#Ma Cuisine Ancestrale… Lou tourtoun di tres fraire…

Il était une fois, trois frères provençaux et pâtissiers qui montèrent à la Capitale pour y faire fortune. Celle-ci leur sourit !

En 1840, Arthur, Auguste et Narcisse JULIEN installèrent leur boutique, à l’enseigne des « Trois frères », place de la Bourse dans le second arrondissement de Paris, à proximité du théâtre du Vaudeville.

Ils devinrent célèbres grâce à leur première création qu’ils appelèrent tout simplement le « Trois frères ».

Le succès fut tel qu’un moule pour la cuisson porte le nom dudit gâteau. Il s’agit d’un moule à savarin à fond côtelé :
Juin est un mois festif où les célébrations familiales ne manquent pas… Alors pourquoi ne pas inviter le « Trois frères » sur vos tables !

Pour le réaliser, il faut :
6 œufs
200 g sucre en poudre
1 pincée de sel
180 g de farine de riz ou de farine de blé (j’ai trouvé différentes recettes utilisant l’une ou l’autre)
2 sachets de sucre vanillé
160 g beurre + pour graisser le moule
1 cuillère à café de levure chimique

Pour la garniture :
3 cuillères à soupe de confiture d’abricots sans les morceaux
Angélique et cerises confites

Préchauffer le four à 200°
Couper le beurre en morceaux et faire fondre doucement au bain-marie,
Dans une casserole : casser les œufs, ajouter le sucre et le sel,
Mettre sur feu très doux et battre jusqu’à ce que le mélange se liquéfie et mousse,
Hors du feu, ajouter toujours en fouettant, petit à petit, la farine tamisée, le beurre fondu, le sucre vanillé et la levure,
La pâte obtenue est assez fluide.
Beurrer généreusement le moule (un moule à savarin ordinaire fera l’affaire),
Verser la pâte,
Enfourner et baisser le thermostat du four au plus bas pendant 20 minutes,
Puis remonter le thermostat sur 200° et laisser cuire pendant 20 à 30 minutes (suivant votre four),
Pour démouler, au sortir du four, renverser le moule sur une grille.

Préparer le glaçage :
Mettre la confiture d’abricots dans une casserole avec une cuillère à soupe d’eau tiède, (j’ai remplacé l’eau par du Cointreau)
Mélanger et chauffer pendant 5 minutes afin que le mélange devienne sirupeux.

Poser le gâteau sur un plat de service,
Badigeonner-le avec la confiture à l’aide d’un pinceau.

Décorer avec l’angélique et les cerises confites (comme c’est la saison, j’ai choisi des cerises fraîches).

Et j’ai ajouté un petit bol de crème Chantilly au moment du service avec bien sûr « la petite cerise sur le gâteau » !

Mes biens chers frères, mes bien chères sœurs… C’est G comme Gourmandise avec ce gâteau qui j’espère ravira vos papilles comme il a ravi les miennes !

 

Images : Cuisine et Ustensiles.com – Collection personnelle
Sources : Les recettes provençales de ma Grand-Mère – Marion Nazet – Editions CPE

#ChallengeAZ 2017…

Cette année et pour la première fois depuis 2013, je ne  participerai au fameux #ChallengeAZ mis à l’honneur par notre Sophie de la Gazette des Ancêtres.

Mais, promis… juré, je penserai très fort à tous les généalogistes et à tous les archivistes de France et d’ailleurs qui vont transpirer sur leurs copies.

Comme je souhaite participer à ma manière à cet événement, j’ai trouvé une recette de vin tonique que je partage volontiers.
Cet élixir se boit en apéritif avec modération, bien sur.

Pour le réaliser  :
1 litre de vin rouge léger, non acide et non tannique.
15g Quinquina rouge concassé
10g Racine de gentiane concassée
5g Ecorces orange amère
Faire infuser le tout plusieurs jours
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Il vous reste huit jours pour préparer ce breuvage qui vous apportera force et courage tout au long du challenge.
Quant à moi, j’en boirai sans doute pour lire tous les billets à paraître…

Au plaisir…

 

Sources : L’art de recevoir et la cuisine à la fin du XIXe siècle, à travers le petit Echo de la Mode

Ma cuisine ancestrale… La brioche de la purification…

Oyez, oyez, gentes dames… Savez-vous qu’autrefois, une femme qui enfantait était considérée comme impure !

En Bretagne, par exemple, on estimait que la nouvelle mère attirait tous les malheurs et contaminait tous ceux qu’elle rencontrait.
Les travaux ménagers lui étaient interdits, car tout pouvait mal tourner. Elle était, également, bannie de l’église pendant les trois semaines qui suivaient son accouchement.

Passé ce délai, elle devait assister à la « cérémonie des relevailles ».
Lors de cette messe, elle recevait une bénédiction spéciale supposée la débarrasser de ses souillures et lui apporter la paix et le bonheur.
Ainsi, elle pouvait reprendre le cours de ses activités familiales et sociales.

Et pour célébrer ce retour, son entourage organisait une collation où l’on servait la brioche de la purification.

Pour la réaliser, il faut :
500 g de farine
75 g de sucre
125 g de beurre
2 œufs
15 cl de lait
10 g de levure de boulanger ou 2 sachets de levure chimique
1 cuillère à café d’eau de fleur d’oranger

Verser la farine dans une jatte,
Creuser une fontaine,
Ajouter les œufs, le sucre et le beurre ramolli,
Délayer la levure dans un peu d’eau tiède,
Verser dans le mélange avec le lait tiédi et l’eau de fleur d’oranger
Pétrir jusqu’à obtention d’une pâte souple et élastique,
Couvrir et laisser lever 2 heures minimum,
Confectionner 4 boules,
Les placer, côte à côte, dans un moule à cake,
Laisser reposer 1 heure dans un endroit chaud,
Badigeonner avec du lait ou un œuf battu,
Faire cuire dans un four à 180° pendant 30 à 40 mn.

Que mes aïeules me pardonnent, je dirai simplement que purifiée ou non, il n’y a pas de mal à se faire du bien en dégustant une bonne brioche.
Et vous, qu’en pensez-vous ?


 

Sources :
D’après le « Grand classique de la cuisine bretonne » – Jacques Thorel –
Editions Ouest-France
Image : collection personnelle

Ma cuisine ancestrale… Poisson d’avril…

Je ne vais pas vous laissez nager entre deux eaux plus longtemps…
Ma découverte n’avait rien de secret…
Il s’agissait, bien sûr, d’un petit poisson tout frais pêché le 1er avril !
(En cliquant sur le lien, vous découvrirez les origines de cette tradition)

Pour me faire pardonner, je vous livre la recette originale qui m’a inspiré cette facétie.
Le koulibiac, koulibiak ou coulibiac est un plat d’origine slave qui remonterait au XIIe siècle. Il fut introduit en France par les immigrants polonais venus travailler dans le Nord.
Il peut-être garni avec du poisson, de la viande ou des légumes.

Poisson d’avril oblige, j’ai réalisé un Koulibiac de saumon…

Pour 6 personnes, il faudra :
100 g de riz (oryra sativa)
4 œufs (ovo gallus)
3 cuillères à soupe de semoule de blé fine (triticum durum)
600 g de filet de saumon (salmo salar)
1 verre de vin blanc (vino blancus)
1 bouquet garni de thym, laurier et persil (thymus, laurus nobilis et pertroselinum crispum)
1 cuillère à soupe de paprika (capsicum annuum)
3 échalotes (alluim ascalonicum)
350 g de champignons de Paris (agaricus campestris)
165 g de beurre (butyrum)
Sel et poivre (sal et piper nigrum)
500 g de pâte feuilletée.

Faire cuire le riz et l’égoutter,
Faire durcir 3 œufs,
Étaler la semoule dans une assiette et l’asperger d’eau bouillante salée (1 fois et demi le volume de la semoule),
Laver le saumon et l’éponger avec du papier absorbant,
Porter à ébullition 1,5 l d’eau salée avec le vin blanc, le bouquet garni et le paprika,
Plonger le saumon et laisser cuire 10 mn à petits frémissements,
Laisser refroidir le poisson dans le bouillon, puis égoutter,
Émincer les échalotes et les champignons de Paris,
Faire revenir dans une poêle avec 15 g de beurre,
Écaler les œufs et les couper en quatre,
Préchauffer votre four à 200° (Th. 6-7),
Tapisser une plaque de cuisson d’une feuille de papier sulfurisé,
Étaler les 2/3 tiers de la pâte feuilletée sur 3 mm d’épaisseur, en forme de rectangle (ou comme moi, en lui donnant une forme de poisson),
Étaler sans aller jusqu’aux bords en couches successives : le riz,  les champignons/échalotes, la semoule, le saumon grossièrement émietté et les quartiers d’œufs durs,
Relever les bords de la pâte feuilletée sur la préparation,
Étaler le tiers restant de pâte feuilletée et recouvrir le pâté,
Pincer les bords,
Réaliser des décorations avec les chutes de pâte,
Dorer avec un jaune d’œuf battu,
Glisser dans le four pendant 30 mn,
Servir très chaud avec le reste de beurre fondu en saucière.

N.B. J’ai adapté les proportions pour réaliser cette recette pour deux.

Voilà un poisson de fête qui fera frétiller vos papilles et ravira vos convives.
Et en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

 

Sources :
Le petit Larousse des saveurs des régions de France
Origines du poisson d’avril : www.france-pittoresque.com
Images : collection personnelle – mamietitine.centerblog.com

 

 

 

Ma cuisine ancestrale… Une recette secrète…

J’aime les documents anciens et les vieux livres.  Et dernièrement, j’ai eu la surprise de trouver à l’intérieur de l’un d’eux, une feuille froissée et partiellement brûlée.

Cette page volante m’a intriguée, car il me semble qu’il s’agit d’une recette… Serait-ce une recette de cuisine ancienne ?


Les termes utilisés pour décrire les ingrédients sont en latin. Le mode opératoire de la réalisation n’est pas transcrit.

Curieuse de connaitre le fin mot de l’histoire, je vais tenter de la traduire…

Votre aide est la bienvenue… N’hésitez pas à me laisser des commentaires ! Merci d’avance.

Image : collection personnelle

Ma Cuisine ancestrale… Le Taillis et l’Emplumeus…

Qu’elle soit d’amour ou de discorde, ou bien encore fruit défendu… la pomme se met dans tous ses états pour nous séduire… depuis des temps fort, fort lointains.
Ce mois-ci, je vous propose deux recettes médiévales :

Selon la liturgie catholique, nous sommes entrés en Carême. Nos ancêtres respectaient cette longue période de jours maigres pendant laquelle ils pouvaient manger un Taillis.
V
oici la recette  telle que présentée dans le »Mesnagier de Paris » au XIVe siècle :

A servir comme en Karesme
Prenez fins roisins, lait d’amande bouli, eschaudés, galettes et croutes de pain blanc et pommes couppées par menus morceaulx quarrés,
Faites boulir votre lait et saffren pour lui donner couleur et du succre,

Et puis mettez tout ensemble tant qu’il soit bien liant pour tailler.
L’en sert en Karesme en lieu de riz.

Et maintenant , voilà la version contemporaine :
– 150 g de mie de pain
– Pistils de safran
– 2 verres de lait d’amande ou de lait de vache
– 125 g d’amandes en poudre
– 100 g sucre de canne
– 3 petites pommes
– 100 g de raisins secs
– Beurre pour le moule

Faire macérer quelques pistils de safran dans le lait,
Faire tremper les raisins secs dans de l’eau tiède
Pour plus de saveur, j’ai remplacé l’eau par un alcool et j’ai choisi du Calvados (chut, je ne vous ai rien dit…)

Détremper la mie de pain dans le lait safrané,
Ajouter la poudre d’amande et le sucre de canne,
Peler et évider les pommes,
Couper les en petits morceaux,
Ajouter les morceaux à la préparation avec les raisins secs préalablement égouttés, 
Mélanger bien le tout,
Verser dans un moule à cake (ou un plat) beurré,
Cuire au bain-marie pendant une heure dans un four chauffé à 160°,
(le dessus du gâteau doit être doré)
A la sortie du four, laisser refroidir et placer au réfrigérateur pour que le tout fige bien,

Démouler sur un tailloir (planche à découper) d’où l’appellation de la recette,
Tailler des tranches.

Quant à l’Emplumeus, d’après Maître Chiquart, Du fait de cuisine, 1420… il s’agit d’une recette pour malades.

Au XVe siècle, l’Emplumeus était une bouillie de pommes sucrée et se confectionnait comme suit :
– 800 g net de pommes (1 kg brut)
– 150 g d’amandes en poudre
– 100 g de sucre
– 250 g d’eau
– sel
Choisir des pommes à cuire, les éplucher et les couper en morceaux
Faire bouillir l’eau, ajouter les pommes et laisser à couvert pendant + ou -10 mn
Égoutter les pommes en conservant l’eau de cuisson
Monder (enlever la peau) et broyer de bonnes amandes douces ou simplement utiliser de la poudre d’amandes (« grant quantité »)
Délayer les amandes avec l’eau de cuisson des pommes pour faire un lait d’amandes bien épais
Laisser reposer une heure et filtrer le lait d’amandes dans une étamine en pressant fortement
Faire bouillir le lait avec une pincée de sel
Ajouter les pommes finement hachées et le sucre (« grant foison »)
Servir froid

De nos jours, la recette est simplifiée :
– 800 g net de pommes, de préference acidulées  (1 kg brut)
– 80 g poudre d’amandes
– 100 g de sucre de canne
– 200 g d’eau

Éplucher les pommes et les couper en morceaux,
Faire cuire à feu doux avec l’eau pendant 10 mn,
Ajouter la poudre d’amandes et le sucre,
Mélanger bien et laisser cuire à nouveau pendant 10 mn,
Mixer le tout pour obtenir une purée bien lisse,
Servir froid.

Moralité : Que vous respectiez le Carême ou pas et/ou que vous soyez malade ou pas, mangez des pommes !
L’adage dit : « Qui mange une pomme tous les jours, vit cent ans ! »
A bon entendeur…

Et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

Sources :
Le taillis, Le Ménagier de Paris –
Gallica BNF – http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k831118/f213.
D’après une recette trouvée sur le Calvados par

Camille Lelièvre www.patisseries.wix.com/lafleurdesdelices
L’emplumeus, d’après vivre-au-moyen-age.overblog.com
Images : Collection personnelle

Ma cuisine ancestrale… Carnaval…

Le mois de février est rythmé par Carnaval avec ses mascarades, ses cavalcades et ses farandoles de crêpes et de beignets, chaque région possédant et revendiquant ses spécialités.

Étymologiquement, Carnaval vient du latin médiéval « carne levare »  = enlever la viande, la viande désignant le gras que l’on mangeait les jours gras. Autrefois, on les appelait aussi les jours charnels.

Carnaval a le même sens que Carême-entrant ou Carême-prenant qui désignait, à l’origine, le début du Carême. Ces termes ont ensuite qualifié la fête clôturant les derniers jours avant ce dernier.

Donc, avant le jeûne et l’abstinence, il était bon de se défouler. Ainsi, la période des sept jours gras précédait les 40 jours maigres imposés lors du Carême .
Pour nos ancêtres, Mardi Gras était le dernier des jours gras, celui qui était fêté avec le plus d’éclat.

Le jour du Carnaval était alors, l’occasion de se retrouver en famille, entre amis ou voisins pour faire ripailles.

En Aveyron (région ancestrale de Monsieur) par exemple, le repas débutait par le Mourtaidol (soupe à base de pain et de safran) ou la Soupe du Carnaval.

Pour la réaliser, il faut :
– 3 carottes
– 3 navets
– 3 pommes de terre
– 2 poireaux
– 1 à 3 oignons et 1 à 3 gousses d’ail selon votre goût
– 1 petit chou vert
– 1,5 litre de bouillon de poule ou de bœuf
– Saindoux
– 2 cuillères à soupe de persil haché
– Sel, poivre, 4 épices

Éplucher les carottes, les navets, les pommes de terre, l’oignon et l’ail,
Couper le tout en dés,
Nettoyer les poireaux et le chou,
Hacher grossièrement,
Faire fondre un morceau de saindoux (environ 80 g) dans une marmite,
Verser tous les légumes,
Mélanger bien pour qu’ils soient imprégnés de gras sans les laisser colorer,
Verser dessus le bouillon chaud,
Saler, poivrer et ajouter le 4 épices,

Laisser cuire à couvert, à petit feu, pendant une bonne heure et plus,
Rectifier l’assaisonnement si besoin,
Server bien chaud après avoir saupoudré de persil haché.

Après cette entrée en matière, on servait, entre autres mets, la Poitrine de veau farcie ou la Fallette, le gigot pourri d’ails, les Farçous, la Pascade, le Pounti… (cliquer pour accéder aux recettes)

Puis, au dessert, on se régalait avec le Massepain, les Fouaces ou Fougasses, les Echaudés… Mais que diriez-vous de goûter mes Guenilles ?

Les Guenilles appartiennent à la grande famille des beignets. Les auvergnats les nomment ainsi à cause de leur forme qui, jadis, leur évoquait des lambeaux de tissus.

Pour réaliser, environ, une trentaine de guenilles, il faut :
 250 g farine
– 1 demi sachet de levure chimique

– 50 g beurre
– 50 g sucre en poudre
– 2 œufs
– 1 pincée de sel
– un peu de lait (juste de quoi détendre la pâte)
– 1 C.S de rhum (ou plus selon votre goût)

Mélanger tous les ingrédients dans l’ordre
Pétrir jusqu’à former une boule de pâte qui ne doit plus coller aux doigts,

Laisser poser une heure minimum au réfrigérateur,
Puis, étaler la pâte sur une épaisseur de 4 à 5 mm,
Découper des losanges à l’aide d’une roue à pâtisserie,
Frire dans un bain d’huile,
Éponger sur du papier absorbant,
Saupoudrer de sucre glace avant de déguster.

Après ce généreux repas, rien ne vous empêche de vous travestir pour défiler et danser au rythme des flonflons carnavalesques.

Et, en attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

 

Sources :
Lexilogos.com

Les recettes aveyronnaises de ma grand-mère – Editions CPE
Chaîne You Tube – Les carnets de Julie 
Blog Tourisme en Aveyron
Escoutoux.net
Images : collection personnelle

 

 

 

 

 

 

Ma cuisine ancestrale… Le gâteau des Rois…

2016 est mort ! Vive 2017 !
Que cette nouvelle année soit gourmande et savoureuse !

Dans deux jours, nous fêterons l’Épiphanie et il me vient à l’esprit les paroles de la Marche des Rois :

De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands Rois qui allaient en voyage,
De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands Rois, dessus le chemin…

Selon Margaridou, en Auvergne, le gâteau des Rois n’était pas une fine galette feuilletée, ni une savoureuse brioche aux fruits confits…
Que nenni, il s’agissait d’une couronne  bien modeste que l’on dégustait autrefois. Et je dirai que la texture et le goût sont un mixte entre le pain et la viennoiserie.

Voici comment le réaliser :

– 500 g de farine à pain
– 1 petite cuillère à café de sel fin
– 1 sachet de levure du boulanger spéciale pain
– 20 cl d’eau tiède
– 4 œufs entiers
– 150 g de beurre
– 60 g de sucre en poudre
– une fève ou une praline rose

Première étape, réaliser la pâte à pain :
Diluer le levure dans l’eau tiède
Dans un saladier, verser la farine et le sel, mélanger, ajouter l’eau et la levure.
Pétrir à la main (ou au robot, ou dans une machine à pain) pendant 10 à 15 minutes pour bien aérer la pâte.

Seconde étape, réaliser le gâteau :

Ajouter successivement les œufs entiers, le sucre et le beurre.
Recouvrir le saladier d’une serviette et laisse lever la pâte pendant une heure.
Il faut que la consistance de la pâte soit assez ferme pour la manier facilement.
Passé ce temps, saupoudrer votre plan de travail de farine
Former une boule avec la pâte
Aplatir légèrement
Trouer le centre de la boule avec un emporte-pièce (un verre peut faire l’affaire)
Puis, fendre en 5 parties égales pour former une étoile sans aller jusqu’au fond de la pâte.
Rabattre les morceaux coupés sur la couronne afin de former un triangle.
Placer  la fève sous un morceau de pâte rabattu
Préchauffer le four à 250 °
Placer la couronne sur une plaque de cuisson recouverte d’une feuille de papier cuisson
Faire cuire pendant 30 minutes dans le four à 200°.

Comme rien ne se perd, j’ai réalisé une seconde couronne, plus petite, avec la pâte enlevée à l’aide de l’emporte-pièce.

L’Épiphanie clôt les festivités de Noël et du Jour de l’An, c’est encore l’occasion d’un moment de partage familial ou amical.
La fève donne à celui qui la trouve, le droit de choisir son Roi ou sa Reine, mais aussi la cruelle obligation d’offrir à son tour, la semaine suivante un autre gâteau, arrosé de vin… C’est Margaridou qui le dit !

En attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous, moi c’est déjà fait…

 

Sources : Margaridou, journal et recettes d’une cuisinière au pays d’Auvergne.
Image : Collection personnelle

 

L’Avent… Jour 3… Ma cuisine ancestrale…

 

 Décembre prend, il ne rend.

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Aujourd’hui, une surprise derrière la fenêtre du jour,
vous ne trouverez pas d’ancêtre mais une recette de ma cuisine ancestrale. 

Je vous propose de réaliser une « coquille de Noël », autrefois appelée  « pain de Jésus ».

Initialement spécialité wallonne, les coquilles sont également répandues dans le Nord de la France, en Picardie et en Champagne. Leur origine remonterait au IXe siècle.

Selon l’endroit, la coquille est nommée couque, cougnou, cougnolle, cugnot, guenieu.
Tous ces termes désignent une viennoiserie fabriquée uniquement pendant l’Avent.
Sa forme symbolise un nouveau-né emmailloté, une représentation du petit Jésus.
Jadis, les enfants sages recevaient une coquille soit à la Saint-Nicolas ou bien le jour de Noël avec une orange.

On peut la réaliser nature ou l’agrémenter de raisins secs, de sucre perlé ou de pépites de chocolat.

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Ingrédients :
300 g de farine
15 g de levure du boulanger
15 cl de lait tiède
1 œuf + 1 jaune d’œuf
50 g de sucre
75 g de beurre
1 pincée de sel fin

Raisins secs, sucre perlé, pépites de chocolat (facultatif)

Dans un grand saladier, tamiser la farine et y réaliser une fontaine.
Délayer la levure dans le lait tiède.
Verser dans le puits formé avec l’œuf entier
Placer le sel et le sucre sur le pourtour de la fontaine.
Mélanger petit à petit la farine à la levure en ajoutant peu à peu le beurre ramolli.
Travailler à la main afin d’obtenir une boule de pâte lisse et élastique.
(Vous pouvez réaliser ces opérations dans un robot)
Couvrir d’une serviette et laisser reposer une heure à température ambiante. La pâte doit doubler de volume.
Retravailler rapidement la pâte et incorporer les raisins secs et/ou le sucre perlé, ou les pépites de chocolat.
Retirer deux petites boules de pâte et confectionner le corps de la coquille en formant un boudin.
Ajouter les boules à chaque extrémité pour figurer les deux têtes.
Jointer les trois parties entre elles.
Préchauffer le four à 200 ° en tenant compte de la spécificité de votre four.
Pour ma part, j’ai préchauffé le four à 200° puis j’ai baissé le thermostat à 180° au moment de l’enfournement)
Badigeonner l’ensemble avec le jaune d’œuf battu.
Faire cuire 30 minutes sur une plaque graissée.
Retirer du four et laisser refroidir.

En attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous, moi déjà c’est fait !
Mais, comme nous sommes sages, cette brioche sera présente sur notre table le matin de Noël !

 

Sources : www.andenne.be
Dicton du jour : www.mon-poeme.fr
Images : collection personnelle

 

Ma cuisine ancestrale : Le milhassou…

Quand l’Automne, abrégeant les jours qu’elle dévore,
Éteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,
Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s’approche du feu…
(Victor Hugo, Novembre…)

Oui, l’automne s’est installé… et dans la cuisine, les cucurbitacées s’invitent à nos tables.
Voilà une plante potagère magique… Une fée n’a t-elle pas transformé l’une d’elle en carrosse… D’accord, Cendrillon n’habite pas ici…
Cependant, d’un coup de cuillère en bois, je peux vous donner la recette merveilleuse du milhassou au potiron !

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Dans le Sud-Ouest et depuis le Moyen-Age, les Millas désignent une grande quantité de termes qui révèlent une multitude de recettes.
Millas vient de millet, graine utilisée avant que ne lui succède le maïs venu d’Amérique.
En occitan, le maïs prend souvent le nom du millet : milh, d’où le milhas ou milhade.
Le millas est également appelé millassou, milhassou ou millasson.
Les Millas se dégustent salé ou sucré mais le terme millassou s’applique de préférence aux versions sucrées.
De nos jours, encore, on déguste ce gâteau à la clôture de la fête du cochon qui coïncide avec la récolte des potirons et autres citrouilles.

Pour 8 personnes
Préparation : 30 mn – Cuisson : 15 mn + 45 mn

500 g de chair de potiron ou de citrouille
80 g de beurre –
200 g de farine de maïs –
150 g de sucre en poudre –
5 œufs –
50 cl de lait –
5 cl de rhum ou d’armagnac (déconseillé si vous confectionnez ce gâteau pour des enfants)
zestes de 2 oranges bio râpés ou extrait de vanille
une pincée de sel

Préparer la purée de potiron en le débarrassant de la peau, graines et filandres
Couper la chair en morceaux et mettre à cuire 15 mn environ avec 20 cl d’eau
Lorsque la chair est tendre, égoutter et passer au moulin à légumes dans un grand saladier
Faire ramollir le beurre
Ajouter la farine de maïs à la purée de potiron, mélanger
Verser le sucre, le beurre ramolli, les œufs un par un, la pincée de sel
Mélanger à chaque opération
Ajouter le lait, le rhum (facultatif) et les zestes d’oranges bio ou l’extrait de vanille.
Mélanger une dernière fois
Verser la pâte dans un moule beurré
Enfourner dans le four chauffé à 180°
Cuire pendant 45 mn
Saupoudrer avec du sucre glace
Déguster tiède ou froid.

Petites variantes : Ajouter plus ou moins de sucre – Apporter d’autres parfums : Armagnac, eau de fleur d’oranger, etc… – Ajouter des pruneaux ou des raisins secs.

En prime, je vous confie un petit secret : Pour les réfractaires aux cucurbitacées, j’en connais… Voilà un moyen de leur en faire manger sans qu’ils ne s’en aperçoivent. On ne décèle pas le goût du potiron dans ce dessert.
Je vous ai prévenu, c’est magique !

En attendant notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est fait.

Sources : Wikipédia.org
Inspirée par le Petit Larousse des Saveurs des Régions de France

Images : Collection personnelle