Un esprit maléfique…

Ces derniers jours, un esprit maléfique s’est emparé des réseaux sociaux provoquant une frénésie chez les généanautes.

Cette effervescence s’est muée en une véritable chasse aux Sosa : du 666, au 1000, en passant par le 1418 et voire même celui correspondant à l’année de naissance de chacun.

Bien évidemment, je n’ai pas résisté au sifflement perfide de cet esprit et j’ai plongé dans la grand’malle aux ancêtres pour savoir si, à ce jour, tous ces Sosa étaient identifiés dans mon arbre.

Que nenni ! Mes ancêtres sont encore des fantômes, excepté le Sosa 1000…

Voici un état de mon arbre :
– Sosa 666 : en novembre dernier, j’avais déjà parler de lui, ici !
Cette branche se situe en Pologne et bien qu’ayant fait appel à un généalogiste professionnel, les archives sont lacunaires. Les recherches risquent de s’arrêter au Sosa 82.
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– Sosa 1000 : Je vous ai aussi parlé de lui, ici
Vous comprenez pourquoi je suis si fière de l’avoir trouvé.

– Sosa 1418 : Encore deux générations à remonter pour le saisir, mes recherches s’arrêtent au Sosa 354 : Thierry BERTRAND marié à Heleine BITAILLE.
Juste deux patronymes trouvés sur l’acte de mariage de leur fille, Françoise, Sosa 177 qui a épousé Jean-Claude MEREAUX, le 5 juillet 1734 à Jeantes dans l’Aisne.
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– Quant à celui correspondant à l’année de ma naissance…
Là aussi, deux générations à remonter pour la connaître puisqu’il qu’il s’agit d’une femme appartenant à mes branches maternelles.
Mes recherches s’arrêtent au Sosa 488 : Gilles BRIERE qui a épousé Marie-Anne LE SENECAL, sans autre précision.
Gilles est le père de Pierre, Sosa 244, né le 6 février 1748 à Mondeville dans le Calvados.
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En conclusion, mes recherches avancent doucement… mais surement. Je finirai bien par trouver ces Sosa…
Alors, toi… Esprit maléfique… Il est inutile de me persécuter ! Je ne vendrai pas mon âme pour les retrouver… Ah, non !

Quoique…

Source : Image Maléfique – Gifmania.fr

Les métiers de la mer d’antan…

C’est à Etretat en Haute-Normandie, cité balnéaire célèbre pour ses falaises que j’ai admiré ces photos exposées le long de la plage et dédiées aux métiers de la mer d’autrefois :

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Les Mousses : Dès l’âge de 12 ans, les enfants de pêcheurs étaient coursiers, moussaillons puis mousses en pêche sur les caïques et canots.
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Les ramasseurs de galets : Les galets (99% de silice) étaient utilisés autrefois dans de nombreuses applications. Aujourd’hui la loi interdit de cueillir les galets.
La marchande d'huitres
La marchande d’huîtres : Jusqu’en 1935, la marchande d’huîtres vendait ses coquillages élevés à Cancale et parqués dans les bassins Marie-Antoinette.
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Les charpentiers de marine : Dans cet atelier, on fabriquait des « périssoires » bateaux typiques d’Etretat destinés à la promenade en mer
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Le ramendeur de filets : Équipé d’une navette et d’un couteau, le ramendeur réparait les filets de pêche abîmés.
Les laveuses
Les laveuses : Surprenant, ces femmes qui cherchaient une source d’eau douce à marée basse en creusant dans les galets afin de laver le linge des particuliers et des hôtels.
Les vireurs de cabestan
Les vireurs au cabestan : Il n’y a pas de port à Etretat. Il fallait donc remonter les bateaux sur la grève. Les hommes et les femmes viraient au cabestan, soit en poussant, soit en tirant.
La caloge
Une caloge : Une manière de recycler les bateaux fatigués d’avoir navigué. Mis hors-sec et munis d’un toit, ils étaient utilisés comme remise.

Je n’ai pas d’ancêtres concernés par ces métiers de la mer mais j’ai apprécié cette initiative sympathique pour faire découvrir l’histoire locale.

 

Sources : Conception/Studio Grand Angle Etretat – Municipalité d’Etretat
Image en-tête : collection personnelle

Les AGUTTES et les MOURET, des familles alliées… Episode 2…

Dans mon précédent billet, je vous ai décrit l’endroit où vivaient les familles AGUTTES et MOURET : Virargues, un village situé dans les Monts du Cantal ; une région magnifique mais une région autrefois enclavée, ce qui explique peut-être en partie, ce que j’ai découvert.

Voici comment deux familles ont fait de l’adage « L’union fait la force » leur devise en joignant l’ascendance maternelle de mon époux en l’état actuel de mes recherches :
       

Sosa 1 Monsieur
|
Sosa 3 Maman
|
Sosa 6 – Jean-Marie MOURET
°1887+1966 Murat
Je vous ai déjà parlé de lui, ici
x 1926
Sosa 7 – Maria PORTAL
9 enfants
|
Sosa 12 – Jean-Pierre MOURET
°1844 +1898 Sakatolo – Mananjary – Madagascar
Je vous ai également parlé de lui,
x 21 octobre 1871
Sosa 13 – Elisabeth RIGAL
9 enfants
|
Sosa 24 – Jean dit Jacques MOURET (MORET)
°1813+1890
x 11 janvier 1843
Sosa 25 – 
Marguerite MOURET (MORET) °1819+1859
2 enfants
|
Sosa 48 Jean dit Jean-Pierre MOURET (MAURET) °1783+1846
x 14 juin 1809
Sosa 49 – Marie AGUTTES
°1782+1848
5 enfants
|
Sosa 50 – Jean MOURET (MAURET)
°1776+1821
x 8 janvier 1795
Sosa 51 – Marie Hélis dite Marianne AGUTTES
°1779 +après 1843
9 enfants
|
Sosa 96 et 100 – Pierre MOURET (MAURET)
x 16 juin 1768
Sosa 97 et 101 – Licotte CHIROL
3 enfants
|
Sosa 98 et 102 – Jacques AGUTTES
°1756+1835
x 23 septembre 1777
Sosa 99 et 103 – Anne AGUTTES
°1751+1818
4 enfants
|
Sosa 196 et 204 – Pierre AGUTTES
x
Sosa 197 et 205 – Marguerite CHARBONNEL
4 enfants
|
Sosa 198 et 206 – Jean AGUTTES
x
Sosa 199 et 207 – Anne TISSIER
2 enfants

Pour démêler cette écheveau familial, j’ai mis en couleur les liens parent/enfant :
– Les Sosa 24 et 25 portent le même patronyme.
Je découvre qu’ils sont deux fois cousins germains puisque leurs pères, Sosa 48 et 50 sont frères et que leurs mères, Sosa 49 et 51 sont sœurs créant un bel implexe.
– Les parents des deux sœurs,  les Sosa 98-102 et 99-103 portent également le même patronyme, ce qui laisse supposer qu’ils ont aussi un lien de parenté établissant peut-être un autre implexe. Mais il sera difficile à démontrer car les registres sont lacunaires pour la période.

Mes investigations se sont révélées assez ardues :
Les fratries portent pour la plupart le même prénom : « Jean » pour les garçons et « Marie » pour les filles, prénoms trouvés dans les actes de baptême ou de naissance. Un pseudonyme est donc attribué aux enfants, lequel pseudonyme se retrouve dans les actes mariage ou de décès à la place du prénom.
Mais la difficulté majeure était de ne pas intervertir les enfants des Sosa 48/49 et 50/51 car les actes sont laconiques et donnent peu de renseignements.

A noter que dans le village, la lecture des registres a confirmé que les unions entre frères d’une famille et sœurs d’une autre famille ou le contraire sont une pratique courante du 17e et jusqu’au début du 19e siècle.
De même, qu’il n’est pas rare qu’un parrain et une marraine se marient peu de temps après un baptême, ledit baptême étant certainement une occasion à la rencontre des futurs.

Après avoir croisé mes recherches et consulté la collection départementale et communale des registres en ligne, je pense être arrivée à un résultat correct.
Les alliances entre les AGUTTES et les MOURET sont ainsi avérées et à plus d’un titre.

Et vous, avez-vous déjà trouvé de tels enchevêtrements familiaux ?

 

Sources : A.D Cantal – Virargues

Le testament de Marie BELLEJAMBE…

C’est en parcourant les registres paroissiaux de Noyers-Bocage, village ancestral situé dans le Calvados que j’ai trouvé cette archive insolite établie par le curé du lieu.

Séduite par la poésie du patronyme, je ne résiste pas au plaisir de partager ma découverte.

Marie Bellejambe est âgée de 35 ans et originaire de la paroisse de Saint-Ouen de Caen. Elle est la fille de feu François Bellejambe et de feue Anne Mariotte.
Marie est en visite dans le village de Noyers-Bocage, village situé à 18 km à l’ouest de Caen, pour ses affaires et réside chez un certain Robert Le Val.
Malheureusement, elle tombe malade.
Sentant sa fin proche, on fait appel au curé du village afin de lui administrer les derniers sacrements.
Mais, Marie Bellejambe ne se contente pas de recevoir l’absolution. Ayant quelques biens et étant certainement seule, elle désire disposer de son héritage et s’en confesse auprès du curé.
Ainsi, elle lui dicte ses dernières volontés.
Voici son testament :

Testament Noyers (14)- 1

testament Noyers (14) - 2testament Noyers (14) - 3Testament Noyers (14) - 4Le trentième jour de septembre mille sept cents onze
ayant été appellé et administré les sacrements à
marie bellejambe aagée de trente cinq ans, fille de
feu françois bellejambe et dame mariotte résidente
en la paroisse de St-ouen de caen, venüe en cette
paroisse de noyers pour ces affaires et etant
tombée en maladie dans la maison de Robert
Le val, elle a désiré disposer de ses biens et
fait son testament par devant moy pretre
vicaire de noyers soussigné pour être exécute
et ce sur lheure de midy en la maniere qui
ensui.
Premierement Je recommande mon
ame a Dieu La met sous la protection de la sainte
vierge Marie ma bonne patronne et mon ange
gardien et ayant vescu dans la religion catolique
apostolique et romaine, je désire y mourir.
Secondement je souhaite que mon corps soit
inhumé dans le cimetiere de la paroisse ou
je descederai. Pour faire les frais de mon
inhumation Je donne au St prieur de noyers
savoir La somme de vingt quatre livres aprendre
sur robert leval, dont le billet est dans mon
Coffre de la somme de dix ecus, dont six lui nes seront
données a Jean Lemaitre de noyers pour absorber
le vieux contes entre nous et parce que le dit le
val aura pu faire des frais pour ma maladie
Il seront rabattu sur la somme de vingt quatre
livre et à … payé et rabattu dix livres
troisiemement Je donne et legue  pour prier Dieu

pour moy et mon pere et ma mere au St
prieur de noyers savoir mon coffre draps serviettes
et un Doublier une caises et un paitry (?) sur quoy
Je ne dois que quinze sols par le loyer de ma
maison a le terme de la St Michel dernier passé
quatriemement je donne mes habits et linge
a mon refuge au St prieur de Noyers pour
dire ou faire dire des messes basses a la
valeur des dits meubles et habits aussi bien que
mon lit que je luy donne aussy pour la
meme fin
Je donne ma tasse a bouillon a marguerite paris
femme de robert leval et deux cuillieres detam
fin pour ces bons services dans ma maladie
Lesquels legs jay faie etant en pleine liberté

d‘esprit et de jugement sans contrainte ny
sollicitation, pour etre executez Comme ma
derniere volonté par mr pinet pretre vicaire 
de vendes que jay nomme pour mon executeur
testamentaire, Ce que jay marqué ne pouvant
signer et ne sachant ecrire apres que le present
ma ete lu et relu par maitre fouques noel
pretre vicaire du lieu de noyers en presence
De marin richar et Jean paris tous deux
de noyers.

Marie Bellejambe est décédée le lendemain, 1er octobre et a été inhumée le 2 octobre 1711 dans le cimetière de Noyers :
Son acte de sépulture suit son testament dans le registre .

Bien que Marie Bellejambe n’ait pu signé son testament, on peut penser qu’elle s’est éteinte l’esprit tranquille en ayant disposé de ses biens.

Pour information, j’ai trouvé qu’un « doublier » était, au Moyen Age, une nappe pliée en deux placée devant les personnages importants.
Mais à quoi pouvait servir cette nappe ?
Par ailleurs, j’ai un doute sur le mot « paitry ».
Si vous savez ce que cela peut être, n’hésitez pas à me le dire, ainsi que les deux mots manquants et remplacés par « … »

 

Sources : A.D Calvados – Noyers-Bocage – BMS [1706-1766] page 35 – 36

Touche pas à mon arbre !

Rassurez-vous, je ne menace personne !
Il est question, ici, d’un fait divers, d’une querelle de voisinage qui se passe en Auvergne, à la veille de la Première Guerre Mondiale.

C’est l’histoire d’un frêne qui pousse dans une haie vive… d’une haie qui est tiraillée entre deux compères qui revendiquent sa paternité… d’un frêne qui meurt d’un coup de hache… un geste qui mène ses soi-disant pères devant les tribunaux !

Reymond Achon & Pierre M… sont chacun propriétaire d’un pré séparé par la fameuse haie.
Pierre M… cueille, coupe, taille et profite des « fruits et produits » provenant de ladite haie… Mais, des disputes éclatent entre Reymond et Pierre M…à ce sujet.
La polémique enfle, et en février 1912, Grand-Père Reymond coupe un frêne et s’approprie son bois !

Mais, quelle mouche l’a piqué !

Son geste plonge le village, jusqu’alors paisible, dans un énorme débat.
L’affaire fait grand bruit  : on crie au charron, on vocifère… A la veillée, on jase au coin de l’âtre … Des clans se forment…
Le crime ne restera pas impuni : on saisit la justice ; en l’occurrence, c’est Pierre M. qui l’a saisit…
Justice qui, dans un premier temps, ne possédant pas assez d’éléments pour statuer a recours à l’expertise !
On nomme, donc, un géomètre dont le rôle est de visiter les lieux litigieux, en dresser un plan, vérifier les allégations des plaideurs, rechercher les bornes séparant les propriétés, déterminer par lesdites bornes si la haie doit être considérée comme mitoyenne ou comme appartenant exclusivement à l’une ou à l’autre des parties, rechercher si l’arbre abattu par Achon se trouve sur sa propriété ou, au contraire, sur la ligne séparatrice des deux propriétés.
L’expert pourra s’entourer de tous renseignements utiles et entendre tous indicateurs, qu’il tentera de concilier les parties ou à défaut de conciliation dressera de ses opérations un rapport qu’il transmettra par la Poste sous pli recommandé au Greffe du Tribunal Civil.

L’opération est fixée au matin du 25 février 1913, mais à cause du mauvais temps celle-ci est reportée au mardi 18 mars 1913 à 9 heures précises.
Ah, si le ciel ajoute son grain de sel… Il serait plus exact de dire ses gouttes de pluie… à l’affaire !

L’expert, Vital Allègre, accompagné des protagonistes, procède à toutes les vérifications demandées par le Tribunal et établit un plan ainsi qu’un rapport de quatorze feuillets.
Le rapport est un savoureux mélange de Clochemerle et d’analyse géométrique !

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Aucune conciliation n’étant possible, Pierre M… et Reymond Achon comparaissent devant le Tribunal Civil de Brioude.

Le 19 décembre 1913, la Justice rend son verdict :
… Attendu qu’il résulte de l’exploit introductif d’instance que le Sieur M. prétendait être propriétaire exclusif tant de la haie séparant de son terrain de celui du Sieur Achon, que des arbres s’y trouvant et aussi du sol sur lequel cette haie et ces arbres étaient enracinés, qu’il faisait, en outre, grief au défendeur d’avoir abattu et de s’être approprié un arbre, s’élevant dans cette haie et lui réclamait de ce chef une somme de mille francs à titre de dommages et intérêts et s’entendre à être condamné aux dépens…
… Attendu que l’expert indique dans son rapport que les parcelles numéros un et deux du plan sont exactement délimitées par la ligne déterminée par le milieu des deux bornes A et X ; que cette ligne traversant longitudinalement la haie dans son milieu, il s’en suit que cette haie est mitoyenne.
… Attendu que Achon reconnait avoir coupé le frêne dont la souche existe encore au point S du plan
… Attendu qu’étant donné le caractère de mitoyenneté de la haie, les arbres qui s’y trouvent sont également mitoyens (article 670 du code civil), qu’en procédant à l’abattage de cet arbre, Achon a incontestablement contrevenu aux dispositions des articles 669 et 670 du code civil qui indiquent que tant que dure la mitoyenneté de la haie, les produits en appartiennent aux propriétaires par moitié 
Mais attendu que de son côté, M… a reconnu qu’il avait taillé régulièrement la haie et les arbres de diverses grosseurs marquées par les lettres R,R’, P et O du plan, qu’en ce faisant, il a également outrepassé ses droits et n’a pas respecté le caractère de mitoyenneté de la haie
… Attendu enfin, que l’expert estime que la valeur de l’arbre coupé par Achon est sensiblement égale à celle du produit de l’élagage dont le demandeur a profité et que de ce chef les susnommés ne se doivent rien
… Par ces motifs, le Tribunal après en avoir délibéré, statuant publiquement… déclare M… mal fondé dans toutes ses demandes, fins et conclusions, l’en déboute et le condamne aux dépens…

Qui est bien qui finit bien, l’honneur de la famille Achon est sauf !

L’histoire ne dit pas si Reymond et M… sont restés fâchés.

Quelques mois plus tard, la grande Histoire plonge définitivement dans l’oubli cette querelle qui a fait beaucoup de bruit pour rien !

Et vous, avez-vous trouvé des archives relatant des querelles de voisinage ?

 

 

Sources : archives familiales

 

 

 

 

Le collecteur pour la taille et le sel…

C’est en travaillant sur les registres paroissiaux de Saint-André-sur-Orne (village ancestral) dans le Calvados, que j’ai trouvé ces transcriptions concernant l’élection des collecteurs du sel et de la Taille :

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Page gauche : L’an de grâce mil sept cent trente deux le dimanche septième jour de décembre après la messe ditte et célébrée les paroissiens de cette paroisse se sont assemblés pour délibérer de leur affaires et particulièrement pour faire et donner authorité à Robert Brion collecteur pour l’année prochaine de la taille de la siscoir sur tous les taillables ce qu’ils ont signé ce dit jour et an que dessus.

Page droite : Le septième jour de décembre les paroissiens de cette paroisse étant assemblés ont remarqué que le collecteur qu’ils avoyent eleu ci avant pour faire la collection du sel pour l’année prochaine à eleu un autre domicile à la paroisse d’Allemagne ; il ont a cause de cela prévu … une autre élection ce dit jour cy dessus marque de la présente année mil sept cent trente deux et ont eleu pour l’année prochaine mil sept cent trente trois la personne de Pierre Marie pour faire la collection du sel ce qu’ils ont signé et ont derollé Jacques Perier sorti de la paroisse

L’an de grâce mil sept cent trente trois le dimanche dix huictième jour d’octobre après les vêpres dits et célébrés les paroissiens de cette paroisse se sont assemblés pour délibérer de leurs affaires et particulièrement pour faire l’élection du collecteur du sel pour l’année prochaine mil sept cent trente quatre lesquels cy dessous signés ont … la personne de Joseph Philippe  les présens délibérans pour … ce quils ont signe ce dit jour et an que dessous…

Etonnée par ma découverte, je compatis avec mes ancêtres car s’il existe une chose immuable en ce monde, ce sont les impôts ! Sujet, ô combien épineux !
Sous l’Ancien Régime,  nos ancêtres étaient assujettis au paiement d’impôts telle la taille et la gabelle. Initialement, cette dernière désignait tout impôt avant d’être réservée à l’impôt sur le sel.

Comment fonctionnaient ces élections ?

Le Dictionnaire de l’Ancien Régime m’apprend qu’elles ont été mises en place par l’administration royale au début du XVIIIe siècle pour pallier au manque de receveurs.
Tous les ans, l’assemblée paroissiale, sous la houlette d’un syndic, élit un collecteur-asséeur chargé de réunir l’impôt.
L’élu doit être obligatoirement un taillable.
Son intégrité est protégée par la rotation annuelle. Sa responsabilité personnelle de la collecte incite à une répartition juste. Cependant, comme il ne peut y avoir de non-valeur pour le Roi, le collecteur paie pour les défaillants.
Pour le recouvrement de l’impôt, le collecteur se rend chez le contribuable avec le rôle (feuille d’imposition) qu’il a rédigé et qui a été vérifié et rendu exécutoire par les élus pour que chacun vérifie l’assiette (somme due).
Le paiement se fait théoriquement les 1er décembre, 1er mars, 1er avril et 1er octobre. Mais les arrangements existent ; le collecteur doit donc tenir un cahier de comptes…
En cas de non-paiement de l’impôt par les contribuables, le collecteur peut user de différents moyens de pression pour récupérer les sommes dues. Si toutes les tentatives de récupération ont échoué, le collecteur va séjourner en prison.
Néanmoins, le collecteur est protégé des pressions : à sa sortie de charge et pendant trois ans, il ne peut être imposé à un taux supérieur à celui de l’année précédent son entrée.
Finalement, la charge de collecteur-asséeur est peu enviable… comme on peut le comprendre !
Au XVIIIe siècle, sont exempts les syndics de paroisse et les marguilliers durant leur année d’exercice, les pères de huit enfants mariés, les septuagénaires, les incurables et les pauvres notoires ; mais aussi les avocats, gardes-étalons, maîtres de poste, salpêtriers, greffiers, cavaliers de maréchaussée, officiers des eaux et forêts, arpenteurs, receveurs des amendes, greffier des domaines de gens de main-morte et des insinuations ecclésiastiques, commis au contrôle des actes et des exploits, directeurs, receveurs, contrôleurs et tous autres commis des fermes, le chef de chaque juridiction consulaire et enfin les médecins.
Le Traité des tailles explique que la présence d’un médecin est une espèce de remède et elle réjouit le malade, alors que la présence d’un médecin collecteur le saisirait et redoublerait son mal. L’administration compatissait-elle au sort des malades ?

J’ajouterai que le collecteur doit résider dans la dite paroisse comme l’explique la seconde transcription.
Par ailleurs, l’histoire ne dit pas si l’élu pouvait refuser cette tâche bien ingrate, mais le déménagement pouvait être un moyen détourné pour y échapper.

Et vous, connaissiez-vous l’existence des collecteurs-asséeurs ?

 

 

 

Sources :
Dictionnaire de l’Ancien Régime-Lucien Bély : L’invention de l’impôt sur le revenu. La taille tarifiée 1715-1789 – Mireille Touzery
A.D Calvados – Saint-André-sur-Orne : B.M.S 1665-1792 (5MI-EC 387)

Qui est mon Sosa 666 ? …

Suite à l’envoutant article de Elsasser Wurtzle et à l’heure où sorcières, fantômes, zombies et autres diables s’obstinent à nous jouer de vilains tours…  J’ai également cherché mon Sosa 666.

Autant vous l’avouer, j’ignore tout de mon ancêtre hormis qu’il est un homme puisque son numéro Sosa est pair.
Je ne connais ni son pays, ni sa ville ou son village, ni son métier, ni même sa langue maternelle.
Alors, le mauvais sort s’acharne t’il sur ma généalogie ?

Pragmatique, j’opterai plutôt pour une énorme épine car mon enquête m’entrainera hors de nos frontières accompagnée par mon Sosa 41,
Anna Joséphine KONJETSKY.
Je vous ai déjà parlé d’elle, ici et .

Son acte de décès mentionne le nom de ses parents :
– Joseph KONJETSKY (Sosa 82) X Marie-Thérèse BOCHMIN (Sosa 83)
C’est maintenant que les choses se compliquent mais un petit schéma devrait nous éclairer :

IMG_1978Pour résumer : 666 est le père de la mère du père de la mère de Anna Joséphine KONJETSKY… Simple, n’est-ce pas ?

Ce fut une réelle surprise que de découvrir cette branche puisque Anna Joséphine est née et a épousé Jean-François WALLON à Schweidnitz en Silésie, aujourd’hui Świdnica en Pologne.

La Silésie est une région qui s’étend sur trois états : la majeure partie au sud ouest de la Pologne, une autre partie se trouve au-delà de la frontière avec la République Tchèque et une petite partie en Allemagne.

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La ville de Świdnica fut conquise en 1632 par les Suédois sous les ordres de Torstensson et en 1741 par les Prussiens ; elle fut reprise en 1757 par les Autrichiens commandés par Nádasdy.
Reconquise l’année suivante par les Prussiens, avant qu’un coup de main autrichien la reprît en 1761. Reprise encore par les Prussiens en 1762 après une défense acharnée, elle resta en leur pouvoir et fut considérablement renforcée par quatre forts avancés. En 1807 les Français s’en emparèrent et rasèrent les ouvrages extérieurs. Rendue aux Prussiens après la chute de Napoléon 1er, elle retrouva ses fortifications en 1816.

Suédois, prussien, autrichien, français ou autochtone… Comment savoir qui est mon ancêtre et comment le trouver ? Je suis ouverte à toutes suggestions.

En conclusion, 666 n’est qu’une ombre errant quelque part en Europe Centrale… Comme c’est étrange… En numérologie, 666 est le chiffre du diable !
Mais que vient-il faire ici, celui-là ?

Vade retro Satana !… Oust… On ne sait jamais !

Et vous, avez-vous trouvé votre Sosa 666 ?

 

Sources et image : Wikipédia.com

 

 

 

 

 

 

 

 

La Sorbonne…

 

 

Dans le cadre de mes découvertes, je vous invite à  me suivre en Sorbonne, haut lieu de la Connaissance…

La Sorbonne se situe dans le Quartier Latin dans le 5e arrondissement de Paris.
Ses bâtiments appartiennent à la ville de Paris.
Elle est le siège du rectorat de l’Académie de Paris et de la Chancellerie des universités de Paris regroupant treize universités.

La Sorbonne abrite quatre universités : lettres, sciences, droit, médecine et deux écoles : L’école pratique des Hautes Etudes et  l’école de pharmacie.

Ses origines remontent au Moyen Age. Robert de Sorbon, chapelain et confesseur de Saint-Louis créa, en 1253, un collège où l’on enseignait la théologie aux étudiants les plus pauvres.
Au XVIIe siècle, Richelieu entreprit de restaurer et d’agrandir les bâtiments avec l’aide de son architecte, Jacques Lemercier.
Pendant la Révolution, la Sorbonne fut fermée.
Puis, Napoléon 1er réorganisa l’enseignement français en créant l’Université Impériale.
Au XIXe siècle, les bâtiments, devenus exigus, furent démolis et reconstruits par l’architecte Henri Paul Nénot. Les travaux durèrent une dizaine d’années entre 1884 et 1894.
En 1968, la Sorbonne fut le bastion des manifestations étudiantes.
L’ensemble des bâtiments est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1975.

La visite se limite seulement au palais académique dont
l’entrée principale se situe rue des écoles.
Et, nous n’entrons pas à la Sorbonne mais en Sorbonne.

Nous pénétrons dans le grand vestibule où trônent les statues de Homère et d’Archimède, dignes représentants de la connaissance littéraire et scientifique.

 

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Le plan du rez-de-chaussée est peint sur un des murs. Sa superficie réelle occupe 22 000m2. Avec les étages, la surface totale utilisée représente 100 000m2.

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Nous passons devant une porte ornementale donnant accès au grand amphithéâtre. Cette porte arbore les symboles académiques et républicains tels que les initiales de la République Française, la masse universitaire et les palmes académiques.

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Nous gravissons l’escalier d’honneur pour arriver dans un péristyle où d’immenses tableaux racontent l’histoire de la Sorbonne, de ses origines au XIXe siècle et où les Lettres et les Sciences sont intimement liées.

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Au centre de cette galerie se trouve la représentation d’une Marianne hissant des symboles républicains, impériaux et monarchiques.

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Puis, nous entrons dans un salon d’apparat où ont lieu les grandes réceptions.
Les tableaux représentent l’ignorance symbolisée par le passé et la connaissance symbolisée par l’avenir. 
Le plafond est un « plafond à caissons » richement décoré.

 

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Ensuite, nous franchissons la porte de la salle des actes. C’est dans cette pièce que le Recteur de la Sorbonne, nommé par le Président de la République, et les Recteurs des universités de Paris se réunissent chaque semaine.
De nombreux portraits ornent les murs dont ceux de deux femmes seulement.
Il est interdit de photographier cette salle. en raison de la loi sur le droit à l’image.

A la sortie de la salle des actes, nous empruntons un escalier et nous entrons dans le Grand Amphithéâtre.
C’est un endroit solennel qui peut recevoir 900 personnes. Ici, la couleur verte domine car elle incarnait la connaissance sous Napoléon 1er .
L’immense fresque peinte au-dessus de l’estrade symbolise les matières enseignées.

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Deux faits historiques, n’ayant aucun rapport avec l’enseignement, ont eu lieu dans cet amphithéâtre :
– le 23 juin 1894, Pierre de Coubertin signe la charte des Jeux olympiques.
– en 1946, les membres de l’Unesco s’y réunissent pour la première fois.

Derrière le grand amphithéâtre se trouve la salle des autorités. C’est dans cette salle que les instances se préparent avant de pénétrer dans l’hémicycle.

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La bibliothèque de la Sorbonne est la bibliothèque universitaire la plus grande d’Europe et compte 2,5 millions d’ouvrages. Mais elle est visible uniquement pendant les Journées du Patrimoine.

Nous traversons une cour intérieure pour atteindre la chapelle de la Sorbonne ou chapelle Sainte-Ursule, classée aux Monuments Historiques depuis 1887.

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Actuellement en rénovation, nous y admirons le cénotaphe de Richelieu. Cette sculpture en marbre blanc, réalisée par Girardon, représente le Cardinal allongé en position dite « don de soi ». Au XVIIe siècle, on mourrait en s’offrant à Dieu.
Un chapeau de cardinal offert par le Pape Paul VI est suspendu au-dessus du cénotaphe.

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Sur le parvis de la Chapelle, une plaque et une flamme rendent hommage aux étudiants et aux professeurs morts pour la France durant la seconde guerre mondiale.

 

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Saviez-vous, Mesdames, qu’autrefois la gente féminine pouvait assister aux cours… mais qu’elle devait rester dans le fond des salles et qu’elle n’avait pas le droit de prendre la parole.
Les choses changèrent après le décès de Pierre Curie. En 1906, son épouse, Marie, le remplaça pour enseigner à la grande joie des étudiantes qui purent ainsi s’imposer.

Pour finir, sachez qu’il n’y a pas d’âge limite pour étudier à la Sorbonne.
Quelque soit notre nombre d’années, les portes de la Connaissance nous sont ouvertes !

 

 

 

Photos : Collection personnelle (cliquez dessus pour les agrandir)

Sources :  http://www.tombes-sepultures.com/crbst_745.html

 

 

 

 

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune…

Vendredi 20 mars, le Soleil a rendez-vous avec la Lune…

Ce sera la neuvième éclipse totale du XXIe siècle, mais le onzième passage de l’ombre de la Lune sur la Terre. En France, le Soleil sera couvert partiellement entre 8:00 et 11:00 du matin. Le degré d’obscurité sera d’environ 75 %.

Sur terre,  une autre attraction se produira le lendemain, 21 mars : la marée du siècle avec un coefficient de 119. Dans la Baie du Mont St-Michel, le marnage (différence de hauteur d’eau entre basse et haute mer) sera de 14 mètres, soit la hauteur d’un immeuble de 4 étages.

Merci, Madame la Lune… pour le Spectacle !

Nos ancêtres ont, également, observé des éclipses totales ou partielles du Soleil les 3 juin 1239, 16 juillet 1330, 8 mai 1491, 8 juin 1499, 3 mai 1715, 22 décembre 1870, etc…

Ces manifestations astronomiques naturelles effrayèrent longtemps les hommes. Depuis la fin du XVIIe siècle, on sait prévoir ces choses et on sait les expliquer scientifiquement. Et si la frayeur a disparu ; l’inquiètude est, toutefois, demeurée longtemps dans l’inconscient collectif.

Je me souviens de l’éclipse solaire du 11 août 1999, où par une belle journée estivale : la luminosité a baissé, la température a chuté de quelques degrés et les oiseaux se sont arrêtés de chanter … Le phénomène a créé une étrange ambiance et j’avoue avoir ressenti quelques frissons !

Aujourd’hui, ces phénomènes suscitent toujours notre curiosité et nous ravissent également.

Et vous, les appréciez-vous  ?

 

 

Sources et image : Wikipédia

 

 

#Généathème : Médecin malgré lui …

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette archive insolite trouvée dans les registres de la paroisse de Cintheaux (Calvados), paroisse où vécurent mes Sosas maternels 480 et 960.

Le Curé a  « religieusement » écrit dans son registre deux méthodes pour soigner d’étranges maladies :

IMG_0977Remède infaillible contre l’hydropisie très expérimentée

Prenez une pinte deau de vie de vin dans une bouteille de gros verre bien nette, qui contienne la pinte mesure de paris, mettez-y deux onces de bon jalap  concassé grossièrement et non enpoudre, mettez la bouteille a lair ou au soleil et non au feu, laissez infuser le tout pendant 27 heures au bout desquelles donnez au malade trois cuillerées dans une cuillère abouche le matin a jeun, de deux jours lun est adire quil faut etre un jour sans en prendre et continuer ainsi jusques a parfaite guérison quon obtiendra par ce remède si le malade na rien de gaté dans linterieur

Pendant la maladie et lusage du remede il faut observer le regime suivant.

Il ne faut manger ny soupe, ny rien de crud, ny poivre, ny sel, ny vinaigre, ny laict, ny fruit, ny salade surtout point deau aboire, le vin blanc doit etre la boisson ordinaire, il ne faut même pas lui en donner toutes les fois quil en demande ; le malade ne doit user que de viandes roties ou grillees, surtout point de veau, le pain le plus sec est le meilleur. Deux heures après le remede il faut prendre un bouillon de consommé fait avec de bon bœuf, de la volaille ou du mouton aulieu de veau le jus de mouton roti y est tres bon. Si la premiere bouteille netoit pas suffisante il faudra en refaire une autre pour lentiere guerison.

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Contre la pituite pour purifier le sang

Il faut prendre quatre blancs doeufs un verre de vin aigre y ajouter une drogue qui se nomme ptia dose de 40 grains pesants orondanus item pour la dose parvi osum item la meme dose, mesler le tout par ensemble et tous les soirs sen passer sur le creux de lestomach y appliquer une serviette chaude dessus et continuer le remede tous les soirs pendant huit jours

par le Chirurgien Major du Regiment de Betan Regiment Suisse

On peut se demander si le brave Curé ne souffrait pas, lui-même, de ces maux et après s’être confessé auprès du Chirurgien Major, celui-ci lui aurait délivré ces ordonnances que le saint homme aurait soigneusement annotées pour ne pas les oubliées ?

En outre, je trouve cette archive intéressante car elle nous dépeint la manière dont nos ancêtres se soignaient au 18e siècle ; manière qui peut nous paraitre rocambolesque aujourd’hui.

Pour finir, cette découverte me fait penser à Molière dont nous célébrons aujourd’hui le 342e anniversaire de sa disparition. En hommage, je lui dédie ce petit article !

 

En cliquant sur les mots écrits en vert, vous découvrirez leur définition  (vulgaris-médical.com et Wikipédia.com)

SOURCES : A.D Calvados – Cintheaux – 5 MI EC 430 [1740-1792]

IMAGE : Gallica BNF : Figures Allégoriques – La Maladie, la Santé  éditées en 1700 – Louis Lerembert – Sculpteur – ark:/12148/btv1b69365557