 g de sucre
2 œufs
3 cuillères à soupe d’eau de fleur d’oranger ou d’eau de rose

Concasser finement 150 g de pignons dans un mortier ou dans un mixeur
Ajouter la poudre d’amandes et la farine,  
Lier avec les blancs d’œufs et l’eau de fleur d’oranger,
Faire fondre le sucre avec un verre d’eau dans une casserole,
Incorporer la pâte et faire cuire quelques minutes sans cesser de remuer jusqu’à obtention d’une pâte ferme mais pas sèche,
Etendre la pâte sur une surface huilée,
Laisser tiédir,
Faire des petits tas de la taille d’une noix,
Rouler chaque noix en forme de croissant,
Disposer sur une plaque de cuisson huilée,
Décorer chaque pignolat avec quelques pignons entiers,
Faire dorer 10 minutes à four moyen (170°/180°)

Ces petits croissants de lune laissent présager un délicieux moment de gourmandise. Qu’en pensez-vous?

Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

Sources :
Wikipédia.org – oldcook.com
Mes recettes provençales – Cahier n°2 – Marielle Vialard – Editions Bhristine Bonneton
Image : Collection personnelle

#Ma Cuisine Ancestrale… La pâte d’abricots et autres fruits…

C’est l’été…
Et l’été, les fruits abondent et régalent nos palais avides de douceur et de soleil !

L’invention des pâtes de fruits remonterait au Xe siècle. Le milieu du XVe siècle voit les premières mentions de pâtes de fruits fabriquées. Ces dernières sont réalisées autour de Clermont-Ferrand et sont connues sous le nom de « pâtes d’Auvergne ».
Il s’agit à l’origine d’une méthode de conservation de la chair des fruits, d’où son nom de « confiture sèche ».

Voici la recette de la pâte d’abricots ou autres fruits telle que Margaridou, ma cuisinière auvergnate préférée, la concevait :

Choisissez des abricots bien mûrs.
Pour un kilo d’abricots, pesez 1,500 kg de sucre cristallisé
Disposez les abricots coupés en deux et dénoyautés dans une terrine.
Alternez une couche de fruits et une couche de sucre jusqu’à épuisement des ingrédients.
Laissez reposer au frais une nuit,
Le lendemain, versez le contenu dans une bassine à confitures ou une cocotte assez large.

Faites cuire la pâte jusqu’à ce que les abricots soient entièrement fondus
(avant que la pâte n’épaississe, je l’ai mixée avec un robot plongeur)
La pâte doit épaissir sans caraméliser et se détacher des bords,
Remuez sans cesse à l’aide d’une spatule en bois.
(comptez 20 bonnes minutes, voir plus)
Pour plus de facilité, ne pas cuire plus d’un kilo de fruits à la fois.

Étalez la pâte chaude sur une feuille de papier sulfurisé légèrement huilé sur un bon centimètre d’épaisseur.
Laissez sécher au soleil ou devant un four chauffé, mais foyer éteint (jamais au réfrigérateur)
Je l’ai laissé sécher à l’air libre dans ma cuisine.

Au bout de 24 heures, saupoudrez la pâte de sucre fin et retournez la sur une autre feuille de papier sulfurisé huilé.
Après deux ou trois jours de séchage, découpez la pâte en grosses pastilles (je l’ai coupée en carrés pour éviter le gaspillage) que vous faites « valser » dans du sucre en poudre avant de les conserver dans des bocaux en verre.

On peut préparer des pâtes de fraises ou de prunes de la même façon.

Pour la pâte de pommes qui est exquise avec un peu d’orange ou la pâte de coings :
Cuire les fruits à l’eau avant de les peser et après les avoir passés au tamis (ou au moulin à légumes)
Ajoutez 1,300 kilo de sucre par kilo de purée de fruits.
Puis procédez à la cuisson et au séchage comme ci-dessus.

Margaridou disait : « On a l’impression d’une taquinerie pleine de malice et de bonté ! »
J’aime cette façon d’interpréter les choses et cette confiserie fait désormais partie de mes petites recettes « Cadeaux maison » comme les amaretti.

 

Et en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous… Moi, c’est déjà fait !

 

 

Sources :
Wikipédia.org 
Margaridou, journal et recettes d’une cuisinière au pays d’Auvergne.
Image : Collection personnelle

#Ma Cuisine Ancestrale… Lou tourtoun di tres fraire…

Il était une fois, trois frères provençaux et pâtissiers qui montèrent à la Capitale pour y faire fortune. Celle-ci leur sourit !

En 1840, Arthur, Auguste et Narcisse JULIEN installèrent leur boutique, à l’enseigne des « Trois frères », place de la Bourse dans le second arrondissement de Paris, à proximité du théâtre du Vaudeville.

Ils devinrent célèbres grâce à leur première création qu’ils appelèrent tout simplement le « Trois frères ».

Le succès fut tel qu’un moule pour la cuisson porte le nom dudit gâteau. Il s’agit d’un moule à savarin à fond côtelé :
Juin est un mois festif où les célébrations familiales ne manquent pas… Alors pourquoi ne pas inviter le « Trois frères » sur vos tables !

Pour le réaliser, il faut :
6 œufs
200 g sucre en poudre
1 pincée de sel
180 g de farine de riz ou de farine de blé (j’ai trouvé différentes recettes utilisant l’une ou l’autre)
2 sachets de sucre vanillé
160 g beurre + pour graisser le moule
1 cuillère à café de levure chimique

Pour la garniture :
3 cuillères à soupe de confiture d’abricots sans les morceaux
Angélique et cerises confites

Préchauffer le four à 200°
Couper le beurre en morceaux et faire fondre doucement au bain-marie,
Dans une casserole : casser les œufs, ajouter le sucre et le sel,
Mettre sur feu très doux et battre jusqu’à ce que le mélange se liquéfie et mousse,
Hors du feu, ajouter toujours en fouettant, petit à petit, la farine tamisée, le beurre fondu, le sucre vanillé et la levure,
La pâte obtenue est assez fluide.
Beurrer généreusement le moule (un moule à savarin ordinaire fera l’affaire),
Verser la pâte,
Enfourner et baisser le thermostat du four au plus bas pendant 20 minutes,
Puis remonter le thermostat sur 200° et laisser cuire pendant 20 à 30 minutes (suivant votre four),
Pour démouler, au sortir du four, renverser le moule sur une grille.

Préparer le glaçage :
Mettre la confiture d’abricots dans une casserole avec une cuillère à soupe d’eau tiède, (j’ai remplacé l’eau par du Cointreau)
Mélanger et chauffer pendant 5 minutes afin que le mélange devienne sirupeux.

Poser le gâteau sur un plat de service,
Badigeonner-le avec la confiture à l’aide d’un pinceau.

Décorer avec l’angélique et les cerises confites (comme c’est la saison, j’ai choisi des cerises fraîches).

Et j’ai ajouté un petit bol de crème Chantilly au moment du service avec bien sûr « la petite cerise sur le gâteau » !

Mes biens chers frères, mes bien chères sœurs… C’est G comme Gourmandise avec ce gâteau qui j’espère ravira vos papilles comme il a ravi les miennes !

 

Images : Cuisine et Ustensiles.com – Collection personnelle
Sources : Les recettes provençales de ma Grand-Mère – Marion Nazet – Editions CPE

#ChallengeAZ 2017…

Cette année et pour la première fois depuis 2013, je ne  participerai au fameux #ChallengeAZ mis à l’honneur par notre Sophie de la Gazette des Ancêtres.

Mais, promis… juré, je penserai très fort à tous les généalogistes et à tous les archivistes de France et d’ailleurs qui vont transpirer sur leurs copies.

Comme je souhaite participer à ma manière à cet événement, j’ai trouvé une recette de vin tonique que je partage volontiers.
Cet élixir se boit en apéritif avec modération, bien sur.

Pour le réaliser  :
1 litre de vin rouge léger, non acide et non tannique.
15g Quinquina rouge concassé
10g Racine de gentiane concassée
5g Ecorces orange amère
Faire infuser le tout plusieurs jours
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Il vous reste huit jours pour préparer ce breuvage qui vous apportera force et courage tout au long du challenge.
Quant à moi, j’en boirai sans doute pour lire tous les billets à paraître…

Au plaisir…

 

Sources : L’art de recevoir et la cuisine à la fin du XIXe siècle, à travers le petit Echo de la Mode

#Généathème… Ils avaient un métier…

En mai, le généathème proposé par Sophie de la Gazette des Ancêtres met à l’honneur les métiers de nos aïeux.

Mes ancêtres étaient principalement manouvriers, ceux de Monsieur, étaient laboureurs ou cultivateurs, voire propriétaires cultivateurs.

Nos généalogies comptabilisent une centaine de métiers différents et essentiellement manuels.
Je constate qu’au 19e siècle et au début du 20e, mes ancêtres furent pour la plupart au bas de l’échelle sociale ; alors qu’au 17e et 18e siècle, ils semblaient jouer un rôle plus important.

En 2013, lors de ma participation au premier ChallengeAZ, j’avais parlé de mon Sosa 122, un badestamierce qui m’a valu d’être citée dans le numéro hors-série n° 38 (avril-mai 2014) de la Revue Française de la Généalogie.

Au XVIIIe siècle, certains cumulaient un métier et une fonction, comme ma branche BONNAIRE, dans l’Aisne, où les hommes furent charpentier et clerc de paroisse de père en fils.

En Bretagne, Jan LAVIEC fut fabricien. Chez les STEUN (Sosa 926), on a été lieutenant de paroisse ou lieutenant garde-côte.

Dans l’Aisne, Thierry BERTRAND (Sosa 354) fut pelletier ou peltier et Adolphe André COULON exerça le métier de pareur.
Deux métiers au poil, si j’ose dire… puisque le pelletier était un artisan
travaillant les peaux et les fourrures et le pareur faisait sortir les poils des draps ou des étoffes de laine au moyen d’un outil appelé chardon.

J’ai trouvé des précisions amusantes, comme : cantonnier de grandes routes comme le fut Alain BILLAND (Sosa 58) !
Cantonnier certes, mais pas n’importe lequel !

Quant à nos aïeules, elles s’occupaient principalement de leurs foyers. Certaines avaient un métier de complément comme les dentellières, mais beaucoup furent aussi manouvrières ou servantes.
Une seule se démarqua et fut sage-femme, en Normandie, au 18e siècle. Elle s’appelait Marie-Anne LE SAUNIER (Sosa 509).

Nos ancêtres étaient des « invisibles » qui exerçaient des petits métiers, mais qu’importe ! Maman me répétait souvent : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sotte gens ! »

Qu’en pensez-vous ?

 

Sources : Wikipédia.org – vieuxmétiers.org – geneacaux.net

Ma cuisine ancestrale… La brioche de la purification…

Oyez, oyez, gentes dames… Savez-vous qu’autrefois, une femme qui enfantait était considérée comme impure !

En Bretagne, par exemple, on estimait que la nouvelle mère attirait tous les malheurs et contaminait tous ceux qu’elle rencontrait.
Les travaux ménagers lui étaient interdits, car tout pouvait mal tourner. Elle était, également, bannie de l’église pendant les trois semaines qui suivaient son accouchement.

Passé ce délai, elle devait assister à la « cérémonie des relevailles ».
Lors de cette messe, elle recevait une bénédiction spéciale supposée la débarrasser de ses souillures et lui apporter la paix et le bonheur.
Ainsi, elle pouvait reprendre le cours de ses activités familiales et sociales.

Et pour célébrer ce retour, son entourage organisait une collation où l’on servait la brioche de la purification.

Pour la réaliser, il faut :
500 g de farine
75 g de sucre
125 g de beurre
2 œufs
15 cl de lait
10 g de levure de boulanger ou 2 sachets de levure chimique
1 cuillère à café d’eau de fleur d’oranger

Verser la farine dans une jatte,
Creuser une fontaine,
Ajouter les œufs, le sucre et le beurre ramolli,
Délayer la levure dans un peu d’eau tiède,
Verser dans le mélange avec le lait tiédi et l’eau de fleur d’oranger
Pétrir jusqu’à obtention d’une pâte souple et élastique,
Couvrir et laisser lever 2 heures minimum,
Confectionner 4 boules,
Les placer, côte à côte, dans un moule à cake,
Laisser reposer 1 heure dans un endroit chaud,
Badigeonner avec du lait ou un œuf battu,
Faire cuire dans un four à 180° pendant 30 à 40 mn.

Que mes aïeules me pardonnent, je dirai simplement que purifiée ou non, il n’y a pas de mal à se faire du bien en dégustant une bonne brioche.
Et vous, qu’en pensez-vous ?


 

Sources :
D’après le « Grand classique de la cuisine bretonne » – Jacques Thorel –
Editions Ouest-France
Image : collection personnelle

Mes pas dans leurs pas… 2…

Ma promenade se poursuit…

Je quitte Ploujean et me dirige vers Plouézoc’h, au nord de Morlaix, en traversant le Dourduff.
A l’entrée du village, la chapelle Saint-Antoine avec son porche en bois peint accueille les visiteurs.

Chapelle Saint-Antoine

Elle sert de salle d’exposition. On peut y admirer, entre autre, cet original meuble à offrandes :

Sous l’ancien régime, si les bourgeois payaient leurs impôts en argent, les paysans les payaient en nature (blé, orge ou avoine). Ce coffre équipé d’un boisseau de 12,5 litres permettait de mesurer les dons en grains dus au Clergé. Un répartiteur intérieur permettait la coulée à gauche ou à droite

L’église Saint-Etienne se dresse au centre du village :

Eglise Saint-Etienne – XVIIe siècle

Là aussi, des événements familiaux ont eu lieu entre 1697 et 1871 d’après les statistiques de mon fichier Hérédis :

Après Plouézoc’h, je longe la côte jusqu’à Plougasnou.

Là encore, l’église Saint-Pierre se dresse au centre du village et veille sur ses ouailles :

Eglise St-Pierre – XVe/XVIIe siècle

Mes ancêtres y ont célébré un baptême  :


La dernière étape de ce pèlerinage est Garlan, au nord-est de Morlaix :

Eglise N.D. des Sept Douleurs – XVIIe siècle

C’est le seul village visité où le cimetière ceint encore l’église. Dans ce lieu, mes ancêtres ont vécu une quarantaine d’événements, entre 1663 et 1861 :

Ainsi s’achève ma visite dans ce joli coin de Bretagne où ont vécu mes aïeux.

Je ne suis pas partie sans avoir vu Roscoff, un port corsaire et très british dont la spécialité est les oignons roses que les Johnnies allaient vendre en Angleterre juchés sur leur vélo :

Et bien sûr, j’ai fait un détour par la magnifique côte de granit rose :

 

 

Sources : Histoire des johnnies : http://www.roscoff-quotidien.eu/johnnies-fr-gb-bzh.pd
Images : collection personnelle

Mes pas dans leurs pas – 1…

A vous autres, hommes faibles et merveilleux
Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu
Il faut qu’une main posée sur votre épaule
Vous pousse vers la vie
(Tennessee Williams)

Pendant le week-end de Pâques, j’ai emprunté les chemins de traverse du Finistère nord qui mènent jusqu’aux lieux où vécurent certains de mes ancêtres.


Et à défaut de pouvoir mettre une main sur leur épaule, j’ai tenté de mettre mes pas dans leurs pas… Tenté seulement, car le paysage s’est métamorphosé avec le temps.
Pourtant au milieu de ce décor, un endroit semble immuable : l’église !

Voici le récit de ma promenade :
Tout commence à Morlaix avec son viaduc ferroviaire magistral. L’église Saint-Mélaine est adossée contre ce géant et cernée de ruelles moyenâgeuses.

Morlaix
Eglise Saint-Mélaine – XVe et XVIe siècle

Dans cette paroisse, une dizaine d’événements familiaux (baptêmes, mariages et enterrements) ont eu lieu entre 1715 et 1877, selon les statistiques de mon fichier Hérédis :

Puis, je me suis rendue à Ploujean… Autrefois, village indépendant, il est rattaché à Morlaix le transformant en quartier depuis 1960.
Ce lieu est le berceau de mes branches armoricaines : LAVIEC, STEUN, BESCOND, MORVAN, SALIOU…

Eglise N.D. de Ploujean – XIe, XIVe et XIXe siècle

Jadis un cimetière entourait l’église comme le montre les vestiges d’une stèle scellée dans un mur. J’ai décrypté les noms qui y figurent et le hasard m’a placé devant des patronymes connus :

Marie-Jeanne LAVIEC +16/5/1845 à 73 ans Nicolas GAOUYER, son époux, + 28/2/1849 à 74 ans Leurs enfants : Nicolas GAOUYER +1/7/1867 à 35 ans – Yves GAOUYER époux de Jeanne STEUN + 3/7/1872 à 71 ans – Hervé GAOUYER époux de Marguerite LAVIEC + 18/4/1877 à 68 ans – Louis Marie GAOUYER + 12/11/1895 à 80 ans –

Les LAVIEC sont certainement une des familles les plus anciennes de Ploujean. Celui dont le nom est gravé sur une pierre du mur sud était « fabricien » à l’époque.

Dans cette paroisse, 272 événements familiaux ont eu lieu entre 1599 et 1842, toujours selon les statistiques de mon fichier Hérédis.

A la sortie de Ploujean, se trouve la chapelle Sainte-Geneviève. Ce bâtiment perdu au fond d’un petit vallon est en mauvais état et semble abandonné.
Là encore, un LAVIEC, mon Sosa 3874, y a laissé sa trace, selon Ploujean-Patrimoine :
Une chaire hexagonale à panneaux sculptés s’appuie à une grille qui porte sur sa frise cette inscription : « Fait faire par Jan Laviec, lors gouverneur et maître Guillaume Kdeland chapelain de ceste chapelle 1639 »

Chapelle Sainte-Geneviève – XVIe siècle

A suivre…

 

Sources : Ploujean-patrimoine : https://ploujeanpatrimoine.files.wordpress.com/2013/12/eglise-nd-de-ploujean.pdf
Images : Collection personnelle
Carte Finistère : Google maps

 

#Généathème… Michel PARIS, mon Sosa hérétique…

Le généathème d’avril proposé par Sophie de La Gazette des ancêtres nous propose de raconter un Sosa au hasard… J’ai choisi de vous parler de mon Sosa 3844, à la 12ème génération, Michel PARIS.

Je pensais naïvement que tous mes ancêtres étaient des catholiques avérés.
Il se trouve que Michel PARIS et sa famille ne l’étaient pas. Ils le sont devenus par obligation… En effet, Michel PARIS et les siens étaient protestants !
Ils résidaient à Noyers (futur Noyers-Bocage) dans le Calvados, Doyenné de Fontenay-le-Pesnel.
Grâce au précieux travail de relevé de l’E.G.B.M.N (Entraide Généalogique Bretagne Maine Calvados), j’ai découvert une partie de la vie religieuse de mon Sosa.

La Normandie protestante était divisée en 6 colloques, dont pour la Basse Normandie : CAEN (Campagne de Caen et Bessin) auquel appartenait l’église de St Vaast regroupée avec celle des Essarts. Le temple protestant de St Vaast s/Seulles (bien que dans cette localité il n’y ait pas de famille protestante) couvrait la région suivante : Audrieu – Grainville s/Odon – Mondrainville – Noyers Bocage – Villy Bocage et Vendes.
De 1668 à 1677 on estime à 200, les fidèles protestants. L’exercice religieux y fut prohibé le 03/02/1685 suite à la déclaration royale du 26/12/1684, interdisant l’exercice dans les localités où il y avait moins de 10 familles de la Religion Prétendue Réformée.
A cette date, les nouveaux-nés doivent tous être baptisés à l’église catholique – Les mariages clandestins se font “au désert », les inhumations dans des terrains privés. (1)
Paroisse de Noyers
Sources : (1) J.A. Galland « essai sur l’histoire du protestantisme normand » – (Grassart éditeur 1898)

Michel PARIS était fermier à l’Abbaye d’Ardennes (14), Baronnie de Tesnières. Ce terme désignait en fait une ferme.

Fils de Jean et de Judith LOISEL, il a épousé Marie LESAGE, le 10/05/1671 au Temple de St-Vaast-sur-Seulles.
Ensemble, ils ont eu six enfants, 3 garçons et 3 filles :
– Suzanne née le 25/03/1672 à Noyers, baptisée le 27/03 au temple de St-Vaast S/Seulles. Ses parrain et marraine étaient Pierre Richard et Suzanne Badouet, sa femme. Quelques années plus tard, ils sont devenus les beaux-parents de Suzanne quand elle a épousé leur fils, Estiennes.

– Marie baptisée le 13/08/1673 (parrain : Daniel Paris bourgeois de Caen et marraine : Marie Paris, tante). Elle a abjuré le 7/04/1686.

– Pierre (Sosa 1944) né le 26/02/1676 à Noyers, baptisé le 8/03/1676 (parrain : Pierre Lesage, fils de Jean dit La BARIERE et marraine : Madeleine Lesage, grand-mère).
Pierre, 32ans, a épousé le 18/2/1708 Jeanne GAUGAIN, de Noyers, 26ans, veuve de Pierre GUERAUD « ayant fait faire auparavant abjuration publique audit Pierre de la RPR suivant attestation  du père Constance, capucin à Caen en date du 14/02/1708 auquel il s’est confessé »
Les deux actes se suivent dans le registre de Noyers. C’est comme cela que j’ai découvert que cette branche familiale était protestante.

– Estienne, baptisé le 6/06/1683 (parrain et marraine : Estienne Lesage et Magdeleine De La Coudre)

– Anne, âgée de 5 jours, a reçu le baptême catholique à Noyers, le 28/04/1694 (parrain et marraine : Jean Sevestre et Anne Paris)

Il n’y a pas trace du troisième fils.

L’Intendant de la Généralité de Caen a ordonné aux curés de chaque paroisse de la circonscription d’enquêter et d’établir un relevé des familles prostestantes.
Voici ce que le vicaire et prieur de Noyers a écrit, en termes soupçonneux, sur Michel PARIS et sa famille, le 19/05/1699 :
Michel PARIS et sa femme, fermier des religieux d’Ardennes (Baronnie de Tesnières située à Noyers – 6 enfants 3 fils 3 filles – les 2 grands 25a le dernier 15a. – la fille aisnée a épousé Estienne RICHARD le 28/10 dernier contre les ordonnances du Roy et les constitutions de l’église dont nous avons dressé procès verbal et fait plaintes à Mgr de Bayeux et à Mgr l’Intendant et l’information étant faite, l’affaire apaisée les hérétiques sont devenus plus insolents qu’auparavant.
La 2ème fille est « sur les voyes » de se marier,  la dernière a  5 ans –
Ledit Michel tient de ferme (fermage reçu) pour 1300 £ – il a de son propre de rente  200 £.

Sous la pression, Michel et Jean son père ont abjuré leur religion prétendue réformée, le 24/04/1686 et Marie Lesage sa femme, le 26/03/1686.
C’est ainsi que leurs descendants sont devenus des catholiques assidus !

Décidément, nos ancêtres nous réservent d’incroyables surprises… N’est-ce-pas ?

 

Sources : AD Calvados – Noyers et EGBMN
Image : Les réformateurs Luther et Calvin – Temple du Raincy (93)

 

Ma cuisine ancestrale… Poisson d’avril…

Je ne vais pas vous laissez nager entre deux eaux plus longtemps…
Ma découverte n’avait rien de secret…
Il s’agissait, bien sûr, d’un petit poisson tout frais pêché le 1er avril !
(En cliquant sur le lien, vous découvrirez les origines de cette tradition)

Pour me faire pardonner, je vous livre la recette originale qui m’a inspiré cette facétie.
Le koulibiac, koulibiak ou coulibiac est un plat d’origine slave qui remonterait au XIIe siècle. Il fut introduit en France par les immigrants polonais venus travailler dans le Nord.
Il peut-être garni avec du poisson, de la viande ou des légumes.

Poisson d’avril oblige, j’ai réalisé un Koulibiac de saumon…

Pour 6 personnes, il faudra :
100 g de riz (oryra sativa)
4 œufs (ovo gallus)
3 cuillères à soupe de semoule de blé fine (triticum durum)
600 g de filet de saumon (salmo salar)
1 verre de vin blanc (vino blancus)
1 bouquet garni de thym, laurier et persil (thymus, laurus nobilis et pertroselinum crispum)
1 cuillère à soupe de paprika (capsicum annuum)
3 échalotes (alluim ascalonicum)
350 g de champignons de Paris (agaricus campestris)
165 g de beurre (butyrum)
Sel et poivre (sal et piper nigrum)
500 g de pâte feuilletée.

Faire cuire le riz et l’égoutter,
Faire durcir 3 œufs,
Étaler la semoule dans une assiette et l’asperger d’eau bouillante salée (1 fois et demi le volume de la semoule),
Laver le saumon et l’éponger avec du papier absorbant,
Porter à ébullition 1,5 l d’eau salée avec le vin blanc, le bouquet garni et le paprika,
Plonger le saumon et laisser cuire 10 mn à petits frémissements,
Laisser refroidir le poisson dans le bouillon, puis égoutter,
Émincer les échalotes et les champignons de Paris,
Faire revenir dans une poêle avec 15 g de beurre,
Écaler les œufs et les couper en quatre,
Préchauffer votre four à 200° (Th. 6-7),
Tapisser une plaque de cuisson d’une feuille de papier sulfurisé,
Étaler les 2/3 tiers de la pâte feuilletée sur 3 mm d’épaisseur, en forme de rectangle (ou comme moi, en lui donnant une forme de poisson),
Étaler sans aller jusqu’aux bords en couches successives : le riz,  les champignons/échalotes, la semoule, le saumon grossièrement émietté et les quartiers d’œufs durs,
Relever les bords de la pâte feuilletée sur la préparation,
Étaler le tiers restant de pâte feuilletée et recouvrir le pâté,
Pincer les bords,
Réaliser des décorations avec les chutes de pâte,
Dorer avec un jaune d’œuf battu,
Glisser dans le four pendant 30 mn,
Servir très chaud avec le reste de beurre fondu en saucière.

N.B. J’ai adapté les proportions pour réaliser cette recette pour deux.

Voilà un poisson de fête qui fera frétiller vos papilles et ravira vos convives.
Et en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

 

Sources :
Le petit Larousse des saveurs des régions de France
Origines du poisson d’avril : www.france-pittoresque.com
Images : collection personnelle – mamietitine.centerblog.com