Où est l’acte de décès de Maria ?

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature, généalogie et rencontres improbables avec nos ancêtres…

Ce matin, je me réveille fatiguée… La nuit fut mouvementée !

Tout a commencé hier soir alors que je cherchais un acte de décès.

Ma quête a duré toute la soirée jusque tard dans la nuit… Me suis-je endormie devant l’ordinateur, je ne saurai le dire précisément…
Toujours est-il qu’à mon réveil, je me suis retrouvée au milieu d’un décor surréaliste et baroque…
Imaginez une immense bibliothèque aussi grande qu’une cathédrale. Les murs sont recouverts d’étagères du sol au plafond et une multitude d’échelles y sont adossées. Sur les étagères, des registres poussiéreux défilent, entrent et sortent sur des rythmes cadencés !

Au milieu de ce tohu-bohu, j’entends des murmures venus d’ailleurs : des babillements de nouveaux-nés, des cris de joie et des « Vive les mariés », des plaintes et des pleurs autour de ceux qui disparaissent !
Imperturbables, les registres des tables décennales surveillent les va-et-vient et enregistrent scrupuleusement chaque événement.

L’un d’eux particulièrement défraîchi et usé par le temps m’aperçoit et s’approche en claudiquant. Sa couverture couleur cramoisie part en lambeaux, une toile d’araignée lui sert de couvre-chef… Il marmonne à travers une moustache composée de fils cotonneux et de débris et me demande ce que je fais parmi eux !

– J’ignore comment je suis arrivée là !… Voilà des mois, pour ne pas dire des années que je cherche l’acte de décès de mon aïeule, me plaignis-je ! Pouvez-vous m’aider ?

Il me répond d’une voix rauque :
– Crois-tu que nous n’avons que cela à faire ? Vous autres, les généalogistes, êtes toujours à la « recherche de »… Si nous devons faire le travail à votre place, où allons-nous ?… lance-t’il en expulsant un nuage de poussière et en tenant ses pages décousues !

Mais, ne vous fâchez pas, enchéris-je ! Vous êtes les mieux placés pour me répondre ! Sinon à quoi, servez-vous ?

A quoi, servons-nous ? Elle est bien bonne, celle-là, vocifère t-il ! Notre travail est d’enregistrer et non de chercher ! C’est à toi de chercher et si tu es incapable de le faire… Fiche le camp d’ici, tu nous fais perdre notre temps !

Etes-vous toujours aussi bougon ? dis-je un rien moqueuse… Je pensais naïvement que vous étiez bien aise que les généalogistes, consultent vos pages jaunies et vous évitent ainsi l’oubli !

– Argh…! Que veux-tu exactement ?

– Ah, voilà qui est mieux ! Je ne trouve pas l’acte de décès de Maria Joséphina Alberta Appolonia Valentina JEANNE, mon Sosa 31…
Il doit bien se trouver quelque part dans tous ces registres !

Dois-je vous rappeler qu’elle est née le 20 mars 1850, à May-sur-Orne dans le Calvados, de François Exupère et de Victoire LAQUAINE, ses parents.
Le 10 mars 1869, à 18 ans, orpheline de père et de mère, elle épouse Ferdinand Alphonse « Henri » FOUQUES, un carrier. Ils ont six enfants.
Henri décède le 5 mars 1885 à May-sur-Orne à l’âge de 35 ans.
En novembre 1886, Maria accouche d’une petite fille née d’un père inconnu. L’enfant ne vit pas et décède en janvier 1887.
Le 26 août 1903, elle épouse, en secondes noces, Auguste Honoré LEBOUCHER, à Fontenay-le-Marmion, une commune limitrophe de May.
Auguste disparaît, à son tour, le 9 janvier 1907 à Fontenay-le Marmion. Maria a alors 57 ans et signe l’acte de décès.
A partir de là, j’ignore ce qu’elle est devenue…


J’ai consulté les tables décennales de May et de Fontenay en ligne jusqu’en 1942. A cette date, Maria aurait eu 92 ans… Je n’ai rien trouvé.
J’ai regardé également les registres de Caen pensant qu’elle était peut-être décédée à l’Hôtel-Dieu… Là encore, je n’ai rien trouvé.
J’ai envoyé un courriel à la mairie de May mais, je n’ai pas eu de réponse.
J’ai également consulté les recensements de population sans succès.


– As-tu suivi la piste des enfants, peste t-il ?

– Oui, bien sûr !
Sur ses 6 enfants :
– Trois sont décédés avant 1907, date à laquelle je perds sa trace.
– Un quatrième meurt en 1914 à Saint-Rémy sur Orne . L’acte de décès précise qu’il ignore ce qu’est devenu la mère.
– Deux autres ont émigré dans les Côtes d’Armor, l’un vers 1892 à Pléherel et le second après 1904 à Goudelin (date de décès de sa première épouse à Fontenay le Marmion). Les tables décennales en ligne s’arrêtent en 1905.


Maria semble s’être volatilisée, à moins qu’elle ait vécu à un âge très avancé auquel cas les archives ne sont pas encore accessibles sur la toile.

– Comment veux-tu que je le sache ! Je ne suis pas devin ! As-tu demandé à tes amis « généablogueurs » s’ils avaient des suggestions à te soumettre pour rechercher l’acte de décès de ton ancêtre… Après tout, vous êtes connectés toute la journée, ils peuvent sans doute t’aider !

– Rrro… Non, je n’ai rien demandé… Dites, l’amabilité n’est pas votre première qualité !

– Je te rappelle que toutes les archives ne sont pas « en ligne » comme tu dis ! Il faut aussi se déplacer pour chercher parmi tous les documents mis à votre disposition
.
Je t’autorise à consulter les registres mais, je te le répète, ne compte pas sur nous… Tu dois chercher seule ! Après tout, c’est ton travail !

J’ai compris le message, répondis-je, contrariée…

C’est ainsi que j’ai passé la nuit à chercher l’acte de décès de Maria… sans
succès !
Ne pouvant espérer aucune aide de la part de Monsieur Grincheux… avez-vous des idées à me proposer pour m’aider à trouver l’acte de décès de
Maria ?…
En attendant, excusez-moi mais, je vais dormir, ce #RDVAncestral m’a
épuisée

EPILOGUE :

Hier après-midi, le billet de ce #RDVAncestral a reçu une fin heureuse puisque l’acte de décès de Maria a été trouvé.
Tard dans la soirée, je décidais donc de retourner rendre visite à Monsieur Grincheux en appliquant le même principe que la veille…

Il était, là, à son poste, l’air plus renfrogné que jamais…

-Encore toi, cria t-il, que fais-tu ici puisque tu n’as rien trouvé hier ?

Effectivement, je n’ai rien trouvé mais, Marielle, elle, a trouvé. je tenais à vous en faire part afin de mettre vos archives à jour !

Il ironisa :
Ah, tu vas nous apprendre à faire notre travail, maintenant ! Nos archives sont à jour que je sache !
Qui est cette Marielle ? Est-ce l’auteure DE PEN HARDEN A PEN BIZIEN… Celle qui voit et qui parle avec ses ancêtres !

Il commençait à me chauffer les oreilles, Grincheux…

En quoi cela vous dérange t-il que Marielle parle avec ses ancêtres ? Après tout, que faisons-nous, actuellement… Et vous, vous n’avez rien d’humain… toc…

Je continuais ma phrase sans lui laisser le temps de rétorquer…

Et bien, Marielle a trouvé l’acte de décès de Maria grâce aux relevés du Centre Généalogique des Côtes d’Armor.
Mon ancêtre est décédée à Dinan (22), le 04/04/1922 à l’âge de 72 ans.

Je suppose que veuve, elle a suivi Léopold Adrien Louis, son dernier fils vivant, veuf également, lorsque ce dernier a quitté la Normandie pour émigrer vers la Bretagne.
Seriez-vous assez aimable de bien vouloir en prendre note, au cas où d’autres descendants viendraient vous poser la question ? dis-je avec un sourire enjôleur !

Il ouvrit la bouche et avala la poussière qui lui servait de houppelande…

Finalement, vous me plaisez bien, toi et tes amis ! avoua t-il, radouci… Vous êtes une belle communauté… Grâce à vous, effectivement, toute cette bibliothèque vit ou revit de belles histoires familiales…

Mais, il y a un cœur qui bat sous cette couverture, pensais-je ! Il m’a émue le vieux bourru !

– Je dois vous quitter, répondis-je mais, si vous le voulez bien, je reviendrai vous voir pour d’autres recherches !

Merci à vous et à Marielle !

C’est ainsi que se termine ce #RDVAncestral… A très vite pour d’autres aventures !


Sources :
Image : Grande Bibliothèque Clementinum de Prague
A.D Calvados

Cercle généalogique des Côtes d’Armor
















#MaCuisineAncestrale… Le gâteau aux cerises de Tante Vernon…

Il est revenu le temps des cerises… Et pour fêter cela, je vous emmène en Normandie, à Vernon dans l’Eure pour profiter de la douceur de vivre des bords de Seine.
Vernon célèbre les cerises chaque année fin mai, début juin avec une foire aux accents moyenâgeux.
Là-bas, on déguste le gâteau aux cerises de Tante Vernon !
Un gâteau idéal pour la fête des mères… J’en profite pour leur souhaiter une bonne fête en ce dimanche 💖

Pour réaliser cet excellent gâteau aux cerises :

Composition CANVA

Un proverbe dit :
– « Si toute l’année, il y avait des cerises, Messieurs les médecins n’iraient plus qu’en chemise. »

Et qu’il ferait bon vivre à Vernon ou ailleurs !

Prenez soin de vous et d’ici notre prochain rendez-vous, régalez-vous ! Moi, c’est déjà fait !

Sources :
www.canal-gourmandises.fr
Photo : Collection personnelle


La blonde de Caen…

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature, généalogie et rencontres improbables avec nos ancêtres…
Et comme en mai, on fait ce qu’il nous plait, j’y mêle également le #Geneatheme du mois proposé par Sophie de la Gazette des Ancêtres, sur les métiers d’art…

Robe de mariée en blonde de Caen réalisée vers 1815
Source : Ouest-France

Covid-19 oblige, nous ne pouvons pas sortir sans être masqués… J’envisage de fabriquer mes propres masques en tissu en cherchant une idée originale pour les personnaliser.
Une solution m’est apparue lors d’un de mes vagabondages nocturnes…

Direction la Normandie, May-sur-Orne à quelques kilomètres au sud de Caen.

J’arrive devant la maison de Marie-Magdelaine TOUCHET, l’épouse de Jean-François JEANNE, carrier, mes Sosa 124 et 125.
Marie-Magdelaine a la cinquantaine bien sonnée. Elle m’accueille avec Honorine, la benjamine de la famille et toutes deux m’embrassent chaleureusement.
Honorine va convoler dans quelques mois et quitter le nid familial… Un jeune cordonnier, Pierre ROCANCOURT, lui a volé son cœur.
Colombe ORESME, l’épouse de Jacques, fils aîné de Marie-Magdelaine, Louise CINGAL et Victoire LAQUAINE, mon Sosa 63, futures belles-filles et futures belles-sœurs, sont également présentes et heureuses de me rencontrer.

Toutes cinq ont un point commun : elles sont dentellières.

Assises sur des bancs, leur carreaux à dentelle posé sur la table, elles se concentrent sur leur ouvrage…
Nous parlons chiffons et futures noces, le cliquetis des fuseaux répondant joyeusement à chaque parole…
Sous les doigts habiles, la Blonde de Caen prend vie doucement… C’est magnifique !

– Je suis venue vous voir car j’ai besoin de vos conseils !…

Je leur explique la situation sur le coronavirus et sur l’obligation de nous protéger en portant des masques… J’ai apporté un masque avec moi et je leur montre comment le porter.

– C’est affreux ! s’écrient-elles en chœur, épouvantées !

J’acquiesce et les rassure… Oui, ce masque n’est pas beau mais, en même temps, l’esthétisme n’est pas son rôle premier.

Victoire, ma future AAAAG.M, saisit le masque du bout des doigts.

Nous allons t’arranger cela ! Un peu de dentelle devrait suffire à embellir, cette étrange chose !

Quelques instants plus tard, mon masque est transformé en un gracieux élément très « couture » ! Je m’extasie devant leur dextérité !
J’ajuste, à nouveau, le masque sur mon nez et ma bouche.

– Tu vas faire merveille ! s’exclament-elles en éclatant de rire !

– Oui, certainement et je vais faire des envieuses ! répondis-je en pouffant à mon tour.

Je félicite Honorine, Louise et Victoire pour leur prochain mariage et leur souhaite tout le bonheur du monde.
Je leur explique qu’en 2020, les futurs mariés devront aussi porter un masque lors de la cérémonie… Gloups !

Pourquoi ne pas fabriquer un masque spécial « future mariée  » tout en dentelle, lance Honorine, mi-sérieuse, mi-amusée ?
– C’est une idée à creuser ! Nous en reparlerons à ma prochaine visite
Oh, mais l’aube se lève… il est temps pour moi de vous quitter !

Je n’ose pas leur avouer que la mécanisation de la dentelle et surtout la Première Guerre Mondiale auront raison de la lumineuse Blonde de Caen. Les carreaux et les fuseaux seront relégués dans les placards.

Mon masque à la main, le vague à l’âme… je quitte la maison de Marie-Magdelaine, accompagnée par le tintement des fuseaux et par le bavardage de mes ancêtres.

Tout ceci, n’était qu’un rêve, évidement… Alors, je ne m’explique pas pourquoi, à mon réveil, j’ai trouvé un masque en dentelle sur ma table de nuit !

Vous ne me croyez pas ?

Collection personnelle

La généalogie nous entraînerait-elle dans la troisième dimension ?
Finalement, j’ai un masque personnalisé !… Hum…Revenons à la Blonde de Caen avec son histoire :

Caen,

Google-Book : Dictionnaire de la soie, Découvrir son histoire de ses origines jusqu’à nos jours – Jean-Jacques BOUCHER

Côté Généalogie, voici les protagonistes de l’histoire :

Marie-Magdelaine TOUCHET
(1788-1845)
I
Victoire LAQUAINE
(1825-1859)
I
Maria Josephina Albertina Appolonia Valentina JEANNE
(1850-?)
I
Zéphirine Pauline FOUQUES
(1869-1898)
I
Louise Marie Elisabeth MORIN
(1887-1937)
I
Maman
(1916-1990)
I
Moi

#Genealogie30… 30 questions pour connaître la vie d’un(e) ancêtre… (n°16 à 30)…

Nous arrivons à la moitié du challenge #Genealogie30 et je vous propose de découvrir, sur cette nouvelle page, les 15 prochaines questions/réponses sur la vie de Victor Emile BERTHAULT, mon Sosa 12.
Pour lire ou relire les 15 premières, cliquez ICI !

*Question 16 : Comment s’habillait-il ?

Image extraite du livre « Normandises » – Roger JOUET – Dessin de Miniac

En Normandie, au XVIIIe – XIXe siècle, les hommes portaient une chemise et une culotte de toile. Autour du cou, ils se nouaient un mouchoir de toile en guise de cravate.
Les guêtres en toile ou coutil protégeaient les bas et/ou les jambes pour ceux qui ne portaient pas de bas.
Les sabots de bois permettaient d’économiser les chaussures qui elles, étaient réservées aux jours de fête.
Enfin, un chapeau à bord en feutre de laine, abritait du soleil et de la pluie. Il se portait au dessus d’un bonnet de laine.

J’imagine que Victor Emile a surtout porté une blouse dénommée, en Normandie, « blaude » qui est le vêtement populaire de protection régional. Elle apparaît vers 1780 et se généralise vers 1815. Évoluant dans sa forme, elle perdure jusqu’en 1950. Elle se porte les jours de travail, mais également les jours de fêtes où elle s’orne de broderies au point de chaînette au col et aux poignets.
Chez les classes laborieuses, la blaude, de couleur noire ou bleue, était parfois, le seul vêtement porté sur un pantalon en siamoise (mélange de lin et de coton) à rayures.
A ce costume vient s’ajouter une casquette « à pont ». Portée en premier lieu par des citadins et des propriétaires ruraux fortunés, la casquette se popularise vers 1850 et devient le couvre-chef des ouvriers, des paysans et des matelots.
(Sources : Costume normand au XIXe siècle dans les collections du musée des Traditions et Arts normands)

*Question 17 : Combien a t-il eu d’enfants ?

Image gratuite : Freepik.com

Victor Emile et Marie Suzanne TOURRE, son épouse, ont eu six enfants :

-Marie Elise naît le 12/04/1875 à Saint-Pierre-du-Regard (61) soit neuf mois après le mariage de ses parents à Blida (Algérie)
Note : Sa mère est enceinte d’elle pour effectuer le voyage de retour de Blida à St-Pierre-du-regard.
Marie Elise décède, à Saint-Pierre, le 07/03/1880 à l’âge de 4 ans.
-Berthe Léonide, ouvrière en filature, tricoteuse, naît le 13/09/1876 à Saint-Pierre-du-Regard (61). Elle décède le 13/06/1960 à Fleury-sur-Orne (14) à l’âge de 83 ans.
Maria Augustine, ouvrière en filature, naît le 31/01/1879 à Saint-Pierre-du-Regard.
Jean Victor Albert, Sosa 6, ouvrier mineur-journalier, voit le jour à Saint-Rémy-sur-Orne, le 22/06/1881. Il décède à l’âge de 61 ans, le 12/11/1942 à Saint-Pierre-sur-Dives (14).
Elise Marie Flavie, naît le 14/12/1884 à Saint-Rémy-sur-Orne (14). Elle décède, à Caen, le 27/02/1968 à 83 ans.
Marie Augustine Victorine, ouvrière en filature, naît le 22/04/1887, aussi à Saint-Rémy-sur-Orne. Elle meurt à 22 ans, le 25/09/1909 à Saint-Rémy.
Note : Jean Victor Albert, mon G.P donnera les trois prénoms de sa sœur, à ma maman.
(Sources : A.D Orne – A.D Calvados)

*Question 18 : A t’il assisté au mariage de ses enfants ?

Image Pixabay.com

Victor Emile et son épouse, Marie Suzanne TOURRE assistent et consentent au mariage de leurs deux filles aînées :
Berthe Léonide, 17 ans avec Joseph Armand Félix VOIVENEL, 31 ans, ouvrier mineur, le 11/09/1894 à Saint-Rémy-sur-Orne.
Maria Augustine, 16 ans, épouse à son tour, le 24/09/1895 à Saint-Rémy, Victor Auguste CHEVALIER, 26 ans, couvreur, résidant à Pierrefitte- en-Cinglais (14).

Victor Emile décède en 1898. Seule Marie Suzanne est présente et consentante au mariage de :
Jean Victor Albert, 25 ans,Sosa 6, avec Louise Marie Elisabeth MORIN, 20 ans, Sosa 7, le 15/01/1907 à Saint-André-sur-Orne (14).
Marie Elise Flavie, 18 ans, avec Georges AUGUSTE, 23 ans, le 28/04/1903 à Saint-Rémy.
Marie Augustine Victorine, 17 ans, avec Paul Auguste BOUTELOUP, 25 ans, le 15/10/1904 également à Saint-Rémy.

Berthe-Léonie, veuve de Joseph VOIVENEL, épousera à 34 ans, Louis Jules GESLOT, journalier, le 28/01/1911 à Clécy (14)
(Sources : A.D Calvados)

*Question 19 : Que signifie son nom de famille ? Comment a t’il été transmis ?

Gettyimages.fr

Le patronyme BERTHAULT serait un nom de famille dérivé du vieux nom germanique « berhautwald », issu de « berhaut » qui signifie célèbre, brillant et « wald » gouverner ancien surnom de chef de guerre des goths devenu patronyme.

Ce patronyme est assez peu répandu et se situerait au 2 962e rang des noms les plus portés en France.
On trouve principalement des BERTHAULT dans le Lyonnais, en Bourgogne et dans l’ouest de l’hexagone.

Mes recherches remontent au début du 17e siècle, et en l’état de ces dernières, tous mes « Berthault » sont originaires de l’Orne et du Calvados.

L’orthographe varie selon les actes, les lieux et les scribes. Je trouve : BERTAULT – BERTAUT -BERTAUX – BERTAU -BERTOT

(Sources : Filae.com – Geneanet.org)

*Question 20 : Qui était son père ?

Géoportail.gouv.fr

Le père de Victor Emile s’appelle Pierre Edmond.
Il est né le 15 Thermidor An 6 (jeudi 2 août 1798) au hameau du Huè à Saint-Denis-de-Méré (14).
Il est le dernier des quatre enfants (dont deux morts en bas âge ) de Edmond dit « Bel enfant », journalier et de Anne CHENEVIERE.
Il exerce le métier de maçon. Il signe, mais il a appris tardivement… Je trouve sa première signature en 1828.

Signature de Pierre Edmond BERTEAUX (acte de naissance de Jules, son second enfant)

Il décède à l’âge de 47 ans, le 13 janvier 1846 à 20:00, à Saint-Pierre-du-Regard (61) au hameau du Grand Samoi.
(Sources : A.D Orne – A.D Calvaldos)

*Question 21 : Qui était sa mère ?

Géoportail.gouv.fr

Le mère de Victor Emile se nomme Marie Marguerite GEHENNE (JEHENNE). Par la suite, ce patronyme se transforme en JEANNE.

Elle est née le 28 Nivôse An 3 (samedi 17 janvier 1795) – Hameau La Barbotière à Sainte-Honorine-la-Chardonne (61).
Elle est la fille aînée de Guillaume, laboureur et de Marguerite BOQUET. Je lui connais également une sœur et un frère.

Elle est mécanicienne (probablement dans une filature).
Elle épouse Pierre Edmond BERTHAULT , le 12 septembre 1825 à Saint-Pierre-du-Regard (61). Elle a 30 ans et lui 27. Elle déclare ne pas savoir signer.

Veuve de Pierre Edmond, elle décède, âgée de 57 ans, le 30 janvier 1852 à 9:00 du matin dans sa maison située Hameau du Grand Samoi à Saint-Pierre-du-regard (61).
(Sources : A.D Orne)

*Question 22 : Quelle était sa fratrie ?

Image libre de droits Gettyimages.fr

Victor Emile est l’avant-dernier d’une fratrie de sept enfants, composée comme suit :

Jean Lucien °15/04/1826 à St-Pierre-du-Regard (61) +31/05/1890 à St-Denis-de-Méré (14) X 12/07/1847 avec Marie MADELEINE à St-Denis-de-Méré.
-Jules °14/01/1828 +08/03/1828 à St-Pierre-du-Regard
-Jean °10/03/1829 +05/06/1866 X 18/02/1857 avec Virginie BERNIER à St-Pierre-du-Regard
-Victorine Florentine °12/10/1831 à St-Pierre-du-Regard X 01/06/1855 avec Cyprien LESAGE à Athis-de-l’Orne
-Marie Flavie °01/08/1834 +24/02/1898 X 12/02/1855 avec François LEMARIE à St-Pierre-du-Regard
-Victor Emile °06/08/1836 à St-Pierre-du-Regard (61) +28/02/1898 St-Rémy-sur-Orne (14)
-Marie Zélie °27/10/1839 +03/03/1871 X 21/08/1864 avec Auguste Joseph Charles LACOMBE à St-Pierre-du-Regard.

Note : Victor Emile est le dernier survivant de la fratrie. Il décède quatre jours après sa sœur Marie Flavie.
Sources : A.D Orne – A.D Calvados

*Question 23 : Avait-il des relations avec les autres membres de sa famille ?

Lavoir du Grand Samoi St-Pierre-du-Regard (61) – www.lavoirs.org

Victor Emile est né dans le hameau du Grand Samoi à St-Pierre-du-regard.

A vingt ans, orphelin de père et de mère, il part en Algérie en 1857, faire son service militaire et reste là-bas jusqu’en 1874-1875.
Il n’a donc pas fréquenté ses frères et sœurs en dehors de son enfance et son adolescence.
A son retour d’Algérie avec Marie-Suzanne, les actes de naissance de ses trois premiers enfants indiquent que le couple habitent dans le même hameau.

Jean, Marie Flavie et Marie Zélie, trois de ses frères et sœurs, ont vécu également au Grand Samoi jusqu’à leur décès.

Sans autres documents officiels confirmant mon hypothèse, je pense que mon aïeul a recréé des relations avec certains membres de sa famille pendant la période de 1875 à 1880.
Et puis, les jours de lessive… Marie Suzanne devait retrouver ses belles-sœurs au lavoir… N’était-ce pas un lieu favorable aux échanges ?

Quand le couple a déménagé à St-Rémy (14), j’ignore si les relations familiales ont perduré… Mais pourquoi pas !

*Question 24 : Pouvez-retracer sa généalogie sur quatre générations ?

Mieux qu’un long discours, voici l’ascendance de Victor Emile sur cinq générations.
Note : certaines branches remontent à huit générations.

Ascendance de Victor Emile – fichier HEREDIS

*Question 25 : Quelle était sa religion ?

Eglise saint-Pierre-du-Regard (61) – Perche-gouet.net

Je ne possède aucun document qui atteste de la religion de Victor Emile, ni même celle de ses parents ou celle de sa belle-famille.
Il faudrait pour cela que je consulte les archives religieuses.
Néanmoins, les quatre grands-parents de Victor Emile étant nés avant la Révolution Française, les registres paroissiaux me confirment qu’ils ont tous été baptisés selon la religion catholique.
Il y a donc 99,9% de chance pour que Victor Emile ait été également baptisé, qu’il se soit marié et qu’il ait été inhumé selon les dogmes catholiques.

*Question 26 : Votre ancêtre chez le notaire…

Image Pixabay.com

J’ignore si Victor Emile a fait appel aux services d’un notaire…
Pour le savoir, il faudra me rendre aux archives départementales de l’Orne et du Calvados… A suivre…

*Question 27 : Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

Image : Pixabay.com

Pas de photos, pas de trombinoscope… Seulement quelques signatures… celles des enfants de Victor Emile, puisque lui et Marie Suzanne ne signaient pas.

*Question 28 : Quels étaient ses repas ?

Image : Pixabay.com

Voilà une question intéressante… mais qui dans le cas de Victor Emile est bien plus complexe qu’il n’y parait !
Je vous rappelle que Victor Emile est normand et qu’il a épousé une ariégeoise… Alors, de quoi étaient constitués ses repas ?

En Normandie, au quotidien, il mangeait la possuée, sorte de panade cuite. Cette panade pouvait être faite, également, à base de farine de sarrasin.

Avant la journée de travail, vers 6 heures du matin, les patrons et les serviteurs pouvaient aussi mangé la soupe à la graisse (un mélange fait de graisse de rognons de bœuf et de saindoux dans lequel on ajoutait des légumes : pomme-de-terres, carottes, choux…)

A 10 heures, on faisait la buvette (pause où l’on dégustait des douillons ou bourdelots, des biscuits… arrosés de lait, de cidre et de calvados)

Quand on tuait le « nobl’ « (cochon), cela donnait lieu à une « fête à boudin » où l’on dégustait le boudin, bien sûr, mais aussi carpinettes (crépinettes), andouilles, fressure et pâté de tête.
Les jours de fête, on mangeait également du bœuf : langue et tripes étaient particulièrement recherchées.
A l’Ascension, le repas des domestiques comportait obligatoirement du veau.

On n’oublie pas non plus, les produits laitiers (fromages, crème fraîche, beurre…)
Les desserts étaient constitués de petits gâteaux, de brioches comme la fallue facilement réalisables avec ces produits laitiers et des œufs.
Mais, on se régalait également de plats à bas de riz au lait comme la fameuse teurgoule ou terrinée.

Et quand Marie Suzanne, l’ariègeoise, est entrée dans la vie de Victor Emile… Le quotidien était presque semblable :
-Bouillies de farine de sarrasin, soupes trempées au pain d’orge.
Les jours de fête, on servait l’ollada (soupe aux choux), on servait également du porc.
En Ariège, la fallue se nomme coque (brioche aux fruits confits) servie le jour de la fête des rois.
La teurgoule est remplacée par du millet cuit dans du lait. On le mangeait, à la Toussaint, dans l’espoir de délivrer les âmes du purgatoire (autant de grains de millet avalés, autant d’âmes délivrées).

Note : Quand Victor Emile a épousé Marie Suzanne, c’est aussi la cuisine au beurre qui a épousé la cuisine à l’huile… Vous comprenez pourquoi, je suis gourmande !
Petit rappel : en cliquant sur les mots en bleu, vous trouverez la recette !
Source : Menus & coutumes des provinces françaises – Colette GUILLEMARD

*Question 29 : Y a t’il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ?

Image Pixabay.com – Freepik

J’aurai aimé que l’on me transmette une histoire sur Victor Emile… Mais voilà, l’histoire de nos ancêtres n’est pas un conte de fée… Jean, son fils, mon G.P, a abandonné ses enfants (lire Histoire d’un abandon)… Du coup, ce contexte irréversible a effacé la mémoire familiale…

*Question 30 : Comment a t-il participé à la vie de la communauté ?

Image Pixabay.com

Parmi les archives à consulter, les procès-verbaux des délibérations municipales sont une mine de renseignements sur la vie d’une commune et de ses habitants.
C’est ainsi que j’ai trouvé la participation de Victor Emile au soutien économique de Saint-Rémy.
Le 12 juin 1884, il a prêté 1685 F. à la commune pour faire réparer l’église et l’école moyennant un remboursement avec intérêts.
Le 14 août 1887, le maire rectifie le taux d’intérêt de 4, 5 % à 5 % pour le remboursement de cet emprunt.

A.D Calvados – C.R Délibérations municipales Saint-Rémy 1808 -1895 Page 357

Ce P.V révèle que Victor Emile était sans doute croyant et pratiquant et cela répond à la question 25 et que s’il ne savait pas écrire, il devait savoir compter.
En tout cas, il savait économiser…

Ainsi s’achève ce #Genealogie30 sur la vie de Victor Emile.
Cet exercice instructif m’a permis de découvrir certaines facettes de la vie de mon aïeul.
Merci à vous d’avoir suivi cette remontée dans le temps !

#Généalogie30… 30 questions pour connaître la vie d’un(e) ancêtre… (n°1 à 15)…

En avril, on ne se découvre pas d’un fil. On ne sort pas de chez soi, non plus, pour cause de confinement. Mais, sur une idée de Sophie @gazetteancetres, on se pose 30 questions, à raison d’une par jour, pour travailler sur la vie d’un ou d’une ancêtre.

Pour cet exercice, j’ai choisi un de mes arrières grands-pères maternels, mon Sosa 12, Victor Emile BERTHAULT.

*Question 1 = Est-ce j’ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrain et marraine ?
Victor Emile est né le samedi 6 août 1836, à une heure du matin, à Saint-Pierre-du Regard dans l’Orne (61) dans le Hameau de Grand Samoi.
Son père déclare sa naissance et le présente à la mairie, le même jour à 15:00, en présence de Laurent TELLIER, 32 ans et Pierre MENARD, 38 ans, tous deux cultivateurs habitants à Saint-Pierre, sans plus de renseignements.
Malheureusement, je ne possède aucune information concernant son baptême.
(Source : A.D Orne – St-Pierre-du-Regard 1833-1842 page 47)

Carte Géoportail.gouv.fr

*Question 2 = Est-ce que j’ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ?

Victor Emile a 37 ans lorsque il épouse Marie Suzanne TOURRE, une ariègeoise de 28 ans, le samedi 4 juillet 1874, à Blida en Algérie.
Note : J’ai longtemps cherché ce mariage qui me semblait impossible vu la distance entre la Normandie et l’Ariège. Cela me semblait étrange pour ne pas dire bizarre ! Une partie de la réponse suit…

Carte Blida – Algérie – Geneawiki

Victor Emile est libre de ses droits, ses ascendants et aïeux étant décédés
Note : Je reviendrai sur ses parents plus tard

Marie Suzanne est également libre de ses droits, ses ascendants et aïeux étant aussi décédés. Elle est la dernière d’une fratrie de neuf enfants dont quatre sont morts en bas âge.
Ses parents et au moins trois de leurs enfants ont émigré en Algérie quelques années auparavant.

Son père, Dominique, cultivateur, est décédé le 15 février 1858 à l’hôpital militaire de Blida. Sa mère, Suzanne PERIE est décédée, le 13 décembre 1857, au même endroit.

Toutes ces précisions confirment que la famille qui assiste au mariage est « réduite à peau de chagrin ».
Les témoins sont :
Jean TOURRE, 41 ans, limonadier, frère de la future,
Alphonse Emile Aimé VANHEMS, 25 ans, employé, beau-frère de la future,
Note : En réalité, il est le futur neveu de l’épouse. Il épousera à Blida, le 21 juillet de la même année, Jeanne TOURRE, résidant chez Jean, son oncle, fille de père inconnu et de Marie TOURRE, restée en France, sœur de Jean et de Marie Suzanne.
Gabriel GELLY, 36 ans, maître menuisier, non parent des futurs,
François LECLERC, 44 ans, soldat de 1ère classe au régiment des Tirailleurs Algériens, non parent des futurs.
Les témoins signent l’acte ; les futurs époux ont déclaré ne pas savoir.
(Source : ANOM – Algérie – Blida -1874)

*Question 3 = Comment s’est déroulé son mariage ?

Eglise Saint Charles – Source : algeroisementvotre.free.fr

Je ne possède pas d’informations exactes sur le déroulement du mariage, hormis que la cérémonie civile se déroule à 17h00 à la mairie de Blida.

Je suppose qu’il y a eu une cérémonie religieuse également, mais je n’ai pas de renseignement sur cette dernière.
Au moment du mariage, l’église Saint Charles de Blida est récente. Sa construction a débuté en 1840. Elle a été consacrée par Monseigneur de Mazenod, Évêque de Marseille, assisté de l’Archevêque de Bordeaux, des Évêques de Châlons, de Digne, de Valence, d’Alger et de l’Évêque nommé de Nevers.
L’église fut vraiment terminée et sa décoration achevée vers la fin du printemps 1863.

Et j’ose espérer que dans la « ville des roses », Victor Emile a offert à sa promise un bouquet de ces magnifiques fleurs.
Et l’amour dans tout cela… Je vous laisse juge après avoir lu cette citation.
– « Car c’est un air excitant et quasi aphrodisiaque qu’on respire à Blida, certains soirs de printemps et d’été. » -( Citation d’Ernest MALLEBAY parue dans son livre : « Cinquante de journalisme » lorsqu’il décrit son arrivée à Blida en 1880)
(Source : Alger-roi.fr)

*Question 4 = Est-ce j’ai toutes les informations concernant son décès ? Qui était présent ? A déclaré ? Où a eu lieu l’enterrement, l’inhumation ?

Loin de l’Algérie, Victor Emile est décédé le lundi 28 février 1898 à 2h00 du matin dans sa maison à Saint-Rémy, Hameau de Launay (14) à l’âge de 61 ans.
Ce sont deux voisins, Gaston MULLOIS, 68 ans, propriétaire et Ferdinand OLIVIER, 37 ans, instituteur qui déclarent le décès à la mairie, le même jour, à 17h00.
Prévoyant, Victor Emile avait acquit, le 28 juillet 1892, une concession à perpétuité, emplacement A2, dans le cimetière de Saint-Rémy pour la somme de 300 F.
Il y a été inhumé en présence de sa famille et de ses amis… Il y repose désormais depuis 122 ans.
Note : J’ai découvert cette tombe en 2014, par hasard, lors d’une visite à St-rémy. Après l’avoir photographiée et renseignement pris auprès de la mairie du village, cette dernière m’a confirmé qu’il s’agissait bien du caveau familial de Victor Emile.
(Source : photo – collection personnelle – A.M St Rémy)

*Question 5 = Est-ce j’ai toutes les informations concernant son service militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d’honneur ?

A.D Orne – Classe par canton du contingent de l’armée territoriale – classe 1856

En 1856, Victor Emile a 20 ans. Domestique, il est orphelin de père et de mère et réside à Montilly, commune voisine de St-Pierre-du-Regard (61)
L’heure de la conscription a sonné et Victor Emile tire le numéro 12, un mauvais numéro qui l’oblige à partir pour 7 ans d’après la loi Jourdan du 19 fructidor An 6 (05 Septembre 1798).
Le 4 mai 1857, le Conseil de révision le déclare « Bon pour le service », il est enrôlé chez les Chasseurs d’Afrique.
Sa fiche matricule m’informe qu’il mesure 1m70 sans autre détail sur son physique. Son niveau d’instruction est nul puisqu’il ne sait pas signer.
C’est certainement ainsi que Victor Emile se retrouve à Blida où est basé le 1er régiment des Chasseurs d’Afrique dans des bâtiments construits en 1852.
L’Histoire ne me dit pas s’il a participé à ces campagnes, mais on peut le supposer :

Régiments chasseurs d’Afrique – Lieutenant Colonel Henri AZEMA – www.unabec.org

Sa conscription se termine en 1864. Victor Emile que rien, ni personne ne rappelle en France, demeure à Blida…
Et c’est ainsi, qu’il a rencontré et épousé Marie-Suzanne TOURRE, quelques années plus tard (c’est la réponse à la question 2)

*Question 6 : Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ?

Pixabay.com

Apparemment, Victor Emile fut un homme très discret… Il était un « invisible »… Les journaux n’en n’ont point parlé !

*Question 7 : Quels évènements historiques a-t-il connus ?

Victor Emile est né sous « La monarchie de juillet » (1830-1848).
Il connaîtra :
– 1848 : Naissance de la IIe république
– 1851 : Coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon 1er)
– 1852 : Second Empire
– 1870 : Guerre contre la Prusse – Louis Napoléon capitule à Sedan – Proclamation de la IIIe République
– 1871 : La Commune à Paris
– 1880 : Le 14 juillet devient fête nationale
A partir de 1830 (1836 : année de sa naissance) et jusqu’en 1898 (année de son décès) : Expansion coloniale ainsi que la première et la seconde révolution industrielle.

Napoléon III – Portrait officiel 1855 par Frantz Xaver WINTERHALTER – Wikipedia.org

Mais parmi les faits historiques, il en est un que Victor Emile, dégagé de ses obligations militaires a, sans doute, vécu en direct à Blida.

L’Empereur Napoléon III visite l’Algérie entre le 3 mai et le 7 juin 1865.
(Source : Napoleon.org = Vie et règne de Napoléon III)

– « Le 11 Mai 1865, à 9 heures et demi, le train impérial, qui avait quitté Alger à 8 heures, arrivait dans la gare de Blida.
L’Empereur, accompagné de son état-major et d’une suite nombreuse, est aussitôt monté en voiture et s’est dirigé vers la ville, où il a été reçu aux portes de la ville, par M. Borély-La Sapie,   Maire de Blida,  et par  M. Ausone de Chancel, Sous-préfet de l’arrondissement. M. Borély La Sapie a prononcé le discours suivant en présentant à l’Empereur les clefs de la ville qui étaient sur un beau cousin de velours porté par un Indigène.

– «  Sire, j’ai l’honneur d’offrir à votre Majesté les clefs de la ville et de lui présenter le conseil municipal  »
Puis commence un long discours, qui sera suivi par un autre prononcé par M. de Lhoys, Président du tribunal civil.
L’Empereur, remercia les deux intervenants, et entre dans la ville par la Porte Bab-El-Sebt.
La décoration de cette porte, transformée en arc de triomphe, offrait un heureux mélange d’armes étincelantes, et de modestes instruments agricoles, avec des fleurs d’orangers, on avait eu la poésie d’écrire,sur le fronton de l’arc de triomphe, le nom de l’Empereur.
Le même goût, la même pensée avait présidée aux décorations de l’intérieure de la ville, toutes les rues étaient ornées de trophées, d’oriflammes et de fleurs.
Le spirituel rédacteur en chef du journal local, Le Tell, M. Philibert Blache, publiera dans son article du 13 Mai 1865  
«  Scipion, mérita le surnom d’Africain, Napoléon III est digne de porter celui d’Algérien.  »
L’Empereur s’est rendu à la nouvelle église Saint Charles, belle et spacieuse, où, M. le curé de Blida, assisté d’un nombreux clergé venu des environs, l’a reçu sur le perron, autour duquel étaient groupés, sur la place Saint-Charles, les enfants
des deux sexes des Ecoles Chrétiennes, puis monsieur le curé, prononça une allocution.

L’Empereur fit un petit détour, pour visiter le Haras, puis prit le chemin de la gare. En fin de visite, l’Empereur a serré la main du Maire de la ville, en le remerciant de son bon accueil et en lui remettant une somme de 1.000 francs pour le bureau de bienfaisance et la société de secours mutuels.
 Il était près de midi, quand l’Empereur a quitté Blidah, pour se rendre à Médéah. »
(Texte : algeroisementvotre.free.fr)

*Question 8 : Quelle était son degré d’instruction ?

Pixabay.com – Stux

Victor Emile n’a certainement pas connu les bancs de l’école. Il ne signait aucun acte d’état-civil.
Mais, nous verrons plus tard, dans le questionnaire, qu’il savait compter et qu’il ne manquait pas de bon sens.

*Question 9 : Dans quel environnement géographique évoluait-il ?

Geoprtail.gouv.fr

Victor Emile est normand… de sa naissance et jusqu’à l’âge de 20 ans, il vit dans l’Orne.  
Saint- Pierre-du-Regard se trouve au nord-ouest du département limitrophe avec le Calvados. Le bourg a été rattaché au département de l’Orne au lendemain de la Révolution.
On distingue deux paysages : la plaine et le bocage.
On y cultive essentiellement des céréales (blé, avoine et seigle…)
En 1836, (année de naissance de Victor Emile) la commune compte 1613 habitants.
La population est essentiellement paysanne mais on y trouve aussi des artisans du textile avec la fabrication de toile (lin, chanvre, coton)
En 1856, il vit à Montilly S/Noireaux, à 5 kms au sud de Condé-sur-Noireau. Cette commune se trouve dans le bocage flérien (Flers) et compte alors 1329 résidents.

De 1857 à 1875, Victor Emile vit en Algérie, à Blida 
Loin du bocage normand, Blida se trouve à 50 kms environ au sud-ouest d’Alger.
La ville est située au pied du versant nord de l’Atlas et au Sud de la plaine de la Mitidja, à une altitude de 260 mètres.
Les montagnes protègent la ville des vents secs du sud en provenance des hauts plateaux.
Cette protection permet à la région de bénéficier d’un climat méditerranéen propice à l’agriculture (orangers, citronniers, oliviers…)
En 1867, Blida est complètement détruite par un violent séisme.
La population recense 9700 habitants en 1856, mais au moment où Victor Emile rentre en métropole, elle est multipliée par 2.

De retour dans l’hexagone en 1875 et jusqu’en 1880, Il vit avec sa femme à Saint-Pierre-du-Regard dans la hameau du Grand Samoi, son lieu de naissance.

De 1881 à 1898 (année de son décès), Victor Emile vit à Saint-Rémy-sur-Orne dans le Calvados.
Saint Rémy est distant d’une trentaine de kilomètres de Saint-Pierre-du-Regard.
La commune se situe à 30 kilomètres au sud de Caen, dans le massif de la Suisse Normande.
En 1876, la population totalise 661 âmes.
Le décor pourrait être idyllique, mais nous verrons que ce n’est pas pour son côté bucolique que Victor Emile est venu vivre dans ce village…
(Sources : A.D Orne – Wikipedia.Org)

*Question 10 : S’est-il beaucoup déplacé dans sa vie ?

Comme on peut le lire dans ma réponse à la question 9, Victor Emile a voyagé.
Ses obligations militaires l’ont propulsé bien loin de sa terre natale en Algérie.
Pour le reste, j’imagine que jeune, il parcourait régulièrement le 1,5 km entre le hameau du Grand Samoi et le centre de Saint-Pierre-du Regard.
Il devait également arpenter les 3,5 kms qui séparent Montilly et Saint-Pierre-du-Regard.
Quand il vivait à Saint-Rémy, il traversait quotidiennement l’Orne pour se rendre sur son lieu de travail.
(Source : Geoportail.gouv.fr)

*Question 11 : Comment se déplaçait-il ?

Bateaux pour l’Algérie – mesannexes.blogspot.com

Je n’ai pas d’archives sur les moyens de transports que Victor Emile a empruntés.
J’imagine qu’il a beaucoup marché, au mieux il a utilisé un cheval, une carriole ou peut-être une diligence.
Ce dont, je suis certaine, c’est qu’il a embarqué sur un bateau semblable à l’image annexée pour effectuer la traversée de la Méditerranée en direction de l’Algérie.
A son retour en métropole, il a peut-être également innové en prenant le train. La ligne Paris-Marseille (ligne PLM) fut inaugurée en 1873.
Les journaux annonçaient, le 20 mai de la même année :

« Le premier train rapide de Paris à Marseille partira aujourd’hui à 7 h 15 du soir et arrivera à Marseille le lendemain à 11 h 40, soit 16 heures et 25 minutes après. Il s’arrêtera à Montereau, Laroche, Tonnerre, Darcey, Dijon, Chagny et Mâcon cinq minutes ; à Lyon seize minutes ; à Vienne, Saint-Rambert, Valence, Montélimar, Avignon, Tarascon, Arles, cinq minutes également, soit en tout quinze arrêts. »

Source Wikipédia

La révolution industrielle était en marche !

*Question 12 : Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ?

Couverture livre : La vie quotidienne des domestiques en France au XIXe siècle – Pierre GUIRAL- Guy THUILLIER)

Victor Emile a exercé plusieurs métiers. Mais le premier que je trouve dans les archives est celui de « domestique ».
Cette profession est indiquée sur sa fiche militaire en 1856 alors qu’il a 20 ans. (question 5)

La domesticité s’est généralisée dans la société bourgeoise du XIXe siècle, où un nombre considérable de « gens de maison » contribuaient au niveau de vie et au raffinement des familles bourgeoises composant le capitalisme occidental.
En France, on estime, arbitrairement, 900 000 domestiques entre 1850 et 1870. Ce chiffre est confus car on ne sait pas, à l’époque, pas si un ouvrier agricole est aussi considéré comme un domestique ou pas.
Alors, Victor Emile était-il un domestique dans le sens de serviteur ou un ouvrier agricole ? L’histoire ne nous le dit pas…
(Source : Gallica.BNF – La vie quotidienne des domestiques en France au XIXe siècle – Pierre GUIRAL- Guy THUILLIER)

*Question 13 : Quels étaient ses autres métiers recensés ?
Comment en vivait-il ?

Mines de fer à Saint-Rémy – Geneanet

Alors qu’il finit son service militaire à Blida, Victor Emile demeure en Algérie. Il s’y marie en 1874. Son acte de mariage indique qu’il est « brasseur » sans plus de détail.
– Définition de brasseur : celui qui brasse de la bière ou qui en vend en gros.

En 1875, de retour en métropole, il s’installe avec sa femme à Saint-Pierre-du-Regard, son village natal. Là, les archives disent qu’il est « journalier ».
– Définition de journalier : Ouvrier agricole payé à la journée.

Puis, Victor Emile déménage à Saint-Rémy dans le Calvados entre 1880 et 1881. Je disais à la question 10 que ce n’était pas pour le décor bucolique qu’il était venu y vivre…
Que nenni, à Saint-Rémy, la terre renfermait du minerai de fer… L’exploitation débuta en septembre 1875 par décret de P. de Mac Mahon, alors Président de la République, qui attribua la concession à la Société des Mines de fer. L’exploitation du minerai cessa en 1968.
Là, Victor Emile est donc « mineur » jusqu’à la fin de sa vie. Il est « une gueule rouge ».
Au fait, ces mines s’appelaient « Les Fosses d’Enfer »… Ce titre glaçant en dit long sur les difficultés d’y travailler.
(Sources : Dictionnaire Larousse et Wikipédia)

*Question 14 : Comment apparaît-il dans les recensements ?

Le premier recensement que je trouve à Saint-Pierre-du-Regard date de 1836, année de naissance de Victor Emile.
Le recenseur ne tient pas compte de sa présence involontaire. Effectivement, le recensement a lieu en juin et Victor Emile naît le 6 août.
Le second recensement date de 1886, Victor Emile n’habite plus dans l’Orne.

Lors de son recensement militaire en 1856, Victor Emile réside à Montilly-sur-Noireau. Un recensement est effectué dans cette commune en 1851, mais je n’y ai pas trouvé mon aïeul.

J’ignore si il y a eu des recensements en Algérie entre 1857 et 1874…

Je retrouve Victor Emile et sa famille dans les recensements de Saint-Rémy dans le Calvados.
Le premier recensement date de 1881.
Victor Emile réside dans le village de Launay. Il est mineur et la famille compte trois enfants. Jean, le petit dernier, mon G.P maternel est né en juin 1881… il a donc moins d’un an.

A.D Calvados Recensements Saint-Rémy – 1881

Le second recensement est effectué en 1886.
Toujours dans le village de Launay, la famille s’est agrandie avec une petite Elize.

A.D Calvados – recensements Saint-Rémy – 1886

Le troisième recensement est réalisé en 1891.
La famille compte désormais cinq enfants, mais Léonie, 14 ans, l’aînée de la fratrie et Maria, 12 ans, la seconde, travaillent : elles sont ouvrières en filature.

A.D Calvados Recensements Saint-Rémy – 1891

Le quatrième recensement est effectué en 1896.
La famille réside toujours dans le village de Launay, mais les deux filles aînées ne sont pas recensées avec la famille. Jean, mon G.P a 15 ans et travaille à la mine avec son père alors âgé de 60 ans.
Victor Emile décède, deux ans plus tard, en 1898.

A.D Calvados Recensements Saint-Rémy – 1896

Le recensement de 1901 indique que Marie Suzanne TOURRE, qui était occupée au ménage lors des recensements précédents est désormais ouvrière en filature. Elle vit avec deux de ses enfants : Maria, ouvrière comme elle et Jean, mineur.

A.D Calvados Recensements Saint-Rémy – 1901

*Question 15 – Quel était le parler de sa région ?

Normandie.fr – Parler normand

Boujou, cha va t-i ? yêt-ous d’allaunt ?

Comme je l’expliquais à la question 9, Victor Emile est NORMAND.
Le normand (normaund en normand) est une langue romane parlée en Normandie continentale et insulaire. C’est une des principales langues d’oïl, classée dans les langues sérieusement en danger par l’Unesco.

La langue longtemps parlée en Normandie, existait, bien avant que le français d’Île de France devienne, par autorité, la langue nationale de l’hexagone. On peut même dire qu’il y a une antériorité du normand sur le français et qu’on parlait le normand à la cour d’Angleterre bien avant le français et l’anglais… C’est une langue à part entière et non un patois… Qu’on se le dise !
Le normand a également influencé le québécois et l’acadien. Nos amis utilisent encore, aujourd’hui, plusieurs termes issus de ce parler.

Voici quelques expressions usuelles que Victor Emile a sans doute utilisé :

-Bonjour = boujou, boujou byin
-Soyez les bienvenus = seyez les byinvenuns
-Heureux de vous voir = héreus dé vos vei
-Ça me fait bien plaisir = cha me fait byin pllaisi
-Fermez la porte = froumaez l’hus
-Au revoir = jusqu’à / à s’vei / boujou / tantôt / à byitôt
-A demain, de bonne heure = à deman, à la crique du jou / à deman, à la jouerie / à deman, dès pétroun-jacquet.
-Comment allez vous = cha va t-i ?
-Etes vous en forme= yêt-ous d’allaunt ?
-A votre santé = seyez quoeurus / seyez d’allaunt
-Serez-vous des nôtres ce soir ? = yêtes-vos d’aveu nos à c’sei ?
-Bonne fin de semaine = bouon tchu dé semanne
-Restez vous tard ? = yêtes-vos jusqu’oû haôt bouot dé la nyit ?
-Je vous raccompagne = no s’racache ensemblle
-A la prochaine, chez nous = à s’veî eune aôte feis tcheu nos
-Venez vous avec nous ? = v-nous d’aveu nos ?
-Comme vous voulez = à voute leisi
-Merci beaucoup = merchi byin des couops (des feis)
-Je vous en prie = itou / dé ryin
-Méfiez-vous du chien, du chat = Méfious du tchyin (du tchyi, du kien), du cat
-Pas de publicité, merci = brin de récllames, merchi byin
-Sonnez et entrez = cônaez et poussaez l’hus
-Fermez derrière vous = cachetaez derryire vos / froumin derryire vos
-Attention aux enfants = Méfious des quénâles
(Sources:magene.pagesperso-orange.

Mon Sosa 29…

Cette année, le mois de février compte 29 jours… Une belle occasion pour les généablogueurs de se lancer un petit défi sous le #29Fevrier
Il s’agit de raconter soit un ancêtre né ou mort un 29 février, soit un événement vécu par un aïeul à cette date… ou encore de parler de son Sosa 2902 comme le propose Sophie Boudarel, etc…


Dans ma généalogie et celle de Mr, il ne s’est rien passé le 29 février… Pas les moindres naissances, décès ou mariages… Pas le plus petit événement… A croire que nos ancêtres ignoraient les années bissextiles.
Qu’à cela ne tienne, j’ai décidé de raconter mon Sosa 29 car je ne connais pas le 2902.

Marguerite Françoise BILLAND est née le dimanche 18 août 1833 à 5:00 du matin dans la commune de Plouigneau (Finistère), dans le hameau de Quillidien-en-Plouigneau, au lieu-dit Bouillen Ar Chos.

Son patronyme s’est simplifié au fil du temps. Son grand-père et ses ancêtres s’appelaient LE BILLAND.

Collection personnelle

Quand elle naît, Alain, son père a 41 ans. Il est cantonnier de grandes routes. Sa mère, Marie-Jeanne RIVOALEN est filassière et a 33 ans.
La famille compte déjà deux frères, Jean-Marie et Yves-Marie, 5 et 2 ans.
La fratrie est endeuillée par le décès de Marie-Jeanne et François-Marie, mort respectivement à 10 mois et 3 ans.
Marguerite aura trois autres frère et sœurs : Efflam-Marie, Françoise et Marie, tous décédés également avant l’âge de 4 ans.

Marguerite n’a vraisemblablement pas reçu d’enseignement scolaire… elle ne sait pas signer.

Elle a 19 ans et dite cultivatrice quand sonnent l’heure des épousailles.
Le 11 novembre 1852 à Plouigneau, elle épouse Claude MORIN, terrassier-jardinier. Il a 31 ans, soit 12 ans de plus que sa jeune épouse.

Eglise de Plouigneau – collection personnelle

Le ventre de Marguerite s’arrondit rapidement.
Entre 1853 et 1865, elle a sept enfants dont cinq filles :
-Marie-Jeanne (°1853 +1853),
-Marguerite (°1859 +1871),
-Marie-Perrine (°1861 +1864),
-Louise Henriette (°1862 +1862)
-Anne Françoise (°1865 +1865)
et deux garçons :
-Allain-Marie (°1855 +1913)
-François-Marie dit Yves Marie (°1863 +1895)
Elle connaît la douleur et le chagrin de perdre ses enfants. Étrangement, toutes ses filles meurent en bas âge, la plus âgée a 12 ans.

Alain, son père décède le 22 octobre 1854. Il ne connaît pas ses petits enfants. Marie-Jeanne, sa mère disparaît à son tour, le 3 juin 1873.

Que se passe t-il dans la vie de Marguerite après le décès de Marie-Jeanne ?

Le couple quitte la Bretagne pour la Normandie. En 1876, la famille est recensée à May-sur-Orne dans le Calvados.

Fichier HEREDIS – migrations

Un nouveau départ, une nouvelle vie… Claude exerce toujours son métier de jardinier, mais le répit est de courte durée. Il meurt à 57 ans, le 7 mars 1878 loin de sa Bretagne natale.

Allain-Marie et François-Marie deviennent des « gueules rouges »… Ils travaillent dans les mines de fer.

Marguerite assiste au mariage de son aîné, Allain-Marie avec Désirée Aimée PANNIER, le 24 août 1884 à May.
François Marie, mon Sosa 14, se marie le 16 Février 1889 avec Zéphirine FOUQUES, Sosa 15, mais Marguerite n’assiste pas à la noce.
Elle est décédée dans sa maison, le 12 juin 1885 à 4:00 du matin. Elle avait 52 ans.

Fichier HEREDIS

L’écriture de ce billet m’a permis de reconstituer la famille et la vie de Marguerite. J’ai pu également constater que François-Marie, mon Sosa 14, était nommé Yves dans les tables de recensement de Plouigneau et de May-sur-Orne.

Et vous, qui est votre SOSA 29 ?

Sources :
A.D Finistère – Plouigneau
A.D Calvados – May-sur-Orne

Mon Sosa 2020…

Nouvelle année oblige, la Fédération Française de Généalogie nous propose un nouveau challenge : raconter notre #Sosa2020.

Pour découvrir cet ancêtre, nous devons remonter 11 générations en partant du Sosa 1…

Voici mon cheminement pour arriver à cet aïeul : Pour commencer, je vais en Normandie et je remonte de fille en mère jusqu’à la sixième génération.
Je me tourne vers deux pères, à la septième et à la huitième génération.
Je retrouve une mère à la neuvième génération.
Pour terminer, je rejoins un père à la dixième génération puis, un autre à la onzième génération, … Vous m’avez suivie !… 😊

C’est parti :

Première génération (G1) – Sosa 1 : Moi

G2 – Sosa 3Maman (1916-1990) – J’ai raconté son enfance dans un billet écrit en 2014 (déjà !) : Histoire d’un abandon

G3 – Sosa 7Louise Marie Elisabeth MORIN est née le 03/01/1887 à May S/Orne (14). Elle était journalière et a épousé Jean Albert BERTHAULT, journalier-mineur, le 15 janvier 1907 à May S/Orne. Ils ont eu quatre enfants dont au moins trois ont été abandonnés . Elle est décédée le 09/01/1937 à Caen (14) à 50 ans.

Signature de Louise Marie Eisabeth MORIN

G4 – Sosa 15Zéphirine Pauline FOUQUES est née le 12/09/1869 à May S/Orne (14). Elle était aussi journalière.
Le 16/02/1889, elle a épousé François Marie MORIN, carrier, originaire de Plouigneau dans le Finistère qui a reconnu Louise Marie Elisabeth comme étant sa fille.
En 1891, un ange est né : Georges Eugène Louis. Il a vécu 25 jours.
François Marie est décédé, à son tour, six ans plus tard, le 28/02/1895 à May.
Jeune veuve, Zéphirine Pauline s’est remarié le 29/11/1896 avec Charles Adolphe POISSON, originaire de la Sarthe et aussi carrier.
Augustine Marie, leur fille, est née le 12/01/1898. Et, Zéphirine Pauline a disparu le 12 novembre de la même année à 28 ans.
Elle ne savait pas signer.

G5 – Sosa 31Maria Joséphina Alberta Appolonia Valentina JEANNE est mon ancêtre qui a reçu le plus de prénoms.
Elle est née à May s/Orne, le 20 mars 1850. Elle était journalière-dentellière.
A 18 ans, elle a épousé Ferninand Alphonse « Henri » FOUQUES, carrier. Ils ont eu sept enfants. Zéphirine Pauline était l’aînée de la fratrie.
Henri est décédé à 35 ans, le 12/03/1885 laissant Maria avec 5 enfants vivants.
En 1886, le 6 novembre, elle a mit au monde une petite fille, Constance Victorine, née de père inconnu. L’enfant n’a vécu que deux mois.
Maria s’est remariée avec Auguste Honoré LE BOUCHER, le 26/08/1903 à Fontenay-le-Marmion (14). Il avait 59 ans, elle 53 ans.
Auguste était berger et a disparu quelque mois plus tard, le 08/01/1907.
A ce jour, j’ignore où et quand est décédée Maria car je ne trouve pas son acte de décès.

Signature de Maria Joséphina Alberta Appolonia Valentina JEANNE

G6 – Sosa 63 Victoire LAQUAINE était dentellière et elle est née le 18/07/1825 à May S/Orne.
A 18 ans, le 15/10/1843, elle a épousé François Exupère JEANNE, un carrier âgé de 26 ans.
Ils ont eu quatre enfants.
Victoire est décédée à l’âge de 34 ans, le 15/04/1859 à May.

Signature de Victoire LAQUAINE

G7- Sosa 126 Georges Etienne LAQUAINE est nommé comme étant domestique de haras, domestique meunier, carrier et cultivateur propriétaire selon les actes trouvés.
Il est né le 30 Pluviôse An IV (19/02/1796)à Bonnemaison, hameau du Cantelou (14) mais, sa naissance n’a été déclarée que le 15 Germinal An IV (15/04/1796)
En 1820, le 25 novembre, il a épousé à 24 ans, Marie Anne ORESME, Sosa 127. Je leur connais deux enfants.
Sa première épouse décédée, le 29/07/1852, Georges Etienne s’est remarié
avec Rose QUESNEL, le 09/10/1855 à Vacognes-Neuilly (14). Il avait 59 ans, elle 53 ans.
Georges Etienne s’est éteint le 16/12/1874 à May, à l’âge de 78 ans.
Il ne savait pas signer.

G8 – Sosa 252 Etienne François LAQUAINE était journalier et il est né le 03/04/1755 à Courvaudon (14). Il a eu pour parrain, Etienne LOCART et pour marraine, Anne CHRISTOPHE.
Le 31/01/1789, il a épousé Marie LE SAGE à Saint-Agnan-le-Malherbe (14).
Je leur connais un fils, Georges Etienne.
Etienne François est décédé à l’âge de 75 ans, le 07/02/1830 à Courvaudon.

Signature de Etienne LAQUAINE

G9 – Sosa 505Marie Françoise EDELINE est née vers 1729 et a épousé François LAQUAINE, nommé LACHAINE, le 28/11/1747 à Courvaudon.
Elle était fileuse et est décédée à Saint-Agnan-le Malherbe, le 24/11/1815 à l’âge de 86 ans. Elle ne savait pas signer.

G10 – Sosa 1010Jean EDELINE est marié avec Marguerite BOURIENNE.
Il est décédé avant le mariage de sa fille. Sur l’acte, il est dit « feu » et « résidant à Courvaudon » mais, je n’ai pas trouvé son acte de décès dans la commune.
Sur Généanet, plusieurs arbres indiquent un certain Jean MADELEINE, époux de Marguerite BOURIENNE, décédé le 26/04/1747.
J’ai bien trouvé l’acte correspondant mais, Jean MADELEINE et Jean EDELINE ne font-ils qu’un ?

G11 – Sosa 2020 ? EDELINE – reste un « invisible » dans tous les sens du terme pour le moment.

Voilà où m’a menée mon enquête… Mon Sosa 1010 me pose un problème qui ne m’autorise pas actuellement à connaître son père.
En cette période de vœux, je souhaite que l’année 2020 me permette de découvrir qui était ce fameux #Sosa2020.

Rectificatif du 03/01/2020: Grâce à l’aide de Loïc, @ExploratorJob, qui a trouvé l’acte de mariage de Jean & Marguerite, le 12/02/1720 à Ondefontaine (14), je connais maintenant le prénom de mon #Sosa2020 : Louis, originaire de Bures.

Bonne et heureuse année à tous !


Sources :
Archives départementales du Calvados

Image : Pixabay.com

#ChallengeAZ… Westminster…

Dans mon cabinet de curiosités… Il y a des liens extraordinaires, comme ceux qui lient Mondeville dans le Calvados à Westminster en Grande Bretagne…

Il y a longtemps, très très longtemps… Le sous-sol normand offrait aux bâtisseurs, une pierre de calcaire. On l’appelle « Pierre de Caen » et on la trouve sur les rives de l’Orne et tout autour de Caen.
Les carrières à ciel ouvert fleurissent de toute part comme à Mondeville, à Cintheaux, à Bretteville-sur-Laire, villages ancestraux…
Cette pierre a été utilisée pour construire les grands monuments comme l’abbaye du Mont Saint-Michel ou celle de Jumièges.

Lorsque Guillaume le Conquérant envahit l’Angleterre et en devient roi en 1066, il veut affirmer sa puissance dans ce pays. Il ordonne, donc, à ses architectes, ses carriers et ses maçons de se mettent à l’œuvre ; mais la pierre du pays ne leur donnant pas satisfaction, ils décident de faire venir la pierre de Caen en Angleterre.
Il s’ensuit un important trafic entre les ports normands et ceux du sud de l’Angleterre pour acheminer ladite pierre, les bateaux remontant la Tamise jusqu’à Londres.
Guillaume veut démontrer son pouvoir face aux Saxons, qu’à cela ne tienne, la Tour de Londres sera le premier symbole construit en pierre de Caen. Puis, on voit surgir partout des abbatiales,  des cathédrales comme celle de Canterbury ou des châteaux comme celui de Westminster…
C’est ainsi que la pierre de Caen envahit l’Angleterre dès le XIe siècle et cela durera jusqu’au XVIIIe siècle.

Evidemment, ma généalogie ne remonte pas au XIe siècle, mais mes ancêtres, nés au XVIIIe ou au XIXe siècle, ont travaillé dans les carrières de pierre de Caen.
Savaient-ils, que leurs pères, avaient taillé la fameuse pierre et y avaient laissé un peu de leur ADN pour alimenté les grandes constructions en Angleterre et dans le monde ?




Sources :
Patrimoine-Normand
Image : Abbaye de Westminster – Pixabay.com

#ChallengeAZ… Instituteur…

Avisss… aux élèves !

Dans mon cabinet de curiosités se dissimule un instituteur public :

Jean-François Pierre GAUGAIN est né le 29 janvier 1815 à Clinchamps-sur-Orne dans le Calvados.
Il est issu d’une famille modeste. Ses parents, Jean-Jacques et Marie- Françoise BISSON, sont journaliers.

Le 8 mai 1837, à Fontaine-Etoupefour (14) il épouse à 22 ans, Aglaé Augustine Françoise CAREL, une dentellière de 18 ans. L’acte de mariage indique qu’il est instituteur.

Le couple est établi à May-sur-Orne (14) entre 1839 et 1856.
Jean-François y exerce son métier. Il est souvent nommé comme témoin lors de l’établissement des actes de décès de la commune.
Deux enfants naissent de leur union : Mathilde Domitille ° le 18/03/1839 et François Alexandre Adrien °09/10/1844.
Mathilde décède le 18/03/1854 à 15 ans. Aglaé, sa mère, décède le 15/03/1855 à 36 ans.

Jean-François se remarie, le 13/09/1856, à Feuguerolles-sur-Orne (aujourd’hui Feuguerolles-Bully) avec Elisabeth Emérentine LEPART. Il a 41 ans et elle 29 ans. Un contrat de mariage est établi en l’étude de Maître BAUJOUR à Caen, le 04/09/1856.

En 1872, le couple est recensé à Louvigny (14).

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Capture-carte-J.François-Gaugain.png.
Carte Google Maps

Jean-François est définitivement pensionné le 06/09/1880 d’après le Registre Pension civile Bulletin n° 1233 trouvé sur Filaé. Il réside alors à Feuguerolles sur-Orne.
Il a exercé son métier durant 26 ans-8 mois-5 jours et l’état lui a octroyé une pension de 600 F.

Il est décédé le 15 janvier 1884 à l’âge de 68 ans à Feuguerolles-sur-Orne (14).

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Capture-signature-J.F.-Gaugain.png.
Signature de Jean-François Pierre GAUGAIN – Instituteur

Jean-François Pierre GAUGAIN est un collatéral de Georges Etienne LAQUAINE, Sosa 126 et de Marie-Anne ORESME, Sosa 127 .
Constance Elisa, une de leurs filles a épousé un certain Jean-François Marie BISSON.

Marie-Françoise BISSON, la mère de Jean-François Pierre GAUGAIN est la sœur de Jean-François BISSON, le père de Jean-François Marie BISSON, gendre de mes Sosa 126 et 127.

Je vous l’accorde, je suis allée chercher très loin cette parenté, mais elle tombe à pic pour la lettre du jour.
Cet Instituteur public fait figure de VIP dans ma généalogie 😀

Sources :
A.D Calvados
Filae.com

Photos : Collection personnelle




#Challenge AZ… Gentilé…

Mon cabinet de curiosités renferme les gentilés de nos ancêtres… car ma curiosité m’incite toujours à chercher le gentilé d’un lieu.

Pour mémoire : un gentilé désigne les habitants d’un pays, d’une province, d’une région ou d’un lieu par référence à l’endroit où ils habitent ou d’où ils sont originaires.
Il est attesté en France depuis 1752 d’après l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Diderot.
Le gentilé d’un seul homme peut être de trois manières et de trois sortes de dénominations

Par exemple : mes ancêtres sont picards, normands, bretons ou occitans. Ils sont aussi axonais, calvadosiens, ornais, finistériens ou ariégeois… Et, cerise sur le gâteau (la gourmandise arrive toujours là où on ne l’attend pas), selon la commune où ils résidaient, ils sont dans l’Aisne :
athissiens = Athies-sous-Laon
brayois = Braye-en-Laonnois
– burellois= Burelles
chermizyacois = Chermizy-Ailles
gizysiens ou gizyacois = Gizy
grandlupois = Grandlup-et-Fay
moussyacois = Moussy-Verneuil
vendressois = Vendresse-Beaulne

Dans le Calvados :
brettevillais = Bretteville-sur-Laize
cintheauxiens = Cintheaux
clécyens = Clécy
pommerais = La Pomme
laiziens = Laize-la-Ville
mayens = May-sur-Orne
saint-rémois = Saint-Rémy-sur-Orne
vasdastins = Saint-Waast-sur-Seulles

Dans l’Orne :
flériens = Flers
carneillais = La Carneille
landigulfiens = Landigou
auvraisiens = La Forêt-d’Auvray
georgiens = Saint-Georges-des-Groseillers
pétruviens = Saint-Pierre-du-Regard
Saint-Hono-Guillaumins = Sainte-Honorine-La-Guillaume

Dans le Finistère :
plouganistes = Plougasnou
ignaciens = Plouigneau
plouégatais = Plouégat-Moysan
garlannais = Garlan

En Ariège :
ruxéens = Rieux-de-Pelleport
loubénois = Loubens

Si certains gentilés sont évidents, d’autres sont vraiment improbables…
Et, bizarrement, toutes les communes n’ont pas de gentilé comme Gercy, Samoussy, Eppes dans l’Aisne.

Et vous, connaissez-vous les gentilés de votre généalogie ?



Sources :
Wikipédia.fr
Le nom des habitants des communes de France –
https://www.habitants.fr/index.php
Image : L’Eveil de la Haute-Loire