#RVAncestral… Triple mariage à Vieille-Brioude !

Sur une idée de Guillaume CHAIX, du blog : Le grenier des Ancêtres, le Rendez-Vous Ancestral propose de nous propulser chaque  troisième samedi du mois à la rencontre de nos ancêtres.

Donc, ce matin, je pâtissais pour le concours du #PatrimoineGourmand de @GallicaBnF lorsque tout-à-coup… Pftt… Je fus transportée en Auvergne, à Vieille-Brioude, en Haute-Loire exactement, le mardi 21 janvier 1806 !

Ma cuisine avait changé de décor et je me retrouvais, un peu étourdie, à fouetter mes blancs d’œufs au bout d’une longue table rectangulaire, entourée de bancs. Autour de moi, plusieurs femmes s’affairaient également.
La maîtresse de maison, Gabrielle TAVERNIER, ne fut guère surprise de me voir :

– Allons, allons, dépêchons-nous ! Le four banal est chaud et nous devons y cuire les tartes et les gâteaux !

Dehors, le vent balayait la plaine, l’hiver régnait. Mais, Jeammes DELHERME, Sosa 72 de Monsieur et cultivateur n’en avait cure ! Il discutait à l’entrée du four avec les hommes du village.

Les jeunes gens, eux,  avaient décoré l’entrée de la maison avec des genévriers enrubannés et en avaient placé tout le long du chemin jusqu’à la mairie. Les rires et les plaisanteries fusaient…

La gaieté collective me gagna ! Je finis de monter mes blancs d’œufs à la fourchette. Mes joues avaient pris de la couleur… ce qui fit également rire l’assemblée.

Tous les gâteaux enfin prêts, nous les portâmes jusqu’au four où la chaleur nous enveloppa doucement.
Gabrielle s’approcha de Jeammes ; ils étaient heureux et semblaient soulagés.

C’était un jour important pour le couple qui mariait leurs trois enfants lors d’une seule et unique cérémonie :

– Antoine, 28 ans et Sosa 36 était promis à Madeleine RICHARD, 27 ans.
– Louise, 25 ans, était promise à Guillaume ROCHE, 25 ans et cousin des RICHARD
– Marguerite, 18 ans était promise à Philix RICHARD, 22 ans et frère de Madeleine.

Je ne pus m’empêcher de penser que c’était par souci économique.

Une table fut dressée avec les gâteaux et les tartes, enfin cuits… pour faire patienter les invités qui arrivaient.

Les futures achevaient de se préparer aidées par les demoiselles d’honneur.
Enfin, le cortège se rendit à la mairie dans une joyeuse cavalcade, accompagné des musiciens.

Les promis portaient le costume régional… La robe des mariées était  de couleur vive  agrémentée d’un châle sur les épaules. Elles portaient sur la tête la coiffe traditionnelle avec un bonnet orné de dentelles et de rubans.
Les futurs portaient des brayes (culottes bouffantes), une veste courte et un chapeau de feutre noir orné également de rubans ; sans oublier la chemise blanche, offerte par les promises.

A la mairie, les trois mariages s’enchaînèrent. Les époux furent témoins à tour de rôle mais ne sachant pas signer, leur nom furent transcris par le maire, Jean-Marie MARRET.

La cérémonie achevée, les invités se retrouvèrent au banquet ; on avait mis les petits plats dans les grands : viandes bouillies et rôties, volailles, jambons et lard furent servis ; le tout arrosé de vin sucré.

Puis, on dansa beaucoup : la bourrée bien sûr, mais aussi la mazurka,  la polka, et la branle …

En fin de soirée, les jeunes époux tentèrent de s’esquiver… Il leur fut difficile de passer leur nuit de noces seuls. Les jeunes avaient concocté des farces : lit en portefeuille ou garni de clochettes… En pleine nuit, les amis n’hésitèrent pas à les réveiller pour leur servir la rôtie (mélange de chocolat et d’œufs battus) dans un pot de chambre.

Quand à moi, j’eus à peine le temps de dire au revoir à Jeammes et à Gabrielle, qu’un tourbillon m’aspira de nouveau et je me retrouvais dans ma cuisine.
Et vous savez quoi… Je fouettais toujours mes blancs d’œufs, mais avec un batteur électrique !

 

Sources : A.D Haute-Loire, Vieille-Brioude, 6 E 293/3 1802-1812 page 114
Image : Mairie : Vieille-Brioude.fr

#Généathème… Mes bonheurs généalogiques…

Sur la proposition de Sophie Boudarel de @gazetteancetres, en décembre, nous partageons nos bonheurs généalogiques !

Les recherches me réjouissent et parfois, j’ai le bonheur de trouver quelques petites perles.
Cette année, par exemple, j’ai été ravie de trouver un ancêtre galérien  ou bien encore un cousinage avec un biscuit célèbre.

En 2017, le bonheur est, également, venu de mes partages avec plusieurs cousins Généanet .
Parmi eux, je retiens ce que Thomas-Mickaël m’écrivait en avril dernier :

Je vous contacte car, ayant depuis peu démarré des recherches généalogiques, j’ai comparé mon arbre (naissant et très modeste) avec des recherches déjà effectuées par plusieurs membres de Geneanet.
C’est à cette occasion que j’ai découvert qu’une de mes ancêtres se nommait Anna Konjetzky. Son nom m’a frappé et c’est le genre d’ancêtre que j’avais envie de « rencontrer ».
J’ai donc, par pur hasard, cherché son nom sur google et je suis tombé, avec beaucoup d’émotion, sur votre blog ciel-mes-aieux.com
J’ai donc découvert le récit que vous avez fait de la vie de Jean François Wallon et d’Anna Konjetzky.
Le père de mon père est le petit-fils d’A…M… (qui figure également sur votre arbre, après comparaison sur Geneanet)…
Je tenais donc à vous remercier d’avoir rendu publiques vos recherches. Je les consulte avec beaucoup d’intérêt et de joie.
Je vous souhaite une bonne journée

Puis, cet été, David m’a interpellée, via Google+.
Il a lu mon billet : #Geneathème : La Seconde Guerre Mondiale.
Voici, son premier message :

Bonjour,

Je me permets de vous écrire, car je suis actuellement en pleine recherche sur une époque sombre de la vie de mon Grand-père et je suis tombé sur votre billet.
D’après mes recherches et les documents laissés par mon Grand-père, il faisait parti du 86 RI et à été prisonnier au Stalag IV B à Mühlberg, tout comme le père de votre mari.
Il portait le n° 6…..
En lisant votre billet, je pense qu’il a été fait prisonnier dans la journée du 20 juin comme vous le relatez.
Je serai heureux de pouvoir échanger.

Nous avons longuement correspondu et un mois plus tard,  il m’écrivait :

Bonjour Evelyne,

Je reviens vers vous pour vous dire que le SHD de Caen m’a demandé mon adresse postale donc je pense qu’ils ont le dossier et que je vais le recevoir sous peu.
J’ai trouvé le bon n° de matricule de mon papy qui a été recensé à … Ce matricule a été confirmé par les papiers que j’ai pris en photo chez mes parents (livret militaire, carte de rapatrié, laisser-passé allemand etc…)

J’attend maintenant une réponse des AD de la Loire.
Je ne sais pas comment vous remercier. Grâce à vous j’ai pu réécrire un bout de l’histoire de mon papy. Cet homme que je porte dans mon cœur à jamais. Cet homme qui a fait ce que je suis aujourd’hui. J’en ai les larmes aux yeux en vous écrivant.
Si vous m’aviez vu j’étais comme un gamin à Noel quand j’ai ouvert sa mallette de papier. Pouvoir les voir, les touchés, les sentir….
Vous m’avez fait vivre une superbe expérience car votre rencontre m’a donné espoir de trouver quelque chose.
Je me dis qu’il a peut-être connu le père de votre mari car même régiment et il a été capturé pas très loin de l’endroit où votre beau-père a été pris. Il a été capturé a Essey la Côte dans la même zone de combat.

Dois-je préciser que ces échanges m’ont touchée…  et que je suis fière que Ciel ! Mes aïeux donne l’envie à d’autres (dans mes deux exemples, à des plus jeunes) d’écrire leur propre histoire !

Mon bonheur a fleuri, 
Il a fait des bourgeons. 
C’était le paradis…
(Félix Leclerc : Le petit bonheur)

Et vous, quels ont été vos bonheurs généalogiques ?

Image : Pixabay.com/images gratuites

#MaCuisineAncestrale : Le pain d’épices…

Nom d’un petit bonhomme ! Voici l’histoire d’un surprenant gâteau dont la naissance remonterait à l’Antiquité.

Au temps de l’Egypte Ancienne, on était déjà friand d’un pain au miel, pareillement sur l’île de Rhodes, en Grèce où Athénée évoquait un mets baptisé « melitate » et Aristophane « melitounta » en désignant un pain contenant un mélange de farine, de sésame et de miel.

Les romains consommaient un pain frit enduit de miel appelé « panis mellitus » .
En Chine, on dégustait le « Mi-Kong », traduction littérale de « pain de miel » dont la recette remonterait au Xème Siècle.
Les soldats de Gengis Kahn l’introduirent dans les pays arabes. Plus tard, le « pain de miel » fit son entrée chez nous avec les Croisades.

Au Moyen-Âge, certains accordaient des vertus thérapeutiques au pain d’épices, le miel donnant l’immortalité aux dieux, les épices guérissant des maladies.
Ainsi, certains moules représentaient la fertilité ou encore la longue vie.
C’est au XIXe siècle que l’on abandonne peu à peu les moules pour former des pains d’épices à l’emporte-pièce. Les pains d’épiciers font preuve d’un grand sens artistique puisque l’on peut retrouver sur leurs créations des lithographies, des images, mais aussi des poèmes. Certains pains d’épices portent même le prénom de leur destinataire.

C’est lors des fêtes de fin d’années, à la Saint-Nicolas, que l’on offrait aux enfants du pain d’épices. C’est, en effet, le 6 décembre que les cadeaux étaient offerts dans l’Est de la France.
En 1570, le culte des Saints étant interdit, les cadeaux sont alors offerts les 24 et 25 décembre, le pain d’épices reste malgré tout à l’honneur.

Le pain d’épices faisait également l’objet de culte païens. On disait que les revenants donnaient du pain d’épices aux vivants pour être apaisés tandis que les mamans d’enfants mort-nés le déposaient en offrande à la déesse Perchta qui les emportaient au ciel.

Le jour de la Saint-André, patron des fiancés, les hommes offraient à l’élue de leur cœur un pain d’épices en forme de cœur ornés de d’anneaux, de mains et de colombes pour leur déclarer leur amour.

A l’occasion d’événements publics, des pains d’épices étaient offerts aux maires. Parfois, ce sont ces derniers qui servaient ces présents à leurs hôtes de marque. Les pains d’épices étaient alors fabriqués grâce à des moules aux armoiries de la ville.

Le pain d’épices permettait également d’affirmer son rang social, certaines personnes dont le rang était élevé se faisaient ainsi représenter sur le gâteau.

Le pain d’épices est aussi un cadeau qui s’offre à ses proches ou à ses voisins pour conserver un lien social. Il matérialise ainsi la confiance.

M’accorderez-vous la votre si je vous offre la recette du pain d’épices telle qu’on la réalisait autrefois, à Reims.
Cette recette est arrivée jusqu’en Auvergne puisque Margaridou, ma cuisinière  préférée préparait la même.

Alors, pour confectionner un pain d’épices d’antan, il faudra :

250 g de farine de seigle
250 g de miel 
175 ml d’eau
1 cuillère à café de bicarbonate de soude comestible
10 g d’épices mélangées en poudre telles que cannelle, badiane, cardamone, gingembre, clous de girofle, muscade, anis…. Selon votre goût

Préchauffer le four à 180°,
Chauffer l’eau dans une casserole,
Ajouter le miel hors du feu et mélanger,
Dans une jatte, tamiser la farine, le bicarbonate et les épices, 
Ajouter le liquide (eau+miel) et mélanger doucement à l’aide d’un fouet à main,
Transvaser dans un moule à cake graissé,
Placer dans le four et abaisser la température à 160°,
Laisser cuire pendant 50 minutes environ,
Démouler le pain d’épices sur une grille et laisser tiédir,

Pour conserver le moelleux du pain d’épices, enfermez-le encore tiède dans du film alimentaire et il sera encore meilleur si vous avez la patiente d’attendre un jour ou deux avant de le déguster.

Je vous souhaite un délicieux Noël et en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait.

 

 

Sources :
Histoire du pain d’épices : http://www.delicieux-instants.com/
Histoire du petit Bonhomme de pain d’épices : http://www.coindespetits.com/histoires/painepice/painepice.html
Image : collection personnelle

#MaCuisineAncestrale… Les Chocards…

Le rendez-vous mensuel de #MaCuisineAncestrale vous invite en Bretagne, et plus exactement à Yffiniac dans les Côtes d’Armor.
Pendant la seconde moitié de novembre, ce village d’irréductibles gourmands célèbre la fête des chocards (chocarts ou choquards), une spécialité locale.

Cette fête est née au 19ème siècle, sans que l’on connaisse avec exactitude la date. C’était à l’époque un grand événement avec une importante foire aux bestiaux animée par deux bals et une fête foraine.

Et, c’est un certain Mr Domalain,  boulanger local, qui créa le chocard, un chausson fait avec un reste de pâte à pain et des pommes coupées en dés car rien ne se jetait et appelé ainsi, parce qu’en novembre, nichaient dans le clocher de l’église des Choucas, une sorte de corneilles.

Aujourd’hui, le marché aux bestiaux n’existe plus mais les forains sont toujours présents. La fête bat son plein : on s’y amuse, on y danse et on y goûte les chocards.
Et, la pâte à pain a été remplacée par de la pâte feuilletée.

Pour réaliser 4 chocards :

2 abaisses de pâte feuilletée (environ 400 g)
800 g pommes de reinette
125 g de sucre roux
1 citron
1 ou 2 cuillères à café de cannelle selon votre goût
1 jaune d’oeuf

Peler les pommes, couper en deux, ôter le cœur et les pépins
Couper en morceaux
Faire cuire dans une casserole avec 2 cuillères à soupe d’eau, le sucre roux et la cannelle pendant 15 à 20 minutes.
La compote doit rester épaisse et sèche
Incorporer le zeste du citron râpé à la compote et laisser refroidir
Abaisser la pâte feuilletée et découper 8 disques de 18 cm de diamètre (j’ai choisi un emporte-pièce de 14 cm de diamètre)
Répartir la compote sur 4 disques
Humidifier le contour de chaque disque avec un peu d’eau
Recouvrir le tout avec les 4 autres disques
Pincer les bords des disques pour bien les souder
Mélanger le jaune d’œuf avec une cuillerée d’eau
Badigeonner le dessus des chocards
Ranger sur une plaque de cuisson
Cuire au four chauffé à 220° pendant 20 minutes.

Ensuite, c’est la fête pour les papilles et rien ne vous empêche de danser à la mode de Bretagne en dégustant les chocards chauds ou tièdes.

Et en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !


Sources :

Dictionnaire gourmand des desserts de nos régions de A à Z
Site : http://www.ouyena.com/specialites/
Carte des départements : cartesfrance.fr
Image : Collection personnelle

 

 

Les rencontres Généanet…

Généanet a 20 ans !
Pour célébrer l’événement, le site propose à ses gentils adhérents d’organiser des rencontres entre membres utilisateurs.
Je me suis, donc, portée volontaire pour coordonner une réunion sur ma commune dans l’Essonne.

J’ai communiqué à Généanet le jour, le lieu et l’heure de la réunion qui les a affichés sur la carte des coordinateurs.

Cette rencontre a eu lieu le lundi 16 octobre de 17 h à 20 h dans une salle mise à disposition par la Municipalité.

Côté participants : nous étions 10 personnes.
Les  huit membres du Club généalogique de Verrières auxquels se sont ajoutées deux personnes extérieures qui sont venues spontanément grâce à la carte des coordinateurs.

Côté convivialité, j’avais prévu des boissons et des petits gâteaux… (oui, les petits gâteaux sont partout !)

Après un tour de table afin de nous présenter les uns aux autres, nous sommes entrés dans le vif du sujet… C’est-à-dire que nous avons partagé sur nos propres expériences Généanet.

Parmi les petits trucs et astuces pour naviguer sur Généanet, voici ceux qui m’ont semblé les plus pertinents et qui nous ont été communiqués par un des généalogistes présent :

  • le ” basculemement instantané, en un click, d’un arbre à l’autre “  en changeant simplement l’identifiant Généanet des  différents correspondants. Il est facile de noter ou retenir seulement les identifiants de nos correspondants ou arbres qui nous intéressent sur Généanet
  • le   basculement instantanné de Sosa sur n’importe quel arbre, permettant de naviguer provisoirement avec n’importe quelle personne définie comme nouveau Sosa N°1,  cette astuce rapide est pratique pour comparer facilement les ascendances en parallèle, entre plusieurs arbres de correspondants…
  • la  “pose très facile de Post-it “ ou “annotations personnelles” , sortes des alertes,  ou des remarques,  nouvelles pistes à explorer  ou aimables invitations à corriger des erreurs/anomalies sur les fiches de certains arbres  de nos correspondants habituels ou occasionnels.
  • Par ailleurs, je trouve particulièrement intéressante et originale  la présentation automatique,  possible avec Geneanet , des ‘’arbres de Branches patronymiques” et ceci sur n’importe quel arbre … Je vous  conseille vivement d’essayer cette présentation. Cette synthèse est parfois surprenante  et enrichissante. Voici la procédure à suivre selon  le chemin indiqué ci dessous , en partant bien sûr du Sosa1 (et de préférence dans une  généalogie assez étoffée ou un peu complexe):
    – impression /  Ascendance / Outils de travail  /  branches patronymiques /  ici préciser le nombre de générations / cliquer alors sur le chiffre souligné du nombre de branches important pour un patronyme souhaité ; ce lien vous construira  alors  automatiquement votre ‘’arbre de Branches patronymiques”…

    Un exemple : l’arbre des cinq branches patronymiques « Bertrand » sur mon arbre Généanet.

     

    Je vous conseille, si cela n’est pas encore prévu, d’organiser et/ou participer à une de ces rencontres.
    Comme le dit Généanet, cette expérience humaine est fédératrice, enrichissante et j’ajoute : à renouveler.
    Et puis, n’hésitez pas à partager vos trucs et astuces !

#Généathème : 100 mots pour Marie !

Le mois d’octobre est propice aux exercices de style… comme le préconise Sophie Boudarel de La Gazette des Ancêtres avec ce généathème : 100 mots pour une vie.

Après Adèle, Octavie, René et Maria Joséphina, voici 100 mots pour Marie :

Oh ! Marie, si tu savais…

Un nombre tiré au hasard et te voilà sortie de l’anonymat le temps d’un billet…

Tu es mon Sosa 385, originaire de Caligny dans l’Orne. A 25 ans environ, tu épouses François Bertaut, un marchand, le 20 février 1680 à St-Denis-de-Méré dans le Calvados.
De votre union naît au moins un fils, Mathieu que vous appelez Mâce… Un drôle de surnom !

Trois petits tours… tu disparais.

On dit que les âmes deviennent des étoiles, Marie HALLEY, alors…

                                         « À qui donc le grand ciel sombre 
                                         Jette-t-il ses astres d’or ? 
                                         Pluie éclatante de l’ombre, 
                                         Ils tombent…? — Encor ! encor ! »
                                      (Victor HUGO – Les étoiles filantes)

 

Sources : 
http://www.poesie-francaise.fr

 

#Ma Cuisine Ancestrale : Noisettes & Châtaignes…

Pour se nourrir, nos ancêtres utilisaient parfois un rien… Ces petits riens permettaient de réaliser de succulentes recettes comme celles proposées ci-dessous.

La première est une variante du « creusois », un délicieux gâteau aux noisettes, simplissime à confectionner.

Comme son nom l’indique le « creusois » est originaire de la Creuse. La légende dit que la recette proviendrait d’un parchemin du XVe siècle découvert lors de travaux effectués en 1969 dans un ancien monastère situé sur la commune de La Mazière-Aux-Bons-Hommes, près de Crocq. Le gâteau était dit « cuit en tuile creuse ».

Ce n’est pas la recette originale que je vous propose car elle est jalousement gardée par les pâtissiers professionnels, mais une version ménagère.

Pour la réaliser, il vous faudra :
100 g de noisettes entières décortiquées + quelques noisettes pour le décor
100 g de farine
150 g de sucre en poudre
100 g de beurre fondu
1 sachet de sucre vanillé
4 blancs d’oeufs

Griller légèrement les noisettes puis les mixer,
Dans une jatte, verser la farine, le sucre en poudre, le sucre vanillé, les noisettes mixées puis le beurre fondu . Mélanger le tout,
Détendre les blancs à la fourchette pour qu’ils moussent,
Ajouter au mélange,
Verser le tout dans un moule à manqué beurré,
Placer dans le four chauffé à 180° pendant 35 à 40 minutes.
Le creusois est cuit lorsque la pointe d’un couteau plantée au centre ressort sèche.
Décorer avec des noisettes légèrement concassées.

 

Pour la seconde recette, je vous propose la confiture ou crème de châtaignes dite aussi marrons, issus du châtaignier (attention à ne pas confondre avec les marrons d’Inde, fruits du marronnier, qui eux ne sont pas comestibles)

C’est Clément Faugier, un industriel ardéchois de Privas qui trouva, en 1882, la méthode pour industrialiser le marron glacé, qui avait été servi pour la première fois à Louis XIV.

Clément Faugier eut l’idée d’utiliser les brisures de marrons pour confectionner et commercialiser, à partir de 1885, la Crème de Marrons, dont la marque fut déposée le 7 juillet 1924.


Fendre les châtaignes, 
Placer dans une casserole d’eau bouillante pendant 10 minutes,
Laisser tiédir et éplucher. Il faut retirer les deux peaux.
Remettre les châtaignes une fois nues dans une casserole et couvrir d’eau,
Laisser bouillir jusqu’à ce qu’elles soient bien cuites,
Egouter et passer au moulin à légumes,
Peser la purée obtenue,
Pour ma part, j’ai réalisé 900 g de purée 
Dans une casserole, j’ai versé 450 g d’eau, soit la moitié du poids de la purée,
J’ai ajouté 225 g de sucre en poudre, soit la moitié du poids de l’eau,
Une gousse de vanille fendue en deux (variante : remplacer la gousse de vanille par un petit verre de rhum)
Porter le mélange à ébullition pour faire un sirop,
Ajouter la purée  doucement,
Mélanger le tout et laisser mijoter en remuant sans arrêt pendant 15 minutes environ. Le mélange doit épaissir.
Retirer la gousse de vanille
Verser dans des pots à confiture ébouillantés
Fermer les pots et les retourner jusqu’à complet refroidissement.

Cette crème ou confiture de châtaignes est un délice !

Lors de vos prochaines promenades au creux des chemins ou dans les bois… Faites comme nos grands-parents, glanez les petits fruits d’automne ; ils vous réjouiront !
Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous, moi, c’est déjà fait !

 

Sources :
www.lacreuse.com
www.ardeche-découverte.com
Images : collection personnelle

 

 

 

LU, mon petit cousin…

La généalogie nous réserve bien des surprises et celle dont je vais vous parler est plutôt savoureuse quand on connait mon goût pour les gâteaux.

Pas de célébrité chez mes ancêtres, vous écrivais-je dans mon billet précédent.
Or cette semaine, ma curiosité a révélé un cousinage un tantinet renommé.

J’ai découvert que je possède une ascendance commune avec les Lefèvre-Utile… Oui, les créateurs du fameux petit LU –  ce petit beurre nantais que je croque depuis ma plus tendre enfance (oui, cela m’arrive encore…)

Mais comment les Lefèvre-Utile basés à Nantes peuvent-ils cousiner avec une descendante de picards, de normands ou de bretons voir d’ariégeois.

La révélation est liée à un post lu dernièrement sur Facebook. L’éditeur déclarait avoir remonté son ascendance jusqu’à Hugues Capet après avoir consulté le site Roglo.
Ce n’est pas tant l’ascendance de cette personne qui m’interpellait mais la promotion du site que je connais peu.

Pour mémoire : ROGLO est une base de données généalogique qui recense actuellement 7 029 754 personnes. Elle possède ses usages propres, résultant principalement des orientations définies par son fondateur, Daniel de Rauglaudre, créateur du logiciel GeneWeb.

Et, c’est en tapant mon patronyme dans le moteur de recherches que j’ai trouvé mes liens de parenté avec les célèbres biscuitiers qui avant d’être nantais étaient originaires de Picardie et plus précisément de l’Aisne.

Voici notre ascendance commune sur 10 générations :

1) Nicolas MARLY, charpentier, dont

2) Anthoine MARLY, charpentier (~°1643 +1720 à Erlon) marié en troisièmes noces avec Catherine CHARPENTIER (~°1655 +1725 à Erlon), mes Sosas 256 & 257, dont

3) Antoine MARLY,
charpentier-greffier de paroisse (°1692 +1747 Erlon), Sosa 128, marié trois fois. Il vous a raconté sa vie, ICI 
xx Marie-Barbe DARET                      xxx Marie-Jeanne CARLIER
(°1704 Voyenne +1741 Erlon)              Sosa 129
                                                                  (°1721 Dercy+1762 Chaourse)
seconde épouse, dont                            troisième épouse, dont

4)Marie Cécille MARLY                     4) Jean-François MARLY, Sosa 64
(°1732+1811 Erlon)                                   (°1744 Erlon +An XIII Erlon)
mariée trois fois, dont                             x Marie-Josèphe LEFEVRE
xxx Martin PICART                                 (~1731 +1791 Grandlup et Fay)
(°1737 Marcy S/M. +1811)

5) Jean-Louis PICART                         5) André MARLY, Sosa 32
(°1777 +1853 Chivy lès E.)                        (°1765 Grandlup et Fay
x Marie Rose BERNARD                         +1811 Ste-Preuve)
(°1775 +1865 Chivy lès E.)                        x Marie- Célestine VRAINE                                                                                                                                                                       
6) Catherine Adélaïde PICARD        6) Jean Charles Casimir MARLY
(°1797 Erlon +1879 Nantes)                      (°1802 Grandlup et Fay
x Jean-Baptiste Désiré UTILE                +1880 Samoussy)
(°1792 Fesmy le Sart                                   x Geneviève Séraphine FERY
+1878 Chivy lès E.)                                      (°1791 Eppes + 1858 Eppes)

7) Pauline Isabelle UTILE                  7) Joseph Séraphin MARLY, Sosa 8
(°1830 Marle +1922 Nantes)                     (°1829 Eppes + 1902 Samoussy)
x**Jean Romain LEFEVRE                    x Adeline octavie COULON
(°1819 Varenne en A. (Meuse)                 (°1830 Braye en Laonnois + ?)
+1883 Nantes)

8) **Louis LEFEVRE-UTILE                8) Jules André MARLY, Sosa 4
(°1858 Nantes +1940 Nantes)                   (°1868 Samoussy
x Mathilde GAUDIN                                  +1945 Athies s/Laon)
(°1859 Nantes +1937 Nantes)                   x Octavie A. WALLON, Sosa 5                                                                                             (°1870 + 1923 Laon)

9) ?                                                              9) Papa, ses frères & soeurs

10) ?                                                           10) Moi… Et mes cousins !

*Nos ancêtres communs ont indiqués en bleu
**
Cliquez sur les patronymes soulignés pour plus de renseignements

Certes le cousinage est lointain, mais il est avéré.

Pour finir, je ne peux m’empêcher de parler gâteau !
Savez-vous que la forme et les motifs du  » Petit Beurre  » Lu ne doivent rien au hasard…

Ce biscuit, créé pour être dégusté tous les jours, possède en surface 24 points, comme les 24 heures de la journée, 52 dents sur les bords comme les semaines de l’année, carré donc avec quatre dents proéminentes, comme les quatre saisons, d’une longueur de 7 cm pour les 7 jours de la semaine…

Je ne sais pas pour vous, mais petite, je commençais toujours à croquer les quatre saisons !

 

Sources :
Site ROGLO
Généalogie personnelle MARLY

Pierre GUILLOT, un ancêtre galérien…

D’après Jean de La Bruyère, nous descendons tous d’un roi et d’un pendu…

Pour ce qui est du Roi, je repasserai… D’ailleurs, une rapide recherche sur la fonction Généastar de Généanet me le confirme : rien de rien, pas le moindre petit cousin célèbre !

Mes ancêtres sont tous des invisibles et pour la plupart, leur vie est banale. Mais, de temps à autre, le fantôme d’un pendu sort des archives… Et là, c’est le Graal !

Voici l’histoire de Pierre GUILLOT :

Il est né vers 1684 à Clécy dans le Calvados. Ses parents sont Hippolyte GUILLOT et Jeanne BRISSET, mes Sosas 394 & 395 à la 9è génération.
Il est d’une bonne taille, son visage est ovale et ses poils (cheveux) sont châtains.

En l’an 1719, sous la Régence de Philippe d’Orléans, Pierre a 35 ans et exerce le métier de voiturier.
Le 24 mai de la même année, le Tribunal de Falaise-Grenier à sel le condamne à 3 ans de bagne à Marseille pour faux saunage à cheval.

Un faux-saunier était une personne qui faisait la contrebande de sel entre les différentes provinces de France et le vendait en fraude sans payer la gabelle.
Le faux-saunage représente 15,5 % des motifs de condamnation des 38 036 galériens pour la période 1680-1715, et atteint 23,3 % des 22 365 galériens pour celle de 1716-1748.

Le bagne de Marseille alimentait les galères royales bien avant la création du bagne de Toulon en 1748.
Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, c’est en ramant que les condamnés aux travaux forcés accomplissaient leur peine.

Pierre, matricule n°45070, est attaché à la Chaîne Bretagne avec 144 autres condamnés, dont 3 mourront en cours de route.

Les prisonniers étaient enchaînés par le cou deux à deux avec une grosse chaîne longue de trois pieds au milieu de laquelle il y avait un anneau rond. Puis on les faisait mettre couple par couple en rang ; on passait une longue et grosse chaîne dans les anneaux du milieu et la file se trouvait ainsi formée de 4 ou 500 hommes.
Il existait trois chaînes principales qui amenaient, chaque année, les galériens jusqu’à Marseille : la première partait de Paris, la seconde de Bretagne et enfin la dernière de Guyenne.
La chaîne Bretagne ramassait les condamnés de Rennes, Alençon, Orléans, Tours, Bourges, Moulins, Riom et Lyon.
Le funeste cortège déambulait ainsi à travers le pays. Le voyage était épuisant à cause de la lourdeur des chaînes, de la longueur des étapes, de l’insuffisance de la nourriture et des mauvais traitements. Beaucoup mourraient en route, d’autant plus qu’ils sortaient de leurs prisons en mauvais état. Et en cas de rébellion, les meneurs étaient condamnés à mort immédiatement.

C’est ainsi que Pierre arrive à Marseille, le 9 décembre 1719.

Le contingent de galériens appelé la « Chiourme » comptait également des esclaves turcs et des prisonniers venant de pays qui ne possédaient pas de galères.
Pour toute alimentation, les prisonniers recevaient une ration journalière d’environ 26 onces, soit 784 grammes de nourriture (pain, biscuit et soupe de fèves à l’huile).
Les châtiments corporels étaient multiples : langue percée au fer rouge pour avoir 
blasphémé, nez et oreilles coupés pour les mutins et les déserteurs, condamnation perpétuelle à rester sur les galères voir la pendaison, en cas de récidive.

Au printemps 1720, la peste débarqua à Marseille. Bien à l’abri de ses murailles et isolé de la ville, l’arsenal des galères ne fut pas ou peu touché par l’épidémie de peste. Les seuls forçats qui moururent de la peste furent les fameux « corbeaux » ou fossoyeurs qui furent chargés, à la demande des échevins, d’évacuer les cadavres dans les fosses communes. Il y eut tout d’abord 23 galériens qui furent employés à cette corvée, avec promesse de liberté s’ils échappaient à la peste, ce qui ne fut pas le cas puisqu’ils moururent tous. Ils furent remplacés par plusieurs contingents successifs qui furent placés sous une surveillance de soldats. En effet, les forçats pillèrent les logis abandonnés, achevèrent les moribonds ou les jetèrent dans les chariots avec les morts, ou s’évadèrent en s’habillant avec les vêtements des morts. On estime que 335 forçats moururent à la tâche et que 171 échappèrent à la mort et obtinrent la liberté promise.

J’ignore si Pierre a participé à ces funèbres travaux…
Sa période de condamnation achevée, il est libéré le 3 juillet 1723.
Mes recherches ne m’ont pas permis de savoir ce qu’il est devenu…

 

Sources :
*Relevé bagnards : Bibliothèque généalogique et d’histoire sociale de France – Site Généanet
*Faux-saunage : Odile Halbert, Faux-saunage entre Bretagne et Anjou, sur www.odile-halbert.com, 1998, m.à.j. 14.06.2006
*Les galères de France, 1481/1781 – Marseille port de guerre – Paul Masson – Site Gallica-BNF
*La peste à Marseille – Site Wikipédia .fr
*Image : Arsenal des galères à Marseille – Site Made in Marseille


 

#Ma cuisine ancestrale… Le pounti…

Dans son assiette arrondi mollement,
Un pâté chaud, d’un aspect délectable,
D’un peu trop loin m’attirait doucement.
J’allais à lui. Votre instinct charitable
Vous fit lever pour me l’offrir gaiement…
(A Mme Cne T. – A. de Musset -1810-1857)

Et vous, serez-vous attirés par ce pounti que Margaridou, cuisinière auvergnate devant l’Éternel, m’a susurré à l’oreille et que je vous offre bien volontiers !

Le pounti est l’exemple type du plat paysan réunissant les produits de la ferme et qui se transportait facilement comme panier-repas lors des travaux dans les champs.
Son origine est ancienne et on le trouve plus particulièrement dans le Cantal et l’Aveyron.

Je me suis inspirée de plusieurs recettes afin de créer la mienne, que voici :

250 g de poitrine fumée, ou de chair à saucisses, ou de petit salé, ou bien tout reste de viande. (J’ai utilisé moitié poitrine fumée, moitié chair à saucisses)
Une tranche épaisse de jambon de pays,
5 à 6 feuilles de blettes ou de cardes (ne prendre que le vert), ou 3 à 4 grosses poignées d’épinards,
1/2 botte de persil,
2 oignons,
100 g de farine de blé ou de seigle (j’ai utilisé moitié farine/moitié fécule de maïs)
3 œufs,
25 cl de lait ou de crème liquide,
Quelques pruneaux dénoyautés ou des raisins secs (facultatif)
Sel & Poivre.

Émincer finement (de préférence au couteau) la viande, le jambon, les oignons, les feuilles, le persil,
Poivrer.
Avec la poitrine fumée ou la chair à saucisse, inutile de saler.

Préparer une pâte à crêpe fluide avec la farine, les œufs, le lait.
Verser sur le hachis,

Mélanger le tout,

Verser dans une terrine graissée ou un moule à cake,

Pour les amateurs de sucré/salé : Ajouter quelques pruneaux ou des raisins secs dans la préparation (facultatif)

Mettre au four chauffé à 180° pendant 45 à 60 minutes. Le pounti doit avoir une belle croûte dorée.
Vérifier la cuisson en enfonçant la lame d’un couteau qui doit ressortir sèche.

Ce pâté se déguste chaud ou froid ou bien encore en tranches légèrement poêlées accompagné d’une salade verte.

* en bleu : les ingrédients que j’ai utilisé

Margaridou dit qu’il existe autant de pountis différents que de fermes auvergnates – quant aux détails de la préparation – mais, dans tous, la tradition demande le lard, les herbes et le lait.
Pour le reste, laissez parler votre imagination : remplacez l’oignon par de la ciboulette ou de l’échalote ; diminuez la quantité de farine ou bien remplacez-la par de la mie de pain et forcez sur les œufs…

Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez vous ! Moi, c’est déjà fait !

Source : Margaridou, journal et recettes d’une cuisinière au pays d’Auvergne – Editions Créer
Image : collection personnelle